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vendredi 9 avril 2021

3 questions à Caroline Calvez - Episode 1



Sur le blog, je vous propose des interviews ultra courtes et collaboratives. Ultra courtes car seulement 3 questions. Collaboratives car si vous le souhaitez un deuxième épisode pourra être produit en posant vos questions ici : je pose une question. Et si vous aimez je vous invite à partager le lien de l'article sur tous vos réseaux sociaux pour faire connaître Caroline, le circuit vétéran et le projet du blog cestquoitonkim. Si vous souhaitez recevoir par mail les liens vers les prochains articles cliquez sur : je m'inscris. Je vous laisse en bonne compagnie avec Caroline. Bonne lecture.

 

Qui es-tu ? (Présent)

Le judo, c’est un sport de famille, je vis « judo » depuis que je suis née.

Moi, c’est Caroline CALVEZ (LE BIHAN), 35 ans, je suis professeure de judo, préparatrice mentale, coach sportif et arbitre nationale de judo.

Je suis la maman de 2 petites filles, Liloo et Luana, 9 ans et 6 ans. Toute ma famille fait du judo, mes parents qui sont aussi mes professeurs, mon mari et mes filles.

En 2017, après une pause de 8 ans, j’ai décidé de reprendre le judo pour moi et la compétition. Objectif : perdre le poids de mes grossesses et participer au tournoi vétéran de Tours. Quel plaisir de refaire de la compétition, de retrouver ce bon stress et de se challenger. Résultat : une belle médaille d’or, des gros combats et des jolies rencontres avec d’autres vétérans.

Après ce 1er tournoi, je me suis donné le défi de participer aux championnats du monde vétéran, à Olbia (Sardaigne), 6 mois plus tard. Un gros challenge en perspective : trouver des sponsors, créer une cagnotte participative, se préparer physiquement et mentalement, organiser le voyage. J’irai là-bas accompagnée de mon papa, qui me coachera. Un championnat qui se déroulera très bien, avec au final une belle médaille de bronze autour du cou. Avec du recul, je suis contente du résultat, car la pression sur un premier championnat international est difficile à gérer.

Il y a beaucoup de choses différentes, par rapport à un championnat départemental, régional ou national classique. Tout d’abord, la veille de la compétition, il y a l’accréditation, là où on vérifie si on a bien payé l’inscription au championnat, on nous donne ce tour de cou appelé « accréditation » qui est un laissez-passer, à garder tout le temps sur soi jusqu’à ce qu’on monte sur le tatami pour combattre. Le jour de la compétition, il y a ces grandes télés dans la salle d’échauffement (une par tapis), avec les 15 prochains combats. On va ensuite dans la salle d’appel avec son coach lorsqu’on va combattre dans environ 7 combats et là des organisateurs vérifient la taille de notre judogi, de notre ceinture, du dossard. Et ensuite, on passe dans le couloir, ce moment magique d’attente, de concentration et de montée d’adrénaline avant de combattre.

J’ai ensuite participé aux championnats d’Europe vétérans à Glasgow en juin 2018, où je suis monté sur la 2ème marche podium.

Au mois d’octobre suivant, direction Cancùn avec mon mari comme coach, pour les championnats du monde vétéran, nous avions mis en place de la préparation mentale, car mon mari venait d’avoir la certification. Ce fut la journée la plus dure de ma vie, il y avait une heure d'attente entre chacun de mes combats, nous avions mis une routine de performance entre chaque combat. J’ai fini ma journée épuisée mais contente et satisfaite de ma nouvelle médaille d’argent. En rentrant en France, mon challenge était d’embarquer mes copains d’entraînements avec moi sur les tournois vétérans.

Ils nous ont suivi, résultat au mois de juillet 2019 aux Canaries, on était 4 copains aux Europe vétéran. Une aventure géniale qu’on a préparée en amont avec tous les amis, pendant le mois de juin et juillet, nous nous sommes entrainé deux fois par semaine au dojo à une vingtaine de judokas du club et des clubs voisins, entre préparation physique, mental et judo. Mon mari et moi avons fait vices champions d’Europe le même jour. Notre prochain objectif était de participer à 9 copains aux Europe vétéran à Athènes en avril 2020, mais covid oblige, ça a été annulé.

Pour préparer les Europe, j’ai participé au championnat de France FSGT seniors, que j’ai gagné. Quelle belle surprise, au mois de décembre dernier, je reçois un mail qui m’annonce que je suis qualifiée pour les jeux mondiaux CSIT au mois de juin prochain en Italie. Nous serons 300 français, toutes disciplines confondues pour ces jeux amateurs. Je m’entraîne actuellement, dans le doute du maintien ou non du championnat. 

Le judo pour moi, c’est ça, pleins d’échanges, de surprises, de partage et d’enseignement.

 

Caroline médaillé d'argent au championnat d'Europe 2019
Crédit photo EJU - Gabriel Juan - CC by sa

D’où viens-tu ? (passé)

J’ai commencé le judo à l’âge de 9 ans dans le club de judo de mes parents, Jean-Claude et Miwako LE BIHAN. (aujourd’hui 6ème et 8ème dan). Depuis petite, je grandis dans le milieu du judo, mais mes parents me mettent à la gymnastique de l’âge de 6 ans à 10 ans, afin que j’acquière de la souplesse, de la tonicité et de la rigueur, lorsque je commence le judo, j’adore. Rapidement, je démarre la compétition, et fais des titres départementaux, régionaux puis inter-régionaux. Je suis qualifiée à partir de cadette aux championnats de France fédé et UNSS, mais je n’ai jamais fait de podium à cet échelon, car à cette époque, j’avais un blocage au national.

Lorsque j’étais enfant, je passais quasi chaque été au Japon, car ma famille maternelle vit à Tokyo tout près du Kodokan (institut mondial du judo). Petite, je voyais mes parents travailler les katas sur le grand tatami au dernier étage du Kodokan et moi dans les gradins ou chouchoutée par les maîtres sur le bord du tatami. Adolescente, je participais tous les jours aux entraînements d’été du Kodokan ou dans d’autres dojos japonais lorsqu’on voyageait, ce fut des expériences enrichissantes. Découvrir d’autres styles de judo est très intéressant et fait progresser.

J’ai démarré l’arbitrage à l’âge de 10-11 ans d’abord comme commissaire sportif, puis comme arbitre sur les coupes du jeune arbitre. J’ai ensuite passé les échelons d’arbitre départementale, régionale, inter-régionale puis nationale. J’adore échanger aux championnats avec d’autres arbitres, conseiller les plus jeunes, discuter et partager nos avis sur les actions et les combats.

Je suis aussi professeure de judo depuis l’âge de 20 ans, j’adore partager ma passion et l’enseigne de manière ludique. Mon objectif est que chaque judoka qui participe à mes cours se fassent plaisir, et rentre chez lui avec le sentiment d’avoir eu des nouvelles sensations et de s’être bien dépensé. Je prépare les judokas techniquement, physiquement et mentalement à leur objectif et n’oblige personne à faire de la compétition. Certains ne sont pas compétiteurs, et je le respecte, je les oriente sur d’autres choses, car le judo, c’est aussi de l’arbitrage, donner un coup de main aux profs sur les séances ou passer les grades. Et tout peut être complémentaire.

L’été dernier, j’ai passé mon certificat de préparatrice mentale. Avoir des outils concrets sur la motivation, la fixation d’objectifs, la gestion du stress, les routines de performances, la concentration, la confiance en soi, le discours interne et l’imagerie mentale a été une révélation. Le judo, c’est 1/3 technique et tactique, 1/3 physique et 1/3 mental, Shin Gi Tai, et cette étude de l’aspect mental m’a fait progresser personnellement et professionnellement. 


 

Où vas-tu ? (futur)

Comme toujours énormément de projets en têtes. J’aimerais écrire un livre sur le judo et ses techniques et faire des contenus vidéos.

Je souhaite continuer à faire des compétitions et me faire plaisir.

Mon projet est aussi de faire découvrir l’intérêt de la préparation mentale aux autres professeurs de judo et aux athlètes.

Un autre objectif est d’étudier le sport santé, afin de permettre à tous de pratiquer du judo, du taiso en adaptant les exercices à leurs capacités.

Et enfin, progressivement, je souhaite évoluer en arbitrage et peut-être arbitrer à l’international dans quelques années. 

 


 



dimanche 28 mars 2021

Judogi : quand Jigoro parle à Kano

 


Un judogi de qualité c’est quoi ? Comment le reconnaître ? 

C'est le sujet de ce tout 1er rendez-vous d' "entrevue à l'aveugle". Deux personnes échanges autour d'un thème durant quelques jours. A la fin de l'échange chaque personne doit tenter de deviner qui est l'autre. Et vous aussi tentez de deviner. Indiquez, vos pistes, en commentaires (je dois les valider pour qu'ils apparaissent). Les noms des personnes seront dévoilés lors du prochain rendez-vous d'entrevue à l'aveugle. En attendant, ces personnes utiliserons les pseudo Jigoro et Kano.

Un grand merci à ces deux personnes de s'être prêté au jeu de cette toute première entrevue à l'aveugle. J'espère que vous apprécierez ce tout nouveau concept. 

 
Jigoro:
Enchanté de faire ta connaissance Kano. Merci David de m’avoir sollicité pour ce sujet qui rythme mon quotidien de sportif quand je peux pratiquer… La qualité d’un judogi est un vaste sujet passionnant. Comme nous démarrons cet échange à titre personnel je vais d’abord te partager ma vision du premier judogi qui m’a marqué dans ma carrière de judoka. Je m’en souviens très bien je l’ai eu en 1988 alors que j’étais cadet. Il s’agit d’un Dan Roh très en vogue à l’époque et surtout porté par la majorité des combattants du sport étude proche de mon club. L’idée de porter le même judogi que les “stars” locales me donnait aussi confiance pour aborder les compétitions. Les règlements de l’époque étaient plus larges sur les prises de manche. Ma veste avait donc été retouchée pour être ajustée à mon avant bras et la manche était ainsi difficilement saisissable à l’époque. Ce qui était vrai à l’époque l’est encore aujourd’hui, quelque soit le judogi il est important d’être en confiance dans sa tenue et son taillant. Cette confiance s’acquiert parce que le produit a fait ses preuves auprès de combattants auxquels on peut s’identifier (stars du club, du département, de la catégorie ou autre peu importe). C’est une première analyse que j’étofferai au fur et à mesure de nos échanges en parlant de mon deuxième judogi qui m’a marqué.

Kano:
Enchanté également. Bien entendu, j'ai débuté avec du décathlon, comme la plupart des jeunes. Mais rapidement, mon petit dojo de campagne avait un contact dans une petite boutique du centre-ville qui faisait de l'importation du Japon, et j'ai pu en acheter un plus confortable. Il était démarqué, impossible de savoir d'où il venait, mais la coupe et la qualité étaient largement au-dessus de ce que l'on trouve chez les grands équipementiers de sport. Déjà, il était beaucoup plus agréable à porter, plus doux, plus souple sur l'intérieur. Les manches étaient mieux coupés, on pouvait lever les bras sans se déshabiller. Tout le vêtement respirait la qualité, tant visuellement (belle couleur blanche, belles coutures, belle coupe), qu'au niveau des sensations dans la pratique. De la même manière que "Jigoro", mon premier Judogi était donc une recommandation de mes camarades et enseignants. Pour moi, le problème a toujours été la taille. Je suis plutôt mince en comparaison du Judoka moyen, et les tailles classiques ont toujours été trop grandes. Mais à l'époque, pas vraiment le choix, il fallait faire avec. Il n'y avait pas de vente en ligne d'import du Japon, et pas de sur mesure en France. Par la suite, ma conversion au matériel japonais de qualité m'a permis de tester de nombreuses marques et de me faire une idée assez précise de la qualité. Pour "teaser" la suite de l'échange, je peux déjà dire que pour moi, la qualité va parfois paradoxalement contre les attentes des pratiquants.
 
Jigoro : 
Merci pour ce retour Kano. très intéressant à lire et 100% en phase avec toi sur le côté coupe qui doit convenir au pratiquant pour se sentir bien. Je vais donc maintenant enchaîner avec un deuxième kim qui m’a marqué, à savoir un Noris Equipe Excellence. A l’époque je prenais plaisir à tirer en équipe avec mes potos d’enfance et j’avais un peu l’impression d’avoir le bon produit pour mon usage. J’imagine que le grammage de l’époque était autour de 900 gr/m² et les manches étaient encore bien ajustées à mon avant bras. J’ai gardé ce Judogi pendant des années. Je me souviens l’avoir acheté début des années 90 dans un magasin spécialisé proche de mon logement étudiant. Je l’ai même remis il y a 3 ans quand je m’entrainais dans un club de JJB où les exigences kim étaient moins fortes que sur nos tatamis de judo. Les cols étaient tellement usés qu’on pouvait voir les composants à l’intérieur du revers. Que de souvenirs avec ce judogi!!! Il me tarde maintenant de lire l’attente décalée de Kano concernant la qualité de son kim!

Kano:
J'aime les vieilles vestes usées dont on voit l'intérieur du col. Je les trouve même plus confortables à porter ! Mon second Judogi de qualité fut une marque japonaise appelée Iwata. Iwata est un peu à l'origine du matériel de Judo, ce que j'ai appris plus tard, car la marque était associée avec l'atelier qui faisait les Judogi de Kano lui-même. Le logo de la marque a été dessiné par Kano d'ailleurs. Depuis, ils ne font presque plus que du matériel d'Aikido... et ils n'ont pas suivi les évolutions des normes, donc leurs produits ne sont utilisables qu'en Judo loisir. C'était le modèle le plus lourd et le plus cher de la marque, autour des 800 ou 900g je pense. J'ai été très surpris par la souplesse incroyable de la veste, et... la facilité à la saisir. C'est là que j'ai compris qu'à part à un certain niveau de compétition, au Japon, les vestes étaient plus souples, justement pour faciliter la saisie, et pour pousser à un Judo plus technique (ce qui a d'ailleurs était la logique de l'IJF ces dernières années). J'ai appris que faire des vestes rêches et difficiles à saisir est en fait très facile, et que faire des vestes souples était beaucoup plus difficile et nécessitait un coton de bien meilleure qualité. C'est en cela que je pense que la qualité n'est pas toujours en cohérence avec les attentes des pratiquants. En tout cas, pas dans la logique japonaise, où il faut en fait redescendre un peu en gamme pour avoir une veste rigide plus difficile à saisir ! C'était il y a 15 ans, et ce fut mon dernier Judogi lourd. Je suis ensuite passé sur des choses plus légères, et je n'ai plus pratiqué que le Judo technique, ne nécessitant pas de veste lourde.

Jigoro :
La semaine touche à sa fin et je me suis régalé en découvrant le dernier message de Kano. Je me suis régalé car je sens que Kano est aussi un passionné du beau produit et qu’il sait apprécier le travail bien fait et la recherche du composant parfait. (Oui on pourrait rêver d’un judogi avec un fil peigné d’Egypte produit au Japon sur mesure) Je me suis régalé car je le rejoins sur une pratique plus souple et ouverte du judo ou le judogi recherché est un produit confortable donc pas forcément lourd et insaisissable. Actuellement je tourne essentiellement avec 2 types de judogis. L’un autour des 990 gr/m² sur le grain de riz qui en fait un pur judogi pour les compétiteurs de niveau national. Il n’est pas homologué IJF évidemment du fait de son poids mais peut-être porté à toutes les compétitions organisées par la FFJDA jusqu’aux France D1. C’est le Judo 900 de Outshock (marque des sports de combat chez Décathlon) que David a d’ailleurs testé il y a 2 ans. Mais je préfère m’entrainer comme Kano avec une veste autour des 500 gr/m² sur le grain de riz notamment quand les séances sont dures (il faut avouer qu’une séance de judo comme on les aime est souvent dure) . Un kim trempé c’est lourd surtout quand il fait très chaud (je sens qu’on va d’ailleurs reprendre le judo cet été et qu’on va souvent s’entrainer quand il fait 30°C) . A 550 gr/m² on privilégie le confort pendant l'entraînement, le sentiment d’être plus léger sont à mon sens 2 gros avantages et la encore mon judogi est aussi un produit de chez Décathlon le Judo 500. Certes les saisie en kumi kata de mon partenaire sont facilitées mais est ce vraiment un problème? Quoiqu’il en soit je souhaite plein de bonheur sur les tatamis à mon accolyte épistolaire de la semaine. Amicalement à tous les lecteurs de Cestquoitonkim.

Kano:
Toutes mes excuses pour cette conclusion un tout petit peu tardive pour cause de weekend déconnecté. Ce dernier retour est très intéressant. On sent le Judoka qui a évolué dans sa pratique avec l'âge et qui passe donc sur un Judo plus technique. N'ayant jamais été compétiteur moi-même, je n'ai jamais eu besoin de Judogi très lourd et insaisissable, et j'ai toujours eu du mal à apprécier ces "armures". Mais je comprends bien les attentes des compétiteurs en la matière. Pour ne pas me dévoiler trop tôt, j'ai esquivé la question de la pratique. Je vais dévoiler quelques détails qui faciliteront un peu la dernière étape de cet échange. Je n'ai pratiqué le Judo que deux ans, mais je suis dans le Budo depuis plus de 20 ans, avec l'Aikido et un peu avec le Kendo également. C'est ce qui explique mon attirance pour les vestes légères. Malheureusement, je ne pense pas avoir découvert l'identité de mon interlocuteur. Quoi qu'il en soit, merci à l'inconnu qui s'est prêté au jeu pour cet échange original et intéressant. Bon courage en ces temps difficiles, et tout le meilleur pour la reprise plus tard cette année.

David du blog cestquoitonkim : 
L'échange touche donc à sa fin, je vous invite à tenter de deviner avec qui vous avez échangé.
 
Jigoro :
Je ne sais pas mais ce qui est sûr c’est que c’est un passionné et que j’aimerai partager un entrainement avec lui dès que possible.

Kano :
J'ai pensé à Fabrice BOUVART, mais l'âge ne colle pas à quelques années près, je pense. Donc je ne sais pas. De la même manière, j’aurai grand plaisir à rencontrer mon interlocuteur, même si je pense qu’un éventuel entraînement ensemble n’aurait pas la forme qu’il imagine !

samedi 12 décembre 2020

3 questions à Claire Guillaud

 


Nouveau sur le blog, je vous propose des interviews ultra courtes et collaboratives. Ultra courtes car seulement 3 questions. Collaboratives car si vous le souhaitez un deuxième épisode pourra être produit en posant vos questions ici : je pose une question. Et si vous aimez je vous invite à partager le lien de l'article sur tous vos réseaux sociaux pour faire connaître Claire Guillaud et le projet du blog cestquoitonkim. Si vous souhaitez recevoir par mail les liens vers les prochains articles cliquez sur : je m'inscris. Je vous laisse en bonne compagnie avec Claire. Bonne lecture. 

 

 Claire Guillaud, 45 ans, Guadeloupéenne, ancienne judokate.
En quelque ligne, je vous raconte mon vécu, mes passions.




 

 

 

 

 

 

 

 Qui es tu ? (Présent)

1. Le Judo et moi 

C’est à Bordeaux, à l’âge de 14 ans, que j’ai découvert le judo, particulièrement en allant voir mon frère Jean-Noël lors de ses entrainements : http://www.cestquoitonkim.com/2020/11/3-questions-jean-noel-guillaud.html

De ce fait, je me suis inscrite quelques années plus tard. J’ai par la suite obtenue la ceinture noire 1er dan à mes 18 ans.

2. Mon parcours professionnel 

Militaire pendant de nombreuses années, précisément de mars 2000 à octobre 2020, j’ai pu gravir tous les grades d’engagée volontaire de l’armée de terre, notamment le « Service de Santé », en passant par le grade de soldat à Caporal-chef de 1re classe.

J’ai fait une reconversion dans la fonction publique d’état en tant qu’adjointe administrative et je suis désormais jeune retraitée militaire.

3. Claire à la radio 

Passionnée de musique, de danse et de communication, (Paris, 2014), j’ai eu l’honneur d’être contactée par Monsieur François HARPON dit « Yespapa » (chanteur, animateur radio, présentateur d’évènements) qui m’a donné l’opportunité de devenir coordinatrice d’une émission de « danses » sur P2M radio (web radio Caribéenne). Il m’a donné l’opportunité de faire l’avant-première du Zénith (Paris) David et Gino « Humoristes », sur une prestation de Kizomba avec mon partenaire de danse Olivier « Inekonito » sur l’un des titres de son album «Ambians’ la bon ». 

J’ai donc eu à ma charge, une grande responsabilité et une organisation qui m’a permis de préparer et de recevoir de très bons artistes. J’ai pu aussi proposer des émissions à thèmes tels que l’humour, la danse et comme collaboratrice, j’avais en charge la préparation des plateaux radios et la diffusion sur les réseaux sociaux (Facebook, instagram).

Dans la continuité de mon apprentissage sur le terrain, Madame Linda Nègre m’a proposé de passer derrière le micro, en me lançant en tant qu’animatrice radio, animant seule, mes propres émissions de « danses » sur Radio Fanfanmizik (web radio).

 

D'où viens tu ? (passé)

Née en Guadeloupe, je suis arrivée très jeune en métropole, à l’âge de mes trois ans. J’ai grandi et étudié à Bordeaux. (Une famille nombreuse 5 enfants) 
 
Issue d’une famille de sportive, je suis passée par 4 clubs de la Gironde JSSE Ste Eulalie (Ste Eulalie). Le Club Lormontais des arts martiaux CLAM) (Lormont), L'amicale Léonard Lenoir Montaud Nuit (Bordeaux Bastide) et le Club d’Eysines

J’ai eu l’occasion d’entreprendre de nombreux sports dès mon plus jeune âge tel que : majorette, danse moderne, gymnastique sportive (avec agrès), et judo de niveau national dans la région Bordelaise et international au niveau militaire.


Grâce à mes parents, qui sont de grands passionnés du sport, avec leur accord, j’ai intégré le sport-étude judo de Bordeaux. J’ai cumulé pendant ma carrière d’athlète les titres et les palmarès, de niveau national (civil, scolaire) et international militaire.

J’ai intégré l’équipe de France militaire de Judo en 2000, date de mon entrée à l’Armée et jusqu’à 2009.
 
J’ai été plusieurs fois médaillées aux championnats de France Militaire : dont mon titre de Championne de France en individuelle qui m’a permis mes sélections en Championnats du Monde Militaire. 
 
  • le premier en Hollande en 2000 où j’ai eu l’honneur d’être le porte drapeau de l’équipe de France Militaire  
  • le deuxième Championnat du monde en Azerbaïdjan avec une 5ième place par équipe et la 5ième place en individuelle en « 2004 »

Grande Passionnée, je me suis aussi investie en transmettant mon savoir et mon énergie dans la formation de jeunes judokas lors de mon affectation à Lyon pendant deux ans en obtenant le Certificat Fédéral d’Enseignement provisoire Bénévole (CFEPB) en 2006 en collaboration avec mon frère Jean-Noël. 
 

En 2009, suite à une blessure aux genoux, j’ai dû arrêter la compétition. J’obtiens en 2010, la Médaille de la Défense nationale échelon «Argent ».

J’ai été récompensée en obtenant la Médaille de la Jeunesse et des Sports échelon «Bronze» en 2012. L’année suivante, j’ai eu mon institution militaire, qui a voulu mettre à l’honneur une femme sportive de haut niveau et Militaire, « un article consacré à la journée de la femme », ce fut une grande consécration et grande fierté pour moi.

Par la suite, j’ai intégrée le groupe de bénévolontaires de la FFJDA. A ce titre, j’ai participé à l’organisation du Tournoi International de Judo à Paris-Bercy 2013 où j’ai pu assuré, l’accueil des Athlètes Mondiaux.
En tant que jeune journaliste, J’ai eu la chance d'interviewer, au Tournoi International de judo à Paris-Bercy 2019 (Grand Slam), la championne Olympique (2016) « Emilie Andéol ». (Voir le lien : https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=10219186643963533&id=1430996916 )

C’est en 2015 que j’obtiens la Médaille de la Défense Nationale échelon « Or ».
Où vas-tu ? (futur)

Dans mon futur, j’aimerai voyager à l’étranger, pour me perfectionner dans la danse, spécialement en Kizomba et Salsa, continuer mes interviews en radio ou dans divers manifestations (sportives ou autres),

Ce que j’aimerai faire, aussi c’est d’obtenir une formation diplômante d’animatrice radio et de management artistique reconnue par l’état.

Je me vois finaliser, un jour, ma ceinture noire deuxième dan, « J’ai tout ce qu’il faut pour passer ma deuxième dan mais je n’ai jamais eu le temps de préparer les KATAS et les UV pour l’obtenir », continuer à encourager l’Equipe de France de judo au Grand Slam et aux Jeux Olympique de PARIS 2024 car le judo fera toujours partie de ma vie.

https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=10221115439062205&id=1430996916

 

mercredi 21 octobre 2020

Réaliser un film inspirant sur le judo / Making an inspiring film about judo - Rees Dale

Making an inspiring film about judo. Rees Dale
 

Rees Dale - version Française

Rees Dale - English version

 

Rees Dale - version Française :


Le projet: Réaliser un film inspirant sur le judo de Rees Dale

Mon amour du judo m'a amené à commencer la production d'un film documentaire sur un groupe de jeunes femmes incroyables dans les régions rurales du centre de l'Inde. Elles ont surmonté les violences et la discrimination en tant qu'aveugles dans une société très dur envers le handicap. Elles utilisent le judo, le sport que j'aime, pour reconstruire leur vie.

Venant d'une famille touchée par la cécité, cette histoire n'a que plus d'intérêt pour moi. J'ai vu comment cela a affecté ma grand-mère vers la fin de sa vie et d'autres membres de ma famille.

Ayant vécu en Inde pendant de nombreuses années avant de déménager en Allemagne, où je suis maintenant basé, je suis d'autant plus conscient de la façon dont les déficiences visuelles peuvent affecter les personnes dans ce pays.

Mais la façon dont ces femmes ont utilisé leur judo pour reconstruire leur confiance, leur estime de soi et toute leur vie est vraiment inspirante et je suis enthousiaste, privilégiée et honorée de porter leur histoire à l'écran.

Le judo m'a beaucoup apporté dans ma vie, y compris la confiance d'apparaître en public pour lever des fonds pour ce film.

Nous collectons des fonds via un financement participatif pour lequel je sollicite, auprès de toute la communauté du judo, le moindre euro qu'il vous sera possible de nous donner pour aider à faire un beau film inspirant pour le monde entier afin de voir ce que notre merveilleux sport peut faire pour tous les gens qui y participent.

J'espère que le film encouragera davantage de personnes, filles, femmes, hommes, voyants et non voyants à venir vers notre sport et contribuera à éradiquer les violences contre les femmes en Inde et dans d'autres parties du monde.

Les personnages de notre film ont trouvé dans le judo le moyen idéal pour lutter contre leur situation et je demande très humblement l'aide de tout le monde pour collecter les fonds dont nous avons besoin pour que ce film soit fait et, surtout, vu.

Merci de nous soutenir dans la réalisation de ce film: https://gogetfunding.com/azadifilm/

J'espère pouvoir vous voir tous sur un tatami bientôt.

  Présentation en anglais
 
Qui est Rees Dale ?

Rees Dale est un monteur et réalisateur, il a travaillé sur divers films et productions télévisuelles en tant que monteur et en post-production et a réalisé de nombreuses publicités télévisées et deux courts documentaires récents, The Longest Journey & My Name is Aum,

Il est également ceinture noire de judo.

Il a commencer le judo relativement tard (26 ans). Après avoir été un joueur de rugby pendant toute sa jeunesse, une blessure a stoppé sa progression vers une carrière professionnelle de rugby. Pendant quelques années après sa blessure, il a lutté pour redécouvrir son amour du rugby, et a gardé la forme dans une salle de sport, au football puis au taekwondo. Mais il lui manquait quelque chose que le rugby lui avait apporté, probablement le contact et le côté physique.

Puis, il a quitté son Pays de Galles natal pour travailler et s'est retrouvé proche d'un club de judo (Finndai, Helsinki) et il a senti le besoin de s'inscrire. Au fur et à mesure de sa progression dans le cinéma et la télévision, il a continué son parcours judo à travers le monde (Bombay Judo Club à Mumbai, Malte Judo Academy à Malte et maintenant DJK à Berlin) jusqu'à, finalement, 15 ans environs plus tard, son amour du judo et du cinéma se rejoignent avec ce projet. 




Rees Dale - English version :


The project : Making an inspiring film about judo by Rees Dale

My love of judo has led me to beginning production on a documentary film about a group of incredible young women in rural central India, They have overcome abuse and discrimination from being blind in what is a very unforgiving society towards the disabled and are using judo, the sport I love, to rebuild their lives.

Having come from a family affected by blindness, this story has become even more important to me. I have seen how it affected my grandmother towards the end of her life and others in my family.

Having lived in India for many years before moving to Germany, where I am now based, I am even more aware of how visual impairments can affect people there.

But the way these women have used their judo to rebuild their confidence, self esteem and their entire lives is truly inspiring and I am excited, privileged and honoured to be bringing their story to the screen.

Judo has given me a great deal in my life, including the confidence to appear in public to raise funding for this film.

We are raising funds via crowdfunding and I am asking the entire judo community for any penny they might be able to spare to help us make a beautiful, inspiring film for the whole world to see what our wonderful sport can do for all people who take part.

I hope the film encourages more people, girls, women, men, sighted and non sighted to our sport and helps to eridicate abuse against women in India and other parts of the world.

The characters in our film have found judo the perfect way in fighting back against their situation and I really humbly ask for everyone's help in raising the funds we need to get this film both made and, importantly, seen.

Please support us in the making of this film: https://gogetfunding.com/azadifilm/

I hope to be able to see you all on a tatami soon.

 
Who is Rees Dale ?

Rees Dale is an editor and director he has worked on various films and television productions as an editor and within post-production and has directed many TV commercials and two recent short documentaries, The Longest Journey & My Name is Aum,

He is also a black belt in judo

He came to Judo relatively late in life (age 26). After having been a rugby player for his entire youth, injury stopped his progress into a professional rugby career. For some years after his injury, he struggled to rediscover his love for rugby but kept fit in a gym, football and then taekwondo. But he was missing something he got from rugby, probably the contact and physicality.

Then, he left his native Wales to work and found himself close to a judo club (Finndai, Helsinki) and had to join in. As he grew his career in film and television, he continued his judo journey around the world (Bombay Judo Club in Mumbai, Malta Judo Academy in Malta & now DJK in Berlin) until finally, 15 years or more later, his love of judo and film have come together with this project. 
 


samedi 8 août 2020

3 questions à Michel Conte - Episode 1

Nouveau sur le blog, je vous propose des interviews ultra courtes et collaboratives. Ultra courtes car seulement 3 questions. Collaboratives car si vous le souhaitez un deuxième épisode pourra être produit en posant vos questions ici : je pose une question. Et si vous aimez je vous invite à partager le lien de l'article sur tous vos réseaux sociaux pour faire connaître Michel, le circuit vétéran et le projet du blog cestquoitonkim. Si vous souhaitez recevoir par mail les liens vers les prochains articles cliquez sur : je m'inscris. Je vous laisse en bonne compagnie avec Michel. Bonne lecture.



Qui es-tu ? (Présent)

Je suis Michel Conte 😄

Papa de deux magnifiques garçons Florent 27 ans et Romain 17 ans, tous deux ceinture noire de Judo, et papy d'un petit Andréa depuis 8 mois qui a déjà son premier Kimono ramené de Tokyo où nous sommes allé nous entraîner en famille au mois de février dernier.

Au niveau professionnel. J'enseigne le judo depuis 33 ans au Judo club Millois, près d'Aix en Provence, et je suis éducateur sportif en Institut médico-éducatif , à l'IME Les Parons, situé à Aix en Provence depuis 29 ans.
 
Le reste du temps, je fais tout mon possible pour m'entraîner et progresser. Je participe depuis 5 ans aux championnats internationaux vétérans, et je prends ma préparation très au sérieux. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de me voir sur le tatami du pôle France de Marseille, du côté des élèves 😄.

Je fais partie du kodokan ciotaden où je m'entraîne très régulièrement deux fois par semaine et 130 kilomètres pour chaque séance. 
 
Je pratique aussi de manière régulière course à pied, vélo, musculation et crossfit. Je n'ai pas trop le temps de m'ennuyer. 
 
Sinon, j'aime bien lire. Je dévore les livres retraçant des histoires vraies, ou portant sur le développement personnel. 
 
J'ai aussi obtenu mon certificat de préparation mentale, et j'ai rejoint le rang des coachs de l'académie de la haute performance de Monsieur Pierre David, qui m'a aidé à obtenir le titre de champion du monde vétérans l’année dernière, après deux finales et deux médailles de bronze d’affilée. Je prends beaucoup de plaisir à aider les sportifs à dépasser toutes leurs limites. 
 
 

D'où viens-tu ? (Passé)

Petit marseillais, j'ai découvert le judo à l’âge de 6 ans avec mon grand-père qui m'emmenait regarder les entraînements au club situé juste en face de chez lui. Mais c'est à l’âge de 12 ans et 11 mois que mon père m'a donné son accord… 
 
Patience, frustration. Une volonté de fer s'est créée durant ces 6 ans et 11 mois. Je rejoins le judo club de Coder, devenu plus tard judo club Saint Marcel ferroviaire, sous l'enseignement passionné de Monsieur Alain Vacquier. Un compétiteur acharné, amoureux du beau judo et très généreux dans ses efforts. Mon modèle… 
 
J’ adhère tout de suite a cette activité qui me passionne littéralement. Entant que débutant, je dois participer aux cours réservés aux ceintures blanches, les mardis et vendredis. Mais les compétiteurs de mon âge s’entraînent les lundis et j’obtiens l’autorisation de changer de cours à une condition… Y venir en plus des cours de ceintures blanches. Un vrai comique ce Monsieur Vacquier. 
 
Et comme de la fenêtre de mes grands-parents j’aperçois un jour mon ami Christophe partant au club avec son sac sur l’épaule, j'apprends qu'il y a un cours pour tout petits le mercredi. 1 minute plus tard, je le rejoins et nous nous sommes entraînés tous les jours. 
 
On a un peu inventé le système de sport études à Saint-Marcel 🤣. Ensuite, j'ai intégré la section sport études de Marseille et notre professeur, monsieur Hector Marino, a réussi à nous passionner pour le Judo, mais aussi pour l’entraînement physique. Un énorme palier. 
 
Ensuite, je passe mon brevet d’état, et je ne suis plus jamais descendu du tatami. 
 
 

Où vas-tu ? (Futur)

J'irai au bout de mes rêves... 
 
Je veux tout faire en judo. M’entraîner au Japon le plus souvent possible, mais aussi dans d'autres pays où les judokas performent, comme je l'ai fait au Kosovo chez mon ami Anton Cena, un monstre physique… 
 
J'ai envie de participer à toutes les grandes compétitions vétérans, mais aussi aux championnats 3eme division, auxquels je fais des apparitions régulières. 
 
J'ai envie de gagner tous les titres que je n'ai pas encore obtenus, au championnat d'Europe et aux jeux mondiaux vétérans. 
 
J'ai envie de reconquérir les titres que j'ai déjà obtenus, comme les jeux européens, et le championnat du monde vétéran. 
 
Et après, j'aurai sûrement envie de continuer. J'ai envie d'enseigner le Judo à mon petit-fils. J'ai envie de former de nombreux élèves. J'ai envie de leur apprendre que rien n'est impossible. 
 
J'aime le judo, j'aime la compétition, je suis dans mon élément, j'y reste 😉
 
 
Bonus : le jour où Michel Conte est devenu champion du monde



Envie de poser une question à Michel pour un épisode 2, voilà le lien : je pose une question. 
 
Maintenant, sentez vous libre de partager le lien de cette interview pour faire connaître Michel, le circuit vétéran et le projet du blog cestquoitonkim. Pour être alerté des prochains articles inscrivez vous ici : je m'inscris.

samedi 11 avril 2020

Le judoka confiné - Interview de Marie


Le judoka confiné est une série d'interviews de judoka(te)s durant la période de confinement avec trois questions : en quelques mots qui es tu en tant que personne et judoka et surtout comment vas tu ? et comment se passe le confinement pour toi ? Quelle(s) photo(s) symbolise le confinement pour toi ? Un grand merci à Marie qui démarre cette série.




Bonjour amis judokas, je me nomme Marie je suis maman confinée depuis 1 mois maintenant avec mes 3 enfants sont 2 font du judo (18 ans et 14 ans ) j’habite en Alsace ou la pandémie est très active. 

Je suis l’encre du comité de notre club de judo : Arts martiaux pays de la mossig ! Fervents pratiquants de judo, de compétitions et d’habitude très actifs voici mon témoignage. 

Mon ressenti concernant le confinement est à la fois drôle et éprouvant ... Mes enfants judokas , fils ceinture noire 2D et fille ceinture marron (autant vous dire qu’il y a du boulot derrière) sont donc privés de leur activité préférée alors c’est la déprime, la frustration et pour moi ben c’est l’épreuve de se prendre régulièrement des clés de bras, des immobilisations, et pire des ippon sur le canapé, je compatis donc physiquement grandement (et mon pauvre corps s’en souviendra ) à ce moment de pause dans leur quotidien de sportifs pour qui le manque de judo est difficile mais la santé prévaut et mettons ippon à ce covid 19. 

Bon courage à tous moi je vais remettre de la pommade sur mon corps endolori jusqu’à la prochaine salve maternelle de judo 🥋 vive le judo stopper 7 fois, se relever 8 !!!! 

Merci à David pour ton engagement et ton blog qui égaye ce confinement !!!




dimanche 30 décembre 2018

Interview - François Bard

Interview de François Bard - cestquoitonkim - judo




David du blog www.cestquoitonkim.com : Bonjour François Bard. Ça me fait plaisir de te recevoir sur le blog. Tu es ceinture noire 4ème Dan, professeur de judo et entrepreneur. Je te propose de démarrer par une question simple. Que fais tu dans la vie ?

François : J’aide les athlètes et les entrepreneurs à devenir ceinture noire de leur propre vie !



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David du blog www.cestquoitonkim.com : Si tu devais définir ton parcours et ta personne jusqu'ici que dirais tu ?

François : Un parcours influencé par les rencontres, les voyages et les expériences que j’ai pu vivre. J’ai finalement fait le choix de vivre la vie qui je voulais. Transmettre ce que je ressens du Judo et aider les gens que j’accompagne à devenir la meilleure version d’eux-mêmes !

David du blog www.cestquoitonkim.com : Excuse moi ... oui ? ... dans l'oreillette une question du lecteur du blog Jean-pierre Cianfarani. Je te la livre : comment cultiver la confiance en soi ...aider à la retrouver après une blessure ou une longue absence des tatamis ou aider à la trouver tout simplement ?

François : Il n’y a pas de recette toute faite. Sinon on le saurait depuis longtemps. La confiance en soi passe par un travail sur soi et l’acceptation de se regarder dans le miroir pour avancer ou pour changer. Pour retrouver la confiance après une blessure il sera intéressant d’y travailler pendant la blessure. Que ce soit par de la visualisation ou un travail sur soi bien mené. Pour moi, il n’y a pas de hasard. Si le corps nous fait signe de ralentir, alors il est bon d’écouter ce message et de composer avec pour devenir encore meilleur.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Peux tu nous parler des outils que tu utilises dans ton coaching comme la méditation, la visualisation ... ?

François : le coaching c’est le moyen de faire émerger le meilleur chez les gens que l’on accompagne. Principalement du questionnement, de la discussion, de l’écoute avec précision. Les gens sont très rassurés d'entendre parler d'outils, de techniques mais finalement les solutions sont en eux. Mon job est de les aider à les faire émerger.


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David du blog www.cestquoitonkim.com : Tiens une autre question piège : les outils font il le coach ?

François : Chaque coach à son style. Tout comme au Judo. Il n’y a pas un bon Judo. Il y a le Judo, point. Chacun adapte le Judo à son gabarit à sa manière de bouger, à sa façon d’être.

David du blog www.cestquoitonkim.com : D'ailleurs qui accompagnes tu ?

François : J’accompagne des athlètes pro et amateurs, mais également des dirigeants et des entrepreneurs.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Excuse moi à nouveau ... oui ? Ah ok. Une question d'un autre lecteur. Bruno Blanchard demande comment rester concentré sur le combat et gérer la fatigue ?

François : Je ne détiens pas la vérité. Mais de mon expérience, le mental et les pensées laissent la place à la fatigue. Par exemple : je m’occupe d’une équipe de judoka. Lorsque certains combattent en individuel, ils peuvent parfois sembler fatigués et s’écoutent pendant le combat. Ces mêmes judokas, en équipe, sont inébranlables. La seule chose qui change c’est que cette fois-ci leur motivation est différente. L’élève à qui je pense, est un élève doué mais qui préfère les rencontres en équipes, pour les copains.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Je reviens à toi quel parcours aimerais tu avoir d'ici 10 ans ?

François : J’aimerais continuer à évoluer dans le Judo en tant que professeur et également continuer d’accompagner les gens motivés sur leur chemin de vie et pourquoi pas écrire un livre.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Aujourd'hui comment démarrer un coaching avec toi ? Je crois que tu offres un premier rendez vous de 45 min gratuit.

François : Oui c’est exact. Je mets souvent un lien dans mes posts sur les réseaux sociaux. Il suffit de cliquer sur le lien et de remplir le formulaire. Nous fixons ensemble un rendez-vous gratuit de 45’ pour faire le point avec clarté sur la situation de la personne et décider d’un accompagnement ou non. Ou alors il suffit simplement de me contacter en direct via mail ou messenger. francoisbardcoach@gmail.com

David du blog www.cestquoitonkim.com : Le code morale du judo prévoit le contrôle de soi. Des conseils pour gérer ses émotions ? Une petite astuce pratique ?

François : Une grande question. Je pense que si on tente de contrôler nos émotions, on souffre. On peut décider de ne pas les vivre, mais on se coupe de sa propre énergie. Vivre ses émotions fait partie de la vie. Maintenant, lorsque l’on est en groupe, on ne peut pas faire n’importe quoi non plus. Être énervé, ne justifie pas le fait de blesser quelqu’un.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Pour ceux qui aimerait aller plus loin sur le développement personnel tu conseillerais de lire quels ouvrages ?


David du blog www.cestquoitonkim.com : Tu conseillerais des chaînes Youtube ? D'ailleurs as tu prévu d'en faire une ?

François : J’aime beaucoup regarder et écouter les TEDx. Pour le moment je n’ai pas de chaîne YouTube ...en revanche .., entre nous, je suis en train d'en ouvrir une ;-)

David du blog www.cestquoitonkim.com : Et pour ceux qui aimeraient devenir coach tu as un conseil ?

François : Pour ceux qui aimeraient devenir Coach. La première chose à faire est de se faire coacher soi-même ou d’apprendre à bien se connaître afin d’accompagner avec une plus grande justesse les autres personnes qui feront appel à vous.

David du blog www.cestquoitonkim.com : un dernier mot pour les lecteurs du blog ?

François : Tout d’abord merci à toi, pour cette interview, c’était un plaisir. Continuez de lire le blog très riche que David met à votre disposition, c’est un régal. Et surtout continuez de partager votre passion autour de vous pour faire rayonner chaque jour de nouvelles personnes grâce au Judo ! 


Pour en savoir plus sur François Bard

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lundi 30 juillet 2018

Interview - Yoann Roch

Katan'art dojo - Judo - Cestquoitonkim


David du blog www.cestquoitonkim.com : Yoann Roch, bienvenue sur le blog cestquoitonkim.com. Tu es judoka ceinture noire 3ème dan. Tu es, entre autre, enseignant de judo et artiste - tu as notamment joué dans plus belle la vie -. Enfant tu avais 2 rêves : devenir champion olympique et ouvrir ton propre dojo. Ton premier rêve, pourtant bien engagé sur la voie du haut niveau, s'est arrêté brusquement un jour de compétition de décembre 2005. Ton second rêve, lui, est devenu réalité en 2017.

Yoann si ça te va, je te propose d'abord de nous dire qui tu es en quelques mots puis d'aborder ensemble ton 1er rêve et ta reconversion. Ensuite j'aimerais échanger sur ton second rêve la création d'un dojo. Pour terminer je serais très intéressé que tu partage avec nous ta vision martiale. Allez c'est parti ! Je te laisse te présenter aux lectrices et lecteurs du blog ;-)



Yoann : Salut David, et salut à tous. Merci de m'accueillir sur ton blog. Je me souviens il y a quelques années tu étais aux prémices de ta passion, et te voilà aujourd'hui ceinture noire avec ton blog bien en place...C'est une belle création et une belle avancée de part !

Me concernant, ça va être difficile de définir "QUI JE SUIS".! Ça fait déjà 32 ans que c'est un mystère interminable :D Alors je ne vais pas définir qui je suis via mes pratiques et les chemins parcourus, mais plutôt comme celui justement qui a parcouru ces pratiques. On va dire que je me considère comme un artiste, un créatif, un passionné des expériences qui me permettent d'évoluer...

Alors je commence le Judo à 5 ans à la MJC de Colombes, aux côtés d'Yves Ratouin qui me forma toute mon enfance. En parallèle, je joue quasiment au même moment pour le réalisateur Philippe Faucon dans son film "SABINE". Ces deux voie, l'art martial et le comédien, évoluent ensemble à partir de là. Même si pendant plus de 15 ans le Judo et la compétition prennent une place quasi totale dans ma vie.

A 14 ans je pars au Pôle Espoir de Reims, un an après au Pôle France à Strasbourg, je signe au Levallois Sporting Club qui me permet de m'entrainer en tant qu'externe à l'INSEP. Quelques mois après, en Décembre 2005, au Tournoi de Nanterre, demi-finale, je me blesse: rupture du ligament croisé au genoux gauche. A partir de là, c'est fini pour moi, je le sais, et une nouvelle vie commence....

De mes 20 ans à mes 31 ans, j'entame une vie d'aventures, de voyages et de nouvelles expériences : au début, après une belle année de rééducation au CERS de Capbreton, je n'ai le droit que de nager. Alors je passe mon brevet de sauvetage aquatique... Puis je découvre le Yoga, je m'y forme, les techniques de respirations, la préparation mentale, toutes les techniques utilisant la conscience comme outil de développement personnel, physique, psychique... Je découvre la Fondation des Études Chamaniques, de l'anthropologue Michael Harner, m'y forme également, je voyage dans plusieurs pays...De là je prends conscience de mon appel vers tout ce qui touche à l'aide aux autres. J'ai même failli être pompier de Paris, quand juste avant les tests mon genoux a lâché...La vie qui m'a dit "Hey coco ! c'est pas par là ton chemin ! Reviens par ici....!"

Je passe mon Diplôme d'État en 2007, aux côtés de Serge Feist et Patrick Vial notamment. Des mines de connaissances techniques, de l'histoire de notre art. Je plonge dans l'art martial qui m'appelle, c'est à dire avec toute sa recherche profonde et j'ai même envie de dire spirituelle, dans une pratique toute autre que celle de la compétition. Je me mets à la capoeira, à la boxe thaïlandaise, bref....j'expérimente, je découvre, je chope des pièces de puzzle à droite et à gauche pour enrichir ma pédagogie (j'enseigne dans différents clubs, y compris à l'étranger).

En 2009 je veux reprendre les arts scéniques de mon enfance, j'entre à l'ACADEMIE INTERNATIONALE DE COMEDIE MUSICALE et j'y reste 2 ans. Chant, danse, théâtre, les corrélation claires se font avec l'art martial. Au plus je me libère mentalement en tant qu'humain, au plus le combattant se libère aussi, dans le mouvement, dans l'esprit...Je joue (j'étais également sur le projet du spectacle "TRIOMPHE, UNE VIE DE JUDO", de Gilles Troulet, une pièce qui réunissait justement mes deux voies) , cinéma, théâtre, par ci par là...Je pars vivre à la Réunion, une année de remise en cause profonde, c'est là que je plonge littéralement dans la médiation (faut dire que le cadre s'y prête un peu) puis je reviens à Paris pour m'occuper encore du comédien. Mais le système ne me plait pas, je suis trop libre pour ça pour me sentir pris à la gorge. Trop de créativité à exprimer pour me cantonner à des rôles qu'on me donne.

Je commence à en avoir assez de ma vie de vagabond et je sens un besoin de structurer au sein d'un même puzzle toutes les pièces que j'avais collectionné à droite à gauche. Le "Tao" ne tarde pas à répondre, en 2017, par "hasard", Véronique Pariset (fille de Daniel Pariset), me propose de reprendre son Dojo dans les Batignolles. Revirement à 180 degrés. Grosse gifle de bonheur inattendue. Un rêve de gosse ouais. Mais comme j'aime à le dire, je m'imaginais surtout avec un Dojo dans les montagnes, à 90 ans avec ma longue barbe blanche ! Bon, c'est venu 60 ans plus tôt... Un héritage martial qui honore tout mon être. Que je reçois le plus humblement possible et avec toute la responsabilité qu'une telle tradition implique. Notre héritage martial est bien plus profond que les apparences compétitives.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Tu rêvais d'Olympe. Que s'est il passé ?

Yoann : C'est clair, je visais Athènes 2004... Et même si les plus gros résultats sont arrivés après, j'étais assez bien parti pour atteindre mon objectif quelques années plus tard, j'étais déterminé. En arrivant à l'INSEP, je me suis essoufflé : le "Judo", si je peux appeler ça comme ça, qui étais pratiqué en haut niveau (même dans les pôles France ou Espoir) n'était plus du tout en résonance avec le Judo que je voulais pratiquer, avec ses valeurs, avec sa recherche technique profonde, hors du combat "shiai" pur. J'étais loin d'imaginer les chemins que j'allais prendre à partir de là.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Qu'as tu ressenti ? Comment as tu rebondi ? Grâce à qui (personnes / organismes) ?

Yoann : Au moment de la blessure, j'ai ressenti un monde s'effondrer. C'était littéralement, je l'ai senti puissamment en moi, une page du livre qui se tournait définitivement... Et à ma grande surprise, une libération. Car les semaines qui ont suivi, j'enchainais les nouvelles rencontres, les nouvelles expériences, bref... Le guerrier déposait les armes et allait découvrir le monde. Donc j'ai rebondi naturellement, porté par cet élan de soif de renouveau, de connaitre. Le CERS de Capbreton a été un tremplin magnifique, le cadre, l'équipe, tout se prêtait à remettre sur patte aussi bien physiquement que mentalement tous les athlètes présents. C'était aussi l'époque d'une forme d'éveil à tout ce qui touchait à la spiritualité et le développement personnel. J'ai lu, lu, lu, lu et relus tous les livres qui pouvaient m'éclairer sur la connaissance de soi, le pouvoir de l'esprit, et j'en passe. Ça me fait même drôle d'écrire tout ça. Ça me replonge dans cette époque, c'était vraiment une renaissance pour moi.

David du blog www.cestquoitonkim.com : J'ai crée un groupe FB sur la question de la reconversion des sportifs de haut niveau. Question un peu tabou. Si tu avais un(e) jeune judoka(te) devant toi là maintenant qui souhaite s'engager sur la voie du haut niveau aurais tu un conseil concernant la préparation de sa reconversion (double projet ... ) ?

Yoann : Oui, c'est là un sujet majeur je pense. Parce qu'il faut bien considérer une chose: un sportif de haut-niveau est un potentiel "premier" de la nation. Si tu es second, tu auras beau être le plus grand sportif de haut niveau, tu ne seras pas sur le devant de la scène. C'est comme ça. C'est parfois ingrat. Donc, je suis partisan de "ne pas mettre ses œufs dans le même panier". C'est à dire si tu focalises ton énergie uniquement sur ce chemin, il est tellement fragile, il repose sur un fil de rasoir. Une blessure, un jour sans et tu peux te retrouver propulsé loin de la position numéro 1. Je dis ça et en même temps, tout peut aussi super bien se passer, donc je vais faire comme je l'ai toujours fais en te disant: "ECOUTE CE QUI PULSE EN TOI..." SI tu veux t'y donner à 400%...alors fonce. Tu es maître de ton chemin.

Par contre, la vie est pleine d'un tas d'autres splendeurs. N'hésite pas à expérimenter de nouvelles facettes de toi même, à les cultiver, d'autres talents, d'autres passions. Parce que si un jour un pilier flanche, tu en as d'autres qui pulsent. Voilà pourquoi ma "reconversion" a été super fluide. Parce que j'avais soif d'autres choses. Alors j'ai bu :)

David du blog www.cestquoitonkim.com : Revenons à toi, que fais tu aujourd'hui ? Tes projets artistiques / judo / autre ...

Yoann : Aujourd'hui, la vie m'a offert l'un des plus beau cadeaux de ma vie : LE KATAN'ART DOJO. J'ai passé la première année à tout structurer, mettre en place de nouvelles disciplines, faire des travaux et tout faire pour que ce lieu soit un Dojo inspirant, lumineux (dans tous les sens du terme), dans lequel, lorsqu'on entre, on se sent réharmonisé instantanément. J'y donne donc des cours de Judo, Jujitsu, méditation, Yoga, Pilates...Et d'autres surprises sont à venir. En parallèle je reçois aussi beaucoup, en dehors des heures de cours, en tant qu'astrologue. On parle de la même chose ici : maitriser l'énergie de notre vie.

Katan'art Dojo - 19 rue Nollet 75017 Paris - Crédit photo:  Sylvana Mele / vidéaste photographe


Mon travail de comédien continu à sa façon, libre et indépendante, j'ai ma chaine Youtube "YOANN T'OUVRE SES PORTES" qui a été relancée après un an d'absence. J'ai enfin trouvé ma recette: Parler Astro et enseignements spirituels (arts martiaux et autres), au Dojo, en faisant le comédien. Bon, je m'éclate.








Les objectifs, c'est développer encore plus tout ce qui se fait déjà. On n'a jamais fini d'apprendre. Donc même si je suis l'enseignant du KATAN'ART DOJO, je continue mon apprentissage martial, qui est loin, très loin d'être terminé, aux côtés de PASCAL PLÉE à "la Montagne", que tout pratiquant martial connait sûrement. Pascal, c'est un Sensei au vrai sens du terme, j'ai un respect infini pour lui. Il me transmets le Karaté, le Tai chi, le Kung Fu (Grue Blanche et Loing Poing).

Yoann Roch - Crédit photo:  Sylvana Mele / vidéaste photographe


Tu me parlais de mon 3ème Dan. Le sujet est vaste, je ne souhaite plus mettre en avant le système des grades me concernant. On en reparlera à l'occasion, mais un Dan ne reflète en rien, ABSOLUMENT rien, le niveau technique, et de compréhension profonde que le pratiquant a de son art, selon moi.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Avec plaisir pour échanger sur la question des grades ;-) Si je reviens à tes différentes pratiques martiales, remettent-elles en question certains enseignement judo, certaines techniques ?

Yoann : Si tu parles de remises en question à titre péjoratif, dans le sens "doutes", alors oui et non. Oui parce que ma façon de pratiquer un art spécifique est forcément influencée (d'une part par les autres arts martiaux, mais aussi de par les autres pratiques, que ce soit le chant, le théâtre, la danse, la musique, l'écriture, l'astro, les voyages, peu importe). Tout cela participe à des connections qui se font comme un grand puzzle qui prend forme, ou plutôt comme le cerveau lui-même. Des millions de neurones capables de s'inter-connecter les uns les autres, en combinaisons infinies. C'est pareil. Plus tu t'enrichis dans un art, plus tu peux connecter ce que tu en extraies de façon illimitée. Donc évidemment, les mouvement ultra sophistiqué du Kung Fu ou du Tai chi, l'agilité et la mobilité de la capoeira, la précision du geste en karaté et le placement, tout cela se connecte pour venir enrichir mon judo. Mon Osoto va être par exemple beaucoup plus "sophistiqué" dans son placement, dans la participation de tout le corps qu'il va entrainer, dans ma conscience du corps, dans ma respiration...

Même le salut a pris une nouvelle dimension ! Il fait partie INTÉGRANTE de mon entrainement ou de mon enseignement. Le salut, c'est DÉJÀ le début de ton cours, puisque c'est là où tu entres dans l'espace martial, un espace sacré, un espace intérieur, de partage avec l'autre. C'est pour ça que les retards, entre autres, me gonflent ! :D Si tu loupes le salut, c'est clair et net : tu loupes ton entrainement, même si tu fais l'entrainement le plus beau de ta vie. Parce que tu l'as pas "ouvert", tu es venu pratiquer "à l'arrache" comme si tu descendais au terrain de foot le soir au bas de l'immeuble pour jouer avec les potes. C'est pas ça l'art martial. Y'a un espace de pratique sacré à respecter.

David du blog www.cestquoitonkim.com : J'ai noté que tu mettais en avant l'astrologie. D'aucun pourrait penser que c'est un peu étrange. Qu'en penses tu ?

Yoann : C'est une super question, parce que j'ai moi même longtemps hésité avant de le mettre en avant. Après toutes ces années de voyages et d'expériences, je rencontre en 2014 un astrologue, loin de tous les clichés et charlatanismes à deux balles. Il me parle des mêmes énergies que je connais dans l'art martial, et utilise ce système symbolique comme un outil de connaissance de soi. Une expérience révélatrice pour moi, puisqu'un outil magistral pour développer une pédagogie propre. Il me transmet son art, j'en rencontre un autre plus âgé des années après, qui lui, me fait passer à l'appréhension des énergies...2.0 :) C'est avec lui que je continue depuis plus de 3 ans maintenant l'enseignement de cette tradition astrologique. Une tradition, soit dit en passant, tout comme l'art martial, ORALE. La méditation, les états de consciences modifiés, les états d'être viennent compléter absolument tous les arts.








Quand tu parles art martial, tu parles de maitriser ton énergie (physique, mentale, émotionnelle, psychique), quand tu parles astrologie, tu parles ...de maîtriser l'énergie. Le problème ici, c'est que cet art a tellement été galvaudé qu'on ne sait absolument rien de lui. On pense à un truc de charlatan, de voyance et de boule de cristal, bref de cliché, bien loin de ce qu'est vraiment l'astrologie, loin de toutes prédictions suspicieuse. Sans parler du truc abordé dans les magasines qu'ils osent appeler astrologie. C'est plutôt de l'astromarketing destiné à utiliser la soif de connaissance de soi des gens à des fins de business. L'art martial est un outil de connaissance de soi, l'astrologie l'est également. Les deux sont très, voir totalement connectés. Ma pratique martiale profite à ma pratique astrologique, et inversement. C'est important dans nos vies de faire des corrélations, des ponts entre nos expériences, parce que les pièces ne sont pas placés sur notre chemin par hasard, y'a un grand puzzle dans la vie de chacun, un puzzle unique.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Pour terminer l'interview, je serais ravie que tu nous partage ta vision du judo et des arts martiaux. Quelle est ta voie et quel conseil pourrais tu donner aux lecteurs du blog ?

Yoann : Le plus important selon moi, c'est de réaliser que dans "ART MARTIAL" il y a ART. Donc, on est tous des artistes. Et un artiste, c'est un créatif. Ça demande de se connaitre, c'est un art de vivre, de penser, de manger, de voir les choses, à ta façon UNIQUE. Ça implique un coté légèrement (voir totalement) rebelle aux moules tout fait qu'on nous impose...

Et c'est d'ailleurs ce qu'évoque le symbole "DO" dans juDO. LA "voie"...mais laquelle au juste ? LA TIENNE, unique, celle que personne d'autre que toi ne peut arpenter et qui fait de toi un être original et précieux. Et puis il y a aussi "MARTIAL".Ça vient du dieu MARS, dieu de la guerre, du combat, de l'initiative. Donc ça parle de venir harmoniser les instincts primaires, l'instinct agressif, naturel. Un artiste martial ,c'est censé être un alchimiste qui transforme son instinct agressif en une énergie créative pour sa vie, A l'aide de l'art, de ses techniques. On n'est plus aujourd'hui sur un champs de batailles, donc l'art martial doit être en quelques sorte un support thérapeutique holistique (qui prend en considération toutes les sphères de l'être): le corps, l'esprit, l'émotion, le mental, l'âme...

Donc en sortant d'un entrainement, si on est déglingué de partout et épuisé, on parle pas de la même pratique, voie, du même "DO" que si on ressort remplie de quelque chose d'apaisant, de dynamisant, dans lequel on a appris à se placer correctement, à travers des mouvements corrects, pour harmoniser l'ensemble de façon équilibrée... Si au bout de 15 ans tu finis avec des prothèses aux genoux ou ailleurs, c'est d'une part la responsabilité de l'enseignant qui ne t'a pas protégé à travers une pratique saine, mais pire: TU AS ÉTÉ TON PROPRE ENNEMI SANS MÊME LE VOIR...Le comble, pour un guerrier ! Donc le but, c'est vraiment que ta pratique, ton "DO", t'accompagne jusqu’à la fin de ta vie, pour prendre soin de tes outils (ton esprit, ton corps, ton être)

David du blog www.cestquoitonkim.com : Très intéressant. On nous apprends pourtant à aller au delà de la douleur pour continuer à combattre. Il est souvent fait l'apologie de tel ou tel combattant qui poursuit une compétition malgré une blessure. Est ce un apprentissage erroné ?

Yoann : Non je ne dis pas ça. La pratique de la compétition demande forcément une force mentale. Et cultiver cette force mentale est nécessaire, parce que si tu te retrouve en final des jeux olympiques mais que ton cheveu te fait mal et que tu abandonnes psychologiquement, c'est un peu dommage après 15 ans de travail acharné. Donc oui, ça demande un mental sans faille...Tout comme la guerre, c'est encore pire (enfin j'imagine, j'ai jamais eu à me confronter à un champs de bataille). Mais personnellement aujourd'hui, je ne suis plus ni compétiteur, ni soldat, c'est plus ce qui m'appelle. Donc j'ai orienté ma pratique vers ce que je recherche, ce à quoi j'aspire. Pour moi c'est clairement me remplir d'énergie vitale, développer ma créativité, adorer me lever chaque matin et me sentir dans un corps en pleine santé, souple, vif, me permettant de savourer toutes mes expériences de vie.

Mais à l'époque ou j'étais compétiteur, je m'en foutais d'avoir mal, de sortir de l'entrainement avec des nouveaux "pètes " à chaque cours. Avoir mal, c'est pas le but recherché, mais c'est juste le RAPPORT à la douleur qui n'est plus le même quand tu es compétiteur. Donc ça vient toucher au pouvoir de l'esprit sur le corps. Le problème avec ça, c'est qu'outre le fait d'avoir une part ultra judéo chrétienne de "plus tu souffres, plus tu as de mérite", ça vient en plus être appuyé par une société qui cherche à avoir mal, comme si c'était un gage de respect, on admire les gens qui souffrent. Donc non, t'as pas besoin de te bousiller physiquement pour être un champion, ça peut être fait intelligemment. Tout comme t'as pas besoin de te faire souffrir dans la vie pour mériter le meilleur. Ça c'est une croyance erronée. Et à mon sens, si déjà à 40 ans t'es blessé de partout, c'est que t'es passé à côté de ton "DO" , de ta voie, toi qui combattais le monde extérieur, à vaincre des ennemis, tu as même pas vu que tu as été TON propre ennemi pour quelques médailles. Mais chacun sa voie...

David du blog www.cestquoitonkim.com : Tu aimes certainement lire. Quelles lectures conseillerais tu ?

Yoann : Si tu voyais ma bibliothèque, tu retirerais cette quesiton !!!! :D Instinctivement comme ça pour le Judo: -"L'esprit du Judo" de Jean Lucien Jazarin -Un particulièrement qui remet d'équerre pour aller plus loin que le bout de son nez (et je parle aussi pour moi): LES CHRONIQUES MARTIALES de Feu Monsieur Henry Plée -"Zen et Arts Martiaux" de Deshimaru - Et puis celui sur lequel je suis depuis quelques mois...que j'écris...Mais ça, c'est une autre histoire hein.... ;)

David du blog www.cestquoitonkim.com : Peut-on en savoir plus sur ton projet de livre ? Tu as déjà un éditeur ? Oui forcément je suis curieux ;-)

Yoann : Alors là, je vais juste te donner une info importante. je veux pas en parler plus parce que si j'en parle, j'ai la sensation de "cramer" l'inspiration. Je préfère attendre qu'il soit déjà bien élaboré. J'ai une maison d'édition en vue, qui pourrait être partante. Une maison d'édition que j'admire beaucoup d'ailleurs. Pour l'info de taille, attention: CA PARLERA...........D'ARTS MARTIAUX !

Cours adultes Katan'art Dojo - Crédit photo:  Sylvana Mele / vidéaste photographe

David du blog www.cestquoitonkim.com : un mot de la fin pour les lecteurs ?

Yoann : Merci à toi déjà David pour ce moment de partage. Un dernier mot pour les lecteurs: Sortez des sentiers battus, allez explorer par vous même l'art martial dans sa globalité. Voyagez, découvrez, parce que l'artiste martial est en corrélation directe avec votre vie en tant qu'humain. Plus vous enrichissez l'humain que vous êtes, plus le combattant va prendre en subtilité, en finesse, en agilité, en sensibilité, parce que c'est du mouvement tout ça. Le vrai Dojo, c'est notre planète, et y'en a des randori (expériences) à vivre la dessus ! Et puis, au fond du fond, le vrai Dojo, c'est celui qu'on a dans le cœur. Alors à chacun de le nourrir...des bons encens...

Merci David, à bientôt tout le monde sur les tatamis, ou ailleurs... 

Yoann Roch - Crédit photo:  Sylvana Mele / vidéaste photographe



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