lundi 26 avril 2021

Entrepreneuriat : quand Kawaichi parle à Awazu

 

Entrepreneuriat - Judo - Kawaichi - Awazu

Judo et entrepreneuriat, même combat ?


C'est le sujet de ce 2ème rendez-vous d' "entrevue à l'aveugle". Deux personnes échanges autour d'un thème durant quelques jours. A la fin de l'échange, chaque personne doit tenter de deviner qui est l'autre. Arriverez-vous à deviner ? A vous de jouer en commentaires ! Les noms des personnes seront dévoilés lors du prochain rendez-vous d'entrevue à l'aveugle. En attendant, ces personnes utiliserons les pseudo : Kawaishi et Awazu. 

Je vous propose également, de découvrir à la suite de cet entretien, les véritables identités de Jigoro et Kano dont vous avez pu lire l'échange "Judogi : quand Jigoro parle à Kano".

Bonne lecture !


Kawaishi :
Bonjour Awazu. Je suis ravi que David nous offre cette expérience de partage sur un thème qui m’enchante. En même temps, je sens la pression d’endosser un nom aussi illustre et j’espère être aussi pertinent sur cette voie de l’entreprenariat. Pour côtoyer et accompagner des entrepreneurs au quotidien, j’ai remarqué que la majorité d’entre eux ne correspond pas au caractère de ceux qui sont les plus visibles. Persévérants, réfléchis, attentionnés, travaillant de préférence en équipe, respectueux des règles, attachés à leur entreprise, ils sont bien loin des “golden-boys” qui attirent les caméras, parce qu'ils en ont besoin. Le pratiquant de judo, sport individuel qui ne peut se pratiquer qu’en groupe, ressemble à ces entrepreneurs. On y apprend, on s’y améliore de jour en jour et de l’élève qui poursuivra sa pratique aux professeurs et aux dirigeants, je retrouve ces vertus.


Awazu :
Bonjour maître Kawaishi.Merci pour cet échange, c'était un plaisir de te lire. En plus de devoir honorer mon nom, je vais devoir être à la hauteur de cette relation épistolaire... Beaucoup de pression 😊 L'exercice me plaît et je m'excuse de ne pas avoir assez de temps pour échanger davantage. J'ai l'impression que nous sommes d'accord, ce qui n'aide pas à alimenter le débat. Un point que tu as soulevé retient particulièrement mon attention : "on y apprend et on s'améliore de jour en jour". Je suis bien d'accord. La voie de l'apprentissage demande du temps, de l'attention et de l'audace. Entreprendre c'est comme combattre : on se prépare, on se livre, on donne le meilleur jusqu'au bout et surtout on risque la défaite. Ne pas avoir peur de commettre des erreurs. C'est là une leçon que nous apprennent au quotidien ces deux mondes. Comme le judoka, l'entrepreneur doit apprendre de chacune de ses défaites pour avancer, doit connaître ses points faibles et ses atouts pour sortir victorieux et s'entourer de partenaire pour progresser. Il faut également beaucoup de détermination pour tomber régulièrement mais se relever, échouer souvent mais ne pas baisser les bras. Entreprendre c'est faire randori tous les jours et dans un monde où l'échec "n'existe pas", ou les instagrameur "mènent une vie parfaite" et où seul la réussite à sa place, rien d'étonnant que nos judokas entraînés à progresser sur eux même, en aidant et en s'aidant des autres, soit si bien préparé à l'entreprenariat. Pour moi pas de doute, c'est le même combat. 

Kawaishi :
Néanmoins je me pose une question. Nous sommes d’accord sur le fait qu’un entrepreneur judoka part avec un avantage mental déterminant. Mais un judoka fait-il forcément un bon entrepreneur ? Le comité départemental a organisé une formation sur la préparation mentale. La discussion a dérivé sur la façon dont le judoka abordait son combat, entre l’instinctif et le stratège. Dans les deux cas la force mentale nécessaire pour se préparer est la même, mais dans l'exécution du randori le scénario diffère. On retrouvera les stratèges plus longtemps sur les tatamis et souvent on les identifiera par leur expertise au Ne Waza. 

Dans l’accompagnement des entrepreneurs, je préconise l’utilisation d’un profil Arc-En-Ciel DISC. Cela me permet de comprendre le fonctionnement de l’entrepreneur (extraverti/Introverti, tourné vers les autres/la règle, fonceur/patient, …) et ses motivations profondes (cognitif, utilitaire, altruiste, …) et d’adapter le fonctionnement de son entreprise à son dirigeant. J’ai effectué plus de 100 profils et celui qui caractérise le plus l’entrepreneur est le stratège. C’est pour cela que je pense que l’entrepreneur Judoka démarre avec un avantage fort, mais que le judo ne mène pas forcément à l’entreprenariat. A quand les formations Judo dans les ateliers des CCI et des Grandes Ecoles de Commerces ?


David du blog cestquoitonkim :
L'échange touche à sa fin, je vous invite à tenter de deviner avec qui vous avez échangé. 

Kawaishi :
C’est horrible, mais je n’ai aucune idée de piste pour identifier qui se cache derrière le nom de Awazu. Quoi qu’il en soit l’expérience est belle. Un prochain randori avec les yeux bandés ? Cela mériterait le détour.
 

Awazu :
Pour répondre à la question un judoka fait-il forcément un bon entrepreneur, je dirais que un judoka ne fait pas forcément un bon judoka, donc non. En revanche être judoka aide-il a être un bon entrepreneur je dirais oui. L'important n'est pas d'où tu pars mais vers où tu vas : est ce que tu progresse, quel est ton but etc. Je suis donc entièrement d'accord avec toi, des formations atelier judo/entreprise devrait être proposer aux entrepreneurs et aux écoles, cela apporterait certainement beaucoup de compétences transverses. Peut être "vendre le concept" en parlant de l'augmentation du quotient émotionnel suite à cet atelier ?... Bref beaucoup de chose à faire, espérant que nos judokas entreprennent… Et pour le randori avec plaisir 😉 Je ne sais pas non plus qui tu es mais c'était un plaisir de partager, et puisque tenter c'est se donner la chance de gagner je dirais… Frédéric des arts martiaux d'Asnières ?

 

Merci au personne derrière les pseudo de Kawaishi et Awazu pour cet échange.


 

 

Maintenant, chose promise, je vais vous dévoiler qui était Jigoro et Kano lors de l'échange "Judogi : quand Jigoro parle à Kano".


Jigoro :
Ingénieur, judoka il a réussi à aligner ses deux passions en contribuant largement à renouveler l'offre kimono de judo (judogi) de DECATHLON sous la marque maison Outshock. Vous pouvez retrouvez des images de Laurent Proumen dans l'article "Une sacrée journée dans les coulisses de DECATHLON".

Kano :
Entrepreneur Français au Japon, passionné par les arts martiaux et l'artisanat Japonnais, il gère entre autre le site de vente kusakurashop.fr. Jordy Delage comme on le découvre dans l'échange a pratiqué le judo avant d'évoluer vers d'autres arts martiaux. Jordy multiplie les actions pour partager sa passion. Je vous invite à regarder quelques une de ses vidéos sur youtube.

Un grand merci à Laurent et Jordy de s'être prêté au jeu de la toute première entrevue à l'aveugle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 9 avril 2021

3 questions à Caroline Calvez - Episode 1



Sur le blog, je vous propose des interviews ultra courtes et collaboratives. Ultra courtes car seulement 3 questions. Collaboratives car si vous le souhaitez un deuxième épisode pourra être produit en posant vos questions ici : je pose une question. Et si vous aimez je vous invite à partager le lien de l'article sur tous vos réseaux sociaux pour faire connaître Caroline, le circuit vétéran et le projet du blog cestquoitonkim. Si vous souhaitez recevoir par mail les liens vers les prochains articles cliquez sur : je m'inscris. Je vous laisse en bonne compagnie avec Caroline. Bonne lecture.

 

Qui es-tu ? (Présent)

Le judo, c’est un sport de famille, je vis « judo » depuis que je suis née.

Moi, c’est Caroline CALVEZ (LE BIHAN), 35 ans, je suis professeure de judo, préparatrice mentale, coach sportif et arbitre nationale de judo.

Je suis la maman de 2 petites filles, Liloo et Luana, 9 ans et 6 ans. Toute ma famille fait du judo, mes parents qui sont aussi mes professeurs, mon mari et mes filles.

En 2017, après une pause de 8 ans, j’ai décidé de reprendre le judo pour moi et la compétition. Objectif : perdre le poids de mes grossesses et participer au tournoi vétéran de Tours. Quel plaisir de refaire de la compétition, de retrouver ce bon stress et de se challenger. Résultat : une belle médaille d’or, des gros combats et des jolies rencontres avec d’autres vétérans.

Après ce 1er tournoi, je me suis donné le défi de participer aux championnats du monde vétéran, à Olbia (Sardaigne), 6 mois plus tard. Un gros challenge en perspective : trouver des sponsors, créer une cagnotte participative, se préparer physiquement et mentalement, organiser le voyage. J’irai là-bas accompagnée de mon papa, qui me coachera. Un championnat qui se déroulera très bien, avec au final une belle médaille de bronze autour du cou. Avec du recul, je suis contente du résultat, car la pression sur un premier championnat international est difficile à gérer.

Il y a beaucoup de choses différentes, par rapport à un championnat départemental, régional ou national classique. Tout d’abord, la veille de la compétition, il y a l’accréditation, là où on vérifie si on a bien payé l’inscription au championnat, on nous donne ce tour de cou appelé « accréditation » qui est un laissez-passer, à garder tout le temps sur soi jusqu’à ce qu’on monte sur le tatami pour combattre. Le jour de la compétition, il y a ces grandes télés dans la salle d’échauffement (une par tapis), avec les 15 prochains combats. On va ensuite dans la salle d’appel avec son coach lorsqu’on va combattre dans environ 7 combats et là des organisateurs vérifient la taille de notre judogi, de notre ceinture, du dossard. Et ensuite, on passe dans le couloir, ce moment magique d’attente, de concentration et de montée d’adrénaline avant de combattre.

J’ai ensuite participé aux championnats d’Europe vétérans à Glasgow en juin 2018, où je suis monté sur la 2ème marche podium.

Au mois d’octobre suivant, direction Cancùn avec mon mari comme coach, pour les championnats du monde vétéran, nous avions mis en place de la préparation mentale, car mon mari venait d’avoir la certification. Ce fut la journée la plus dure de ma vie, il y avait une heure d'attente entre chacun de mes combats, nous avions mis une routine de performance entre chaque combat. J’ai fini ma journée épuisée mais contente et satisfaite de ma nouvelle médaille d’argent. En rentrant en France, mon challenge était d’embarquer mes copains d’entraînements avec moi sur les tournois vétérans.

Ils nous ont suivi, résultat au mois de juillet 2019 aux Canaries, on était 4 copains aux Europe vétéran. Une aventure géniale qu’on a préparée en amont avec tous les amis, pendant le mois de juin et juillet, nous nous sommes entrainé deux fois par semaine au dojo à une vingtaine de judokas du club et des clubs voisins, entre préparation physique, mental et judo. Mon mari et moi avons fait vices champions d’Europe le même jour. Notre prochain objectif était de participer à 9 copains aux Europe vétéran à Athènes en avril 2020, mais covid oblige, ça a été annulé.

Pour préparer les Europe, j’ai participé au championnat de France FSGT seniors, que j’ai gagné. Quelle belle surprise, au mois de décembre dernier, je reçois un mail qui m’annonce que je suis qualifiée pour les jeux mondiaux CSIT au mois de juin prochain en Italie. Nous serons 300 français, toutes disciplines confondues pour ces jeux amateurs. Je m’entraîne actuellement, dans le doute du maintien ou non du championnat. 

Le judo pour moi, c’est ça, pleins d’échanges, de surprises, de partage et d’enseignement.

 

Caroline médaillé d'argent au championnat d'Europe 2019
Crédit photo EJU - Gabriel Juan - CC by sa

D’où viens-tu ? (passé)

J’ai commencé le judo à l’âge de 9 ans dans le club de judo de mes parents, Jean-Claude et Miwako LE BIHAN. (aujourd’hui 6ème et 8ème dan). Depuis petite, je grandis dans le milieu du judo, mais mes parents me mettent à la gymnastique de l’âge de 6 ans à 10 ans, afin que j’acquière de la souplesse, de la tonicité et de la rigueur, lorsque je commence le judo, j’adore. Rapidement, je démarre la compétition, et fais des titres départementaux, régionaux puis inter-régionaux. Je suis qualifiée à partir de cadette aux championnats de France fédé et UNSS, mais je n’ai jamais fait de podium à cet échelon, car à cette époque, j’avais un blocage au national.

Lorsque j’étais enfant, je passais quasi chaque été au Japon, car ma famille maternelle vit à Tokyo tout près du Kodokan (institut mondial du judo). Petite, je voyais mes parents travailler les katas sur le grand tatami au dernier étage du Kodokan et moi dans les gradins ou chouchoutée par les maîtres sur le bord du tatami. Adolescente, je participais tous les jours aux entraînements d’été du Kodokan ou dans d’autres dojos japonais lorsqu’on voyageait, ce fut des expériences enrichissantes. Découvrir d’autres styles de judo est très intéressant et fait progresser.

J’ai démarré l’arbitrage à l’âge de 10-11 ans d’abord comme commissaire sportif, puis comme arbitre sur les coupes du jeune arbitre. J’ai ensuite passé les échelons d’arbitre départementale, régionale, inter-régionale puis nationale. J’adore échanger aux championnats avec d’autres arbitres, conseiller les plus jeunes, discuter et partager nos avis sur les actions et les combats.

Je suis aussi professeure de judo depuis l’âge de 20 ans, j’adore partager ma passion et l’enseigne de manière ludique. Mon objectif est que chaque judoka qui participe à mes cours se fassent plaisir, et rentre chez lui avec le sentiment d’avoir eu des nouvelles sensations et de s’être bien dépensé. Je prépare les judokas techniquement, physiquement et mentalement à leur objectif et n’oblige personne à faire de la compétition. Certains ne sont pas compétiteurs, et je le respecte, je les oriente sur d’autres choses, car le judo, c’est aussi de l’arbitrage, donner un coup de main aux profs sur les séances ou passer les grades. Et tout peut être complémentaire.

L’été dernier, j’ai passé mon certificat de préparatrice mentale. Avoir des outils concrets sur la motivation, la fixation d’objectifs, la gestion du stress, les routines de performances, la concentration, la confiance en soi, le discours interne et l’imagerie mentale a été une révélation. Le judo, c’est 1/3 technique et tactique, 1/3 physique et 1/3 mental, Shin Gi Tai, et cette étude de l’aspect mental m’a fait progresser personnellement et professionnellement. 


 

Où vas-tu ? (futur)

Comme toujours énormément de projets en têtes. J’aimerais écrire un livre sur le judo et ses techniques et faire des contenus vidéos.

Je souhaite continuer à faire des compétitions et me faire plaisir.

Mon projet est aussi de faire découvrir l’intérêt de la préparation mentale aux autres professeurs de judo et aux athlètes.

Un autre objectif est d’étudier le sport santé, afin de permettre à tous de pratiquer du judo, du taiso en adaptant les exercices à leurs capacités.

Et enfin, progressivement, je souhaite évoluer en arbitrage et peut-être arbitrer à l’international dans quelques années. 

 


 



dimanche 28 mars 2021

Judogi : quand Jigoro parle à Kano

 


Un judogi de qualité c’est quoi ? Comment le reconnaître ? 

C'est le sujet de ce tout 1er rendez-vous d' "entrevue à l'aveugle". Deux personnes échanges autour d'un thème durant quelques jours. A la fin de l'échange chaque personne doit tenter de deviner qui est l'autre. Et vous aussi tentez de deviner. Indiquez, vos pistes, en commentaires (je dois les valider pour qu'ils apparaissent). Les noms des personnes seront dévoilés lors du prochain rendez-vous d'entrevue à l'aveugle. En attendant, ces personnes utiliserons les pseudo Jigoro et Kano.

Un grand merci à ces deux personnes de s'être prêté au jeu de cette toute première entrevue à l'aveugle. J'espère que vous apprécierez ce tout nouveau concept. 

 
Jigoro:
Enchanté de faire ta connaissance Kano. Merci David de m’avoir sollicité pour ce sujet qui rythme mon quotidien de sportif quand je peux pratiquer… La qualité d’un judogi est un vaste sujet passionnant. Comme nous démarrons cet échange à titre personnel je vais d’abord te partager ma vision du premier judogi qui m’a marqué dans ma carrière de judoka. Je m’en souviens très bien je l’ai eu en 1988 alors que j’étais cadet. Il s’agit d’un Dan Roh très en vogue à l’époque et surtout porté par la majorité des combattants du sport étude proche de mon club. L’idée de porter le même judogi que les “stars” locales me donnait aussi confiance pour aborder les compétitions. Les règlements de l’époque étaient plus larges sur les prises de manche. Ma veste avait donc été retouchée pour être ajustée à mon avant bras et la manche était ainsi difficilement saisissable à l’époque. Ce qui était vrai à l’époque l’est encore aujourd’hui, quelque soit le judogi il est important d’être en confiance dans sa tenue et son taillant. Cette confiance s’acquiert parce que le produit a fait ses preuves auprès de combattants auxquels on peut s’identifier (stars du club, du département, de la catégorie ou autre peu importe). C’est une première analyse que j’étofferai au fur et à mesure de nos échanges en parlant de mon deuxième judogi qui m’a marqué.

Kano:
Enchanté également. Bien entendu, j'ai débuté avec du décathlon, comme la plupart des jeunes. Mais rapidement, mon petit dojo de campagne avait un contact dans une petite boutique du centre-ville qui faisait de l'importation du Japon, et j'ai pu en acheter un plus confortable. Il était démarqué, impossible de savoir d'où il venait, mais la coupe et la qualité étaient largement au-dessus de ce que l'on trouve chez les grands équipementiers de sport. Déjà, il était beaucoup plus agréable à porter, plus doux, plus souple sur l'intérieur. Les manches étaient mieux coupés, on pouvait lever les bras sans se déshabiller. Tout le vêtement respirait la qualité, tant visuellement (belle couleur blanche, belles coutures, belle coupe), qu'au niveau des sensations dans la pratique. De la même manière que "Jigoro", mon premier Judogi était donc une recommandation de mes camarades et enseignants. Pour moi, le problème a toujours été la taille. Je suis plutôt mince en comparaison du Judoka moyen, et les tailles classiques ont toujours été trop grandes. Mais à l'époque, pas vraiment le choix, il fallait faire avec. Il n'y avait pas de vente en ligne d'import du Japon, et pas de sur mesure en France. Par la suite, ma conversion au matériel japonais de qualité m'a permis de tester de nombreuses marques et de me faire une idée assez précise de la qualité. Pour "teaser" la suite de l'échange, je peux déjà dire que pour moi, la qualité va parfois paradoxalement contre les attentes des pratiquants.
 
Jigoro : 
Merci pour ce retour Kano. très intéressant à lire et 100% en phase avec toi sur le côté coupe qui doit convenir au pratiquant pour se sentir bien. Je vais donc maintenant enchaîner avec un deuxième kim qui m’a marqué, à savoir un Noris Equipe Excellence. A l’époque je prenais plaisir à tirer en équipe avec mes potos d’enfance et j’avais un peu l’impression d’avoir le bon produit pour mon usage. J’imagine que le grammage de l’époque était autour de 900 gr/m² et les manches étaient encore bien ajustées à mon avant bras. J’ai gardé ce Judogi pendant des années. Je me souviens l’avoir acheté début des années 90 dans un magasin spécialisé proche de mon logement étudiant. Je l’ai même remis il y a 3 ans quand je m’entrainais dans un club de JJB où les exigences kim étaient moins fortes que sur nos tatamis de judo. Les cols étaient tellement usés qu’on pouvait voir les composants à l’intérieur du revers. Que de souvenirs avec ce judogi!!! Il me tarde maintenant de lire l’attente décalée de Kano concernant la qualité de son kim!

Kano:
J'aime les vieilles vestes usées dont on voit l'intérieur du col. Je les trouve même plus confortables à porter ! Mon second Judogi de qualité fut une marque japonaise appelée Iwata. Iwata est un peu à l'origine du matériel de Judo, ce que j'ai appris plus tard, car la marque était associée avec l'atelier qui faisait les Judogi de Kano lui-même. Le logo de la marque a été dessiné par Kano d'ailleurs. Depuis, ils ne font presque plus que du matériel d'Aikido... et ils n'ont pas suivi les évolutions des normes, donc leurs produits ne sont utilisables qu'en Judo loisir. C'était le modèle le plus lourd et le plus cher de la marque, autour des 800 ou 900g je pense. J'ai été très surpris par la souplesse incroyable de la veste, et... la facilité à la saisir. C'est là que j'ai compris qu'à part à un certain niveau de compétition, au Japon, les vestes étaient plus souples, justement pour faciliter la saisie, et pour pousser à un Judo plus technique (ce qui a d'ailleurs était la logique de l'IJF ces dernières années). J'ai appris que faire des vestes rêches et difficiles à saisir est en fait très facile, et que faire des vestes souples était beaucoup plus difficile et nécessitait un coton de bien meilleure qualité. C'est en cela que je pense que la qualité n'est pas toujours en cohérence avec les attentes des pratiquants. En tout cas, pas dans la logique japonaise, où il faut en fait redescendre un peu en gamme pour avoir une veste rigide plus difficile à saisir ! C'était il y a 15 ans, et ce fut mon dernier Judogi lourd. Je suis ensuite passé sur des choses plus légères, et je n'ai plus pratiqué que le Judo technique, ne nécessitant pas de veste lourde.

Jigoro :
La semaine touche à sa fin et je me suis régalé en découvrant le dernier message de Kano. Je me suis régalé car je sens que Kano est aussi un passionné du beau produit et qu’il sait apprécier le travail bien fait et la recherche du composant parfait. (Oui on pourrait rêver d’un judogi avec un fil peigné d’Egypte produit au Japon sur mesure) Je me suis régalé car je le rejoins sur une pratique plus souple et ouverte du judo ou le judogi recherché est un produit confortable donc pas forcément lourd et insaisissable. Actuellement je tourne essentiellement avec 2 types de judogis. L’un autour des 990 gr/m² sur le grain de riz qui en fait un pur judogi pour les compétiteurs de niveau national. Il n’est pas homologué IJF évidemment du fait de son poids mais peut-être porté à toutes les compétitions organisées par la FFJDA jusqu’aux France D1. C’est le Judo 900 de Outshock (marque des sports de combat chez Décathlon) que David a d’ailleurs testé il y a 2 ans. Mais je préfère m’entrainer comme Kano avec une veste autour des 500 gr/m² sur le grain de riz notamment quand les séances sont dures (il faut avouer qu’une séance de judo comme on les aime est souvent dure) . Un kim trempé c’est lourd surtout quand il fait très chaud (je sens qu’on va d’ailleurs reprendre le judo cet été et qu’on va souvent s’entrainer quand il fait 30°C) . A 550 gr/m² on privilégie le confort pendant l'entraînement, le sentiment d’être plus léger sont à mon sens 2 gros avantages et la encore mon judogi est aussi un produit de chez Décathlon le Judo 500. Certes les saisie en kumi kata de mon partenaire sont facilitées mais est ce vraiment un problème? Quoiqu’il en soit je souhaite plein de bonheur sur les tatamis à mon accolyte épistolaire de la semaine. Amicalement à tous les lecteurs de Cestquoitonkim.

Kano:
Toutes mes excuses pour cette conclusion un tout petit peu tardive pour cause de weekend déconnecté. Ce dernier retour est très intéressant. On sent le Judoka qui a évolué dans sa pratique avec l'âge et qui passe donc sur un Judo plus technique. N'ayant jamais été compétiteur moi-même, je n'ai jamais eu besoin de Judogi très lourd et insaisissable, et j'ai toujours eu du mal à apprécier ces "armures". Mais je comprends bien les attentes des compétiteurs en la matière. Pour ne pas me dévoiler trop tôt, j'ai esquivé la question de la pratique. Je vais dévoiler quelques détails qui faciliteront un peu la dernière étape de cet échange. Je n'ai pratiqué le Judo que deux ans, mais je suis dans le Budo depuis plus de 20 ans, avec l'Aikido et un peu avec le Kendo également. C'est ce qui explique mon attirance pour les vestes légères. Malheureusement, je ne pense pas avoir découvert l'identité de mon interlocuteur. Quoi qu'il en soit, merci à l'inconnu qui s'est prêté au jeu pour cet échange original et intéressant. Bon courage en ces temps difficiles, et tout le meilleur pour la reprise plus tard cette année.

David du blog cestquoitonkim : 
L'échange touche donc à sa fin, je vous invite à tenter de deviner avec qui vous avez échangé.
 
Jigoro :
Je ne sais pas mais ce qui est sûr c’est que c’est un passionné et que j’aimerai partager un entrainement avec lui dès que possible.

Kano :
J'ai pensé à Fabrice BOUVART, mais l'âge ne colle pas à quelques années près, je pense. Donc je ne sais pas. De la même manière, j’aurai grand plaisir à rencontrer mon interlocuteur, même si je pense qu’un éventuel entraînement ensemble n’aurait pas la forme qu’il imagine !

samedi 20 mars 2021

Ouverture d’une auberge japonaise dans le sud de la France : Himawari


cestquoitonkim - japon

Il sera bientôt possible de voyager au Japon en France avec le projet de Nicolas et Lauriane ! Ils ont pour projet d’ouvrir une auberge japonaise à moins d’une heure de Toulouse. 


Pouvez-vous vous présenter ?


Nous sommes Lauriane et Nicolas, nous vivons en région Occitanie ! Plus précisément en Ariège à 45 minutes de Toulouse. Nous sommes deux passionnés de culture japonaise depuis notre plus jeune âge. Nous avons commencé à la découvrir au travers des mangas ! Aujourd’hui nous avons tous les deux 27 ans et 4 voyages au pays du soleil levant au compteur. Nous sommes tous les deux dans les métiers du numérique respectivement Consultant en référencement naturel et Formateur en web-marketing (Nicolas) et Rédactrice web, correctrice (Lauriane). En ce moment, nous sommes en visa vacances-travail au Japon pour faire mûrir un projet d’auberge japonaise en France. C’est notre projet de vie ! Côté judo, on est sur du ceinture jaune pour Lauriane et orange pour Nicolas ! Pas très impressionnant on vous l’accorde, mais on compte bien avoir le niveau d’une ceinture noire pour l’auberge 😉.


Où en êtes-vous ?


Actuellement, nous avons fait l’acquisition d’un terrain de 3 hectares dans la commune du Carla-Bayle en Ariège. Le terrain est vallonné, propice à l’évasion et à la détente. Nous avons aussi les premiers plans de cette future auberge qui se nommera Himawari (ou Tournesol en français). Nous prévoyons d’attaquer les travaux de terrassement à la fin de l’année. L’ouverture quant à elle serait pour fin 2023 !

Quel genre de maison ?

cestquoitonkim - japon

Nous sommes amoureux des maisons japonaises en toit de chaume ! Comme on peut en trouver dans la région de Gifu par exemple. Nous avons pour ambition de faire voyager nos futurs visiteurs dans le passé ! Une maison de campagne dans un Japon féodal ! C’est notre ambition ! N’hésitez pas à nous dire dans les commentaires si ce style vous plaît !

Comment vous suivre ?


Nous avons un blog de voyage : Kokekoko et une section dédiée à notre projet d’auberge : Himawari. On est surtout très actif sur Instagram !

Aujourd’hui, on essaie de faire grandir notre communauté autour de cette belle aventure ! Nous avons mis en place une newsletter qui compte déjà plus de 1000 membres ! (pour nous c’est beaucoup 😅). L’intérêt est de pouvoir faire participer activement les membres à l’évolution du projet.

Lien de la newsletter (1 email par mois) : https://cutt.ly/rzACFPR

Et les arts martiaux ?


cestquoitonkim - japon

Nous avons l’idée de prévoir un espace pour accueillir divers événements en lien avec le Japon, donc pourquoi pas intégrer une activité Judo ! L’idée est de pouvoir rassembler au-delà de créer une simple auberge, un lieu où la culture japonaise pourra pleinement s’exprimer. Des lieux comme cela existent en France mais dans les grandes villes, très peu en campagne.

Nous avons eu l’occasion il y a quelques mois de nous rendre à Okinawa, berceau du Karaté au Japon. Nous avons été séduit par l’architecture des maisons locales. Nous pensons fortement nous en inspirer pour créer par exemple une maison de thé !


cestquoitonkim - Japon


Un dernier mot pour les lecteurs du blog ?


On espère vous avoir intéressés avec notre aventure japonaise. Si vous avez des questions, on y répondra dans les commentaires de cet article. Merci à David de nous avoir accordé de son temps pour cette petite interview. On espère vous voir dans notre auberge (et celles et ceux qui sont dans le Nord, ce n’est pas une excuse) 😉.

dimanche 21 février 2021

Les vertus de l'échec

Article cestquoitonkim - judo - Les vertus de l'échec
Cet article sur le livre Les vertus de l'échec de Charles PEPIN aux éditions Pocket est rédigé en toute indépendance. Il ne bénéficie pas d'un partenariat entre les éditions Pocket et le blog www.cestquoitonkim.com. Le livre est disponible en cliquant sur les liens dans l'article.
 

On a tous connu au moins une fois dans notre vie un échec, une difficulté que ce soit dans la vie ou au judo. Comment le gérer ? Un échec, est-il mal en soit ? Doit-on avoir peur d'en parler ? L'échec, est-il la définition de notre personne ? Comment le judo peut nous aider ?

Je peux déjà vous donner ma conclusion concernant le livre de Charles PEPIN :"Les vertus de l'échec" aux éditions Allary (version brochée) ou pocket (version de poche). C'est un livre à mettre entre toutes les mains et notamment celles des judoka.te.s. Pour moi, cela fait partie des livres incontournables. Tout comme le livre "L'esprit du judo", la version poche est à moins de 10 euros (prix constaté 2021). Alors autant ne pas se priver de sa sagesse. Je vous donne mon humble avis.

Charles PEPIN, écrivain et philosophe, démontre, dans un langage accessible à tous, l'importance de l'échec dans la construction de chacun d'entre nous. Page après page, ce livre a une influence positive sur la perception de l'échec. Pour appuyer les arguments, le livre est ponctué de nombreux exemples et illustration issus du sport, de la culture et de la philosophie. C'est une véritable invitation à découvrir et à prendre de la hauteur. Le livre se lit facilement et j'ai tourné les pages sans m'en rendre compte.

Ce livre m'a interpellé à plus d'un titre. En tant que parent de deux filles, et notamment d'un enfant avec une particularité génétique. Le livre parle de l'école et avec bienveillance l'auteur, professeur par ailleurs, aborde le rôle de celle-ci dans l'éducation (ou la non-éducation) à l'échec. Il y a matière à être attentif et à relativiser l'échec à l'école.

En tant que personne et en tant que judoka, ce livre m'a fait prendre conscience que nous sommes chanceux de faire du judo. J'ai déjà eu l'occasion par le passé de vous parler de ma découverte du triptyque : shin (l'esprit), gi (la technique), tai (le corps). Le judo, et le livre l'esprit du judo en parlait très bien, est au-delà des techniques un vecteur d'éducation de l'esprit. La culture de l'échec fait partie du bagage des judoka.te.s. D'ailleurs, le livre "Les vertus de l'échec", donne plusieurs fois des exemples issus du judo. Je vous cite un passage :

"Le judo offre une belle métaphore de la manière dont l’échec rend humble et, par la même, nourrit la possibilité du succès futur. Dans ce corps à corps, chaque adversaire peut envoyer l’autre au sol à chaque instant. C’est pourquoi les jeunes judokas commencent par apprendre à tomber. C’est-à-dire à bien tomber : sans se crisper, en roulant avec souplesse et fluidité, en accompagnant leur chute d’une sorte d’assentiment."

Cela m'a tout de suite fait penser à la citation de Jigoro Kano " On ne juge pas un homme sur le nombre de fois qu’il tombe mais sur le nombre de fois qu’il se relève." Et c'est là où je mesure notre chance d'avoir été éduqué à accueillir les échecs comme autant de façon de progresser. Une éducation qui n'est pas nécessairement celle prônée hors des dojos où parfois l'échec se confond avec notre identité.

Je vous invite vraiment à lire ce livre très court et très bien écrit par Charles PEPIN. J'ai eu plaisir à le lire, à découvrir que le judo en faisait parti. Je ne peux que vous inviter à le faire connaître autour de vous, sentez vous libre de le faire.