samedi 19 mars 2016

Ce que vous ne verrez jamais dans les images du Grand Slam Paris et pour cause !

R-Motions - cestquoitonkim.com


Vous le savez, j'aime bien les coulisses. J'ai, d'ailleurs, partagé avec vous mes deux jours au Grand Slam Paris 2016. Si vous ne les avez pas encore vu allez lire "Une journée dans les coulisses du Grand Slam Paris 2016" et "Dans les coulisses du Grand Slam Paris 2016, jour 2". Bah oui sinon à quoi ça sert que Ducros il se décarcasse hein :-)

Pour tout vous dire, j'ai envie de lever un nouveau coin de voile sur l'organisation ... que dis je ... la prise de vue du tournoi. Et oui, dans le ciel étoilé de l'Accor Hotel Arena (ex-Bercy) une étrange machine surplombait nos judokas. Une machine qui volait intentionnellement des images de tatamis en tatamis. Des images que vous avez probablement vues et dont vous n'imaginez peut être pas qu'elle étrange engin venu tout droit du futur vous les a apporté.

Alors bravant, toutes les marches de l'Arena (qu'est ce qu'elles sont étroites et nombreuses ces marches !), j'ai retrouvé son propriétaire - Jean Jadaud - et je lui ai posé quelques questions pour vous. Bonne découverte !

Regardez à la 57ème seconde on voit la caméra en haut à gauche.

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Jean, peux tu nous dire qui es tu ?

Je suis Jean Jadaud le gérant de R-Motions. Mon parcours est assez atypique puisque je suis autodidacte dans le milieu de la vidéo. J’ai fait toute ma formation dans le milieux de la musique et notamment au conservatoire en percussion et basse. J’ai, par hasard, commencé il y 8 ans à bricoler dans mon garage un système de caméra sur câble et après j’ai continué avec la réalisation de quelques courts-métrages et films de communication. Après plusieurs rencontre et améliorations techniques de mes premiers concepts, me voilà maintenant dans le domaine de la TV et du cinéma avec un produit technique en rupture avec ce qui se fait dans le milieux à savoir : allier légèreté et utilisation broadcast [utilisation pour diffusion d'images]. J’ai monté ma première structure en nom propre en 2009 puis R-Motions a vu le jour en juillet 2014. R-Motions a repris tout le travail déjà développé au sein de ma première structure.

Du coup, tu peux nous en dire un peu plus sur R-Motions ?

Nous sommes maintenant 4 associés dans cette nouvelle structure agrandie dont je suis le gérant. Les 3 autres personnes ont des profils très complémentaires pour mener à bien ce projet. L’un est directeur commercial, l’autre financier pur et le troisième est un acteur majeur dans le milieux de la prise de vue multi dimensions : Benoit Dentan de XD motion. Il distribue en exclusivité notre produit Muto installé à Bercy lors du Grand Slam Paris 2016.


R-Motions est une structure qui développe, fabrique et commercialise des solutions de travelling nouvelles générations. Nous avons maintenant 2 produits, le Muto et la Grip-Box. Pour les curieux, la Muto est une solution de cablecam qui roule de manière indépendante sur un ou 2 cables et la Grip-Box est une solution polyvalente permettant de faire avec un seul et même châssis des mouvements aériens mais aussi terrestre.

On entend par « Nouvelle génération », le fait qu’on a tenu le pari de tout miniaturiser et tout ramener à une seule et même interface « commune » gérant tous les types de mouvements. Cela permet une ergonomie très légère, tout embarquée, et du coup des temps d’installations très courts. Les coûts de productions sont donc réduits sans pour autant toucher à la qualité des prestations. Cette logique de développement offre même la possibilité de s’installer à des endroits qui n’était pas possibles avec les systèmes déjà existant car trop lourds et trop contraignants. Notre système est d’ailleurs le seul au monde à offrir un tel niveau de performance (légèreté / fluidité du mouvement) et de sécurité dans la famille des « cablecam ». Nous sommes pour cela certifié pour le survol du public, condition obligatoire pour installer le système à l’Accord Hotel Arena.


Petite question indiscrète, est-ce que tu es judoka ?

Malheureusement non ! J’ai fait beaucoup de rugby car originaire du sud ouest. J’ai bien fait 2/3 cours avec le père d’un copain d’enfance qui était prof. mais à l’époque je n’avais pas accroché préférant le rugby. Le judo a toujours été un sport qui m’a intrigué. Cette prestation à Bercy a d’ailleurs permis de confirmer le fait que je regardais de manière admiratives ces sportifs alliant pour moi physique et mental.

C'est la première fois que R-Motions travaille à Bercy et sur un tournoi de judo ou la société a une longue expérience du sujet ?

Oui c’est la première fois que nous faisions ce type de prestations concernant R-Motions mais je pense que XD motion, notre distributeur, n’en était pas à son premier coup d’essai sur ce type de sport.

Comment tu t'es retrouvé au Grand Slam Paris 2016 et quel a été le rôle de R-Motions durant ce tournoi ?

Je suis situé dans le sud ouest pour faire toute la partie ingénierie du projet. Lorsque le Muto est loué pour une prestation c’est donc l’équipe de XD motion qui s’occupe de démarcher les clients, de la partie administrative et de l’installation des câbles. De mon côté, je suis là pour faire que la prestation faite avec le Muto se passe bien et pour piloter le système. C’est comme ça que je me retrouve donc à filmer un sport qui m’interpelle et me passionne. J’ai beaucoup apprécier l’ambiance de l’événement et le fait de filmer ce type de sportif.

C'est la première fois que tu film un évènement sportif ?

Je n’en suis pas à mon coup d’essai dans le sport, j’ai commencé dans tout ce qui était sports extrêmes.


Je n'y connais rien. Peux tu nous dire comment se passe la mise en place notamment au Grand Slam Paris ?

Alors justement avec le concept R-Motions et donc le Muto, nous n’avons plus besoin que de 2 points d’encrages à chaque extrémité des câbles puisque tout le reste de la technologie est embarqué (moteur + batteries).

Pour cela, XD motion fait un repérage, puis présente une requête technique que nous faisons validés avec des commissions de sécurités.


Ensuite, nous sommes venus à 3 la veille pour installer tout le système avec un cordiste (câbles + caméra et accessoires). Ça nous a pris 4 heures au total pour tout installer et être prêt à filmer.

C’est un temps très court pour une installation de ce type. Normalement avec une installation plus classique il faudrait 2 techniciens en plus, un plus gros camion pour transporter le matériel plus lourd et volumineux et travailler avec des moteurs de 200 kg. L’installation durerait au minimum le double de temps.

Lors du tournoi de judo, j'ai vu que vous aviez deux postes de travail. Tu peux m'en dire un peu plus ?

Pour faire une prestation de caméra sur câbles, il ne faut pas que un Muto en fait ! Il faut aussi une caméra qui se met sous le Muto et un système qui permet de stabiliser l’image qu’on appelle une tête gyrostabilisée. Le milieu de la TV étant un milieu où l’on doit toujours avoir une image très stable, on utilise ces 2 éléments ensemble dans le but de faire déplacer la caméra sans que l’image « tremble ».


On a donc un poste de pilotage pour le Muto (déplacement) et un poste de cadreur « à distance » pour justement diriger et cadrer les images selon les besoins du réalisateur. Pendant que je déplaçais le Muto, Yves, le cadreur était donc la pour cadrer. Nous avions aussi plusieurs écrans. Pour chacun des 2 techniciens c’est la même chose : un écran pour voir ce qu’on voit avec la caméra du Muto et un écran avec le direct en cours.

Au fait, pourquoi utilise-t-on la muto et pas un drône ?

Les besoins du directs en TV sont très exigeant et lourd à embarquer. Il faut pouvoir faire une image maitrisée à tout point de vue. Il faut de la sécurité à cause du survol du public, de la stabilité avec la tête gyrostabilisée (même quand on zoom) et pouvoir contrôler la caméra en temps réel (lumière – zoom) et en sans fils.

Ces 3 points ne peuvent pas être assumés par les drônes qui eux proposent une images « non contrôlable » en temps réel. De plus, un drône n’a pas de solution en cas de défaillance du système contrairement à notre technologie qui « ne peut pas tomber ». Il y a dernièrement eu un drône qui a failli s’écraser sur Marcel Hircher lors d’un slalom en coupe du monde de ski. Notre obsession est de toujours proposer un maximum de sécurité à nos clients et partenaires.

L'utilisation de la muto est-elle réservée aux grands évènements ? Un club de judo pourrait il s'en servir pour sa promo ?

Oui on peut dire que c’est réservé à des clients qui travaillent sur de grands évènements, des pubs et le cinéma. Un tel déploiement de moyens techniques sert surtout des utilisations où la qualité de l’image doit être parfaite. Lorsqu’on sort de ces exigences là, on peut être moins cher pour de plus petites structures qui gèrent leurs com de manières indépendantes.

Le mot de la fin, on vous a déjà dit que votre caméra sortait tout droit d'un film de science fiction ?

Non on ne m’a pas dit ça encore ! Mais je veux bien par contre qu’on l’utilise pour faire des films de SF ;-) Après, je suis conscient que ce type de châssis n’est pas quelque chose qu’on voit tous les jours. Je vois d’ailleurs beaucoup de gens prendre des photos du Muto rien que parce que ça les impressionne, ils restent un moment à regarder et parler en le montrant du doigt.

C’est en effet un produit assez technique puisqu’on utilise beaucoup de savoir faire de la high-tech mais après on a beaucoup travaillé le design pour justement que ça ne fasse pas usine à gaz avec des fils partout et que ça s’intègre de manière discrète pour les spectateurs. Je pense que les gens sont aussi impressionnés par ce côté là à savoir c’est très propre avec notre coque carbone.


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