vendredi 10 novembre 2017

4L Trophy des Judokates - Interview

4L Trophy des judokates - Interview - Cestquoitonkim - Judo



Contact :
Facebook : TheFrenchTouch4L
Instagram : Touch4L
Twitter : TheFrenchTouch4L


David du blog cestquoitonkim.com : Bonjour Camille et bonjour Léa. Vous êtes toutes les deux judokates et vous allez vous lancer dans l’aventure un peu folle du 4L Trophy du 15 au 25 février 2018. Est-ce que vous pouvez m’en dire un peu plus sur vous deux et aussi ce qui vous est passé par la tête pour vous lancer dans ce défi ?

Camille : J’ai commencé le judo à l’âge de 5 ans, mes parents m’y avait inscrit car j’étais un enfant introverti. Le judo c’est toute ma vie, j’ai grandi avec, la majorité de mes amis sont des judokas, et depuis toute ma famille est impliqué de près ou de loin dans le judo ou le jujitsu. Aujourd’hui alors que le judo m’a limé les genoux je continue à toucher du doigt ce sport grâce à ma “fonction” de commissaire sportif dans le comité 92. L’esprit de compétition, d’honneur et de dépassement de soi que j’ai développée sur les tatamis lors de mes nombreuses heures d'entraînements et de compétition mon permis jusqu’à présent de réussir dans ma vie scolaire et professionnel.

Le 4L trophy est une course d’orientation à travers 3 pays - France, Espagne, Maroc -  en 4L par équipe de 2 étudiants pour aider les personnes démunis en France et les enfants dans des villages Marocains.

Léa : Pour ma part, j’ai commencé le judo à 5 ans, ma mère m’avait inscrite car j’avais beaucoup trop d’énergie à revendre, c’était sans compter les aller-retour au dojo et les journées de compétition à venir, je crois qu’elle s’en voulait un peu après ! Le Judo fait partie de ma vie, il m’a construit avec les bons et les mauvais côtés. Je ne pense pas que je serai la personne que je suis aujourd’hui sans les valeurs de ce sport et grâce aux personnes qui m’ont entouré pendant mes 13 ans de pratique, les coachs et les partenaires. J’officie depuis 4 ans maintenant en tant qu’arbitre dans le 92 ce qui m’a permis une autre vision de la compétition. Pour moi le Judo c’est une grande famille, elle a été présente longtemps pour moi et je compte l’être encore longtemps pour elle. Se lancer dans le 4L Trophy c’est comme se lancer dans une nouvelle saison de Judo, il faut se préparer et être bien entouré, peu importe le temps et l’investissement, si on atteint son but alors on a tout gagné.

David du blog cestquoitonkim.com : Camille, Léa ce 4L Trophy ça représente quoi pour vous ? Il y a un projet derrière ?

Camille et Léa : Le 4L Trophy est un moyen d’apporter notre soutien aux populations défavorisées en France comme à l’étranger. C’est la possibilité d’exporter notre passion à des populations qui n’auront peut être jamais la possibilité de pratiquer le judo si nous ne les aidons pas. Donc oui, il y a un projet derrière. Permettre aux enfants des villages marocains de découvrir un sport qui a changé nos vies et qui peut changer la leurs grâce au code moral du judo, qui nous a construit à travers des valeurs. 

David du blog cestquoitonkim.com : Camille, Léa et à titre individuel ?

Camille : Participer au 4L Trophy est pour moi une façon de me rendre utile et d’aider les autres. J’ai depuis plusieurs années l’envie de faire de l’humanitaire et contribuer à ma manière à améliorer la vie de personnes dans le besoin. Si je peux apporter aux enfants ce que le judo m’a apporté dans ma vie professionnel comme personnel ce serait une victoire ! De plus, le 4L trophy n’est pas qu’une simple course, car en amont il s’agit de plusieurs mois de préparations : mécanique, communication, commerciale… Je mêle mes compétences professionnelles à ce projet dingue qui tient mes nerfs à rude épreuve ahah.. c’est une sorte de défi personnel

Léa : Comme le dit Camille, c’est déjà un moyen de se rendre utile, on pense d’abord aux enfants là bas, comment on pourrait les aider, ensuite on pense à nous, comment bien préparer le projet. Personnellement l’idée d’aventure, de se jeter dans le désert avec une vieille voiture était aussi bien tentante ! Malheureusement, c’est un projet qui se prépare, on peut pas se dire du jour au lendemain qu’on va faire le 4L Trophy. J’ai eu la chance d’avoir ma famille pour me soutenir, ma mère à trouver la 4L et mon père a fait les réparations. Ce qui est génial car plus on est soutenu moins on doute sur la fiabilité du projet.

David du blog cestquoitonkim.com : Entre nous, comment ça se passe pour tenter l’aventure du 4L Trophy ? C’est quoi l’organisation et ça se finance facilement ?

Camille et Léa : C’est beaucoup de travail en amont, des heures au téléphone, devant son écran d’ordinateurs mais également à la rencontre des sponsors et des négociations. Nous nous sommes dispatcher le travail en fonction de nos profils et de nos disponibilités. Camille s’occupe de la communication et des sponsors et Léa s’occupe de la mécanique de la gestion bancaire et commerciale. Le financement est particulier car tout le monde ne peut pas donner et contrairement aux idées reçu ce ne sont pas les grandes entreprises qui finance le plus facilement.

David du blog cestquoitonkim.com : Ah ? Vous avez quand même des personnes qui vous aident ? Des 1er sponsors ? Des idées que vous déjà mises ou que vous allez mettre en place ?

Camille et Léa : Aujourd’hui nous avons deux sponsors dont un club de judo et des dons grâce à la vente de stylos. Nous avons réussis à faire signer l’équipe de France de judo féminine sur un T-shirt que nous souhaitons vendre aux enchères. De plus, nous venons de lancer une cagnotte sur Ulule pour permettre à chacun de soutenir notre projet. Les personnes peuvent suivre nos aventures sur les réseaux sociaux. Nous voulons organiser des tour en 4L sur les lieux de manifestations de judo pour les donateurs.

https://fr.ulule.com/the-french-touch/
>> Cliquez sur la photo pour en savoir plus sur la campagne de don (crowdfunding) <<


David du blog cestquoitonkim.com : Le fait d’être judokates vous pensez que ça va vous aider ?

Camille et Léa : Tout dépend des qualités dont nous disposons et dont nous avons besoin ! Léa n’est pas très endurante, et Camille à tout le temps faim et soif. Mais notre esprit d’équipe et de compétition avec bien évidemment le contrôle de soi seront de la parti pour réussir.

David du blog cestquoitonkim.com : En dehors de la course vous allez vivre comment ? Vous allez aussi dormir dans la voiture ?

Camille et Léa : Nous avons prévu une tente, car une 4L n’est pas très confortable. De plus, elle sera remplie des équipements et dons pour les enfants. Mais cette idée nous avait furtivement traversé l’esprit.

David du blog cestquoitonkim.com : Peut être pourrait on valider que vous allez pouvoir vivre 10 jours non stop ensemble 24h sur 24h ? Si ça vous dit je propose que toutes les deux vous vous posiez 2 questions pour encore mieux vous connaître. Les anecdotes et les clins d’œil sont les bienvenues ;-)

Camille pour Lea : Est-ce que tu parles dans ton sommeil ?

Léa : Oui, même que des fois je chante !!

Léa pour Camille : Est-ce que tu ronfles ?

Camille : Non mais je suis somnambule à mes heures perdues.

Camille pour Léa : As tu un bon sens de l’orientation ?

Léa : Oui, plus ou moins, quand il y a des routes !

Léa pour Camille : Est-ce que tu roules vite ?

Camille : Heu… Cela dépends de la vision de chacun, selon mon entourage oui un peu trop vite je ne sais pas si cela est un compliment.

David du blog cestquoitonkim.com : Merci Camille et Léa de vous être prêter à ce petit jeu. Entre le somnambulisme et le chant vous allez pas vous ennuyer la nuit ;-). En tout cas, Camille et Léa je suis sûr que ça va bien se passer pour vous. Je vous laisse peut être terminer l’interview par un message direct aux lecteurs du blog ? A vous de jouer :-)

Camille et Léa : Venez nous découvrir sur notre page Facebook ! Et n’hésitez pas à suivre nos aventures sur les différents réseaux sociaux. Si vous avez des questions et que vous voulez participer à notre projet n’hésitez pas à nous contacter ! PS : Nous sommes toujours à la recherche de sponsors pour boucler notre budget !

mardi 7 novembre 2017

Interview Franck BELLARD

Crédit photo Fabrice BOUVART (voir Interview de Fabrice Bouvart)


David du blog www.cestquoitonkim.com : Bonjour Franck. Merci d’avoir accepté cette “petite” interview pour le blog. Anciens membre de l’équipe de France de judo, actuellement entraîneur du club de Pontault Combault. Club qui s’illustre en 1ère division notamment chez les féminines. Tu es aussi formateur au sacro sein du haut niveau français : l’INSEP. D’un point de vu personnel, j’ai cru comprendre que tu étais un grand humaniste et d’après certaines de mes connaissances hyper objective je cite “un mec génial”. Nous allons parler ensemble de ton parcours, de ton rôle de formateur à l’INSEP, de ta vision du judo et de beaucoup d’autres choses vraiment très intéressantes . Pour démarrer peux tu nous livrer ton parcours de judoka de simple ceinture blanche à ta ceinture noire 4ème dan et ton engagement actuel ?

Franck Bellard : J’ai commencé le judo en 1982 au gymnase Maurice Thorez de Vitry Sur Seine. J’avais 6 ans et j’étais déjà un peu hyperactif. Mes parents m’ont amené au dojo parce que mon frère pratiquait ce sport, mais sans doute aussi pour défouler mon excès d’énergie. Je ne peux pas forcément me l’expliquer mais j’ai rapidement aimé le judo. Dans mon club de Thiais, j’ai aussi trouvé une famille et des amis ! Et puis je crois que j’étais assez doué pour le sport. Avec le recul, je pense que je sortais du lot. Je gagnais tout le temps, c’était sympa, je ne me posais pas de questions existentielles sur mon avenir ! Jusqu’en 1992, où je termine vice champion de France cadet. Je crois que c’est ce jour là que j’ai commencé à me dire que je pouvais faire de mes rêves de gloire secrets et enfantins, un projet de vie. Après c’est allé très vite… Je gagne les championnats de France cadet en 1993, puis je suis sélectionné au championnat du Monde junior en 1996. C’est cette année là que je rentre officiellement à l’INSEP. Je n’en suis jamais vraiment ressorti puisque j’y travaille encore aujourd’hui. Je n’obtiens pas de médailles en équipe de France juniors, mais je continue ma progression. A ma grande surprise, je termine 2ème au tournoi de Paris en 1998. Je rejoins le PSG de BOURAS et DOUILLET. J’intègre l’équipe de France sénior en tant que remplaçant en -66kg...Une grande fierté pour moi ! Cette année là, nous terminons 3ème au championnat du Monde par équipe. C’est l’histoire de ma vie d’athlète qui s’écrit sur cette compétition… La plus belle ligne de mon palmarès …et je n’ai pas combattu ! Cette place de numéro 2, je l’ai conservée en obtenant une deuxième médaille d’argent au premier tournoi de Paris effectué à Bercy, en 2000. Elle m’aura permis de vivre les Jeux de Sydney, en tant que partenaire et remplaçant de Larbi Benboudaoud. Après, mon histoire sportive s’est plutôt écrite à l’infirmerie. Malgré une victoire aux Jeux de la Francophonie en 2001 et une belle médaille de bronze aux universiades le même été, j’ai enchaîné les graves blessures et autant d’opérations. Entre 2000 et 2004, je n’ai pas pu participer au championnat de France, et encore moins au tournoi de Paris. C’est sans doute cette frustration de ne pas avoir pu m’exprimer pleinement qui m’a donné envie de transmettre et d’aider les générations futures à réaliser leurs rêves. Je suis donc devenu entraîneur en 2002 à Pontault … et oui, ça fait déjà 15 ans. Et dans un sport dominé par l’intuition subjective du Maquignon autant que par la main de fer du Sensei traditionaliste que sont souvent les entraîneurs nationaux, j’ai rapidement été animé par l’intention viscérale de moderniser les pratiques. Celles de la perte de poids, en écrivant un livre sur la diététique du judo et rapidement les pratiques pédagogiques. Car de mon point de vue, la pédagogie du judo de haut niveau telle que je l’observe depuis ma fenêtre détruit bien plus qu’elle ne construit. Ce que je crois, c’est qu’elle se résume à un grand rouleau compresseur duquel seuls les plus résistants survivront. Du coup, ce sont ceux là qui réussissent. En fait, j’ai rapidement fait le pari d’un modèle plus humaniste. Ce sont mes valeurs, … C’est viscéral ! Depuis mes premières lectures sur le coaching, le développement personnel ou la psychologie, je passe ma vie à explorer de nouvelles voies plus vertueuses vers le mont Olympe. C’est le sens de mon parcours… Et j’aime ça. Et du coup ça alimente mon autre passion… La formation ! Je ne suis pas à l’INSEP par hasard. Je contribue à moderniser les pratiques en m’impliquant directement dans la formation des cadres du sport de haut niveau français. Aujourd'hui je suis responsable de l’unité “formation des entraineurs” au sein du pôle formation de l’INSEP, … et j’aime fondamentalement ce métier !



David du blog www.cestquoitonkim.com : Quel est ton meilleur souvenir judo ?

Franck Bellard : J’en ai beaucoup. Sur le plan sportif, ma première finale (perdue) au championnat de France cadet. C’est mon premier succès national. Et puis il y avait mes copains de club, mes parents, mon grand frère, … j’étais fier. Le deuxième, c’est ma première médaille au championnat de France 1ère division. C’est une étape importante pour tout judoka français. J’ai pu la partager avec Thierry Dibert, qui était et qui est toujours quelqu’un d’important dans mon parcours. Le troisième, c’est sans doute ma première finale au tournoi de Paris en 1998. Là encore j’ai pu la partager avec ceux qui comptaient pour moi. Et ce jour là, j’étais sur un nuage. Tout ce que j’ai tenté fonctionnait ! Ensuite, je crois que l’été 2001 a été l’un des plus beaux de ma carrière. Je venais d’avoir mon premier enfant (j’attends 2 garçons en même temps d’un instant à l’autre) et je crois que j’ai commencé à vivre la performance avec plus de détachement. La victoire aux Jeux de la Francophonie et ma 3ème place aux universiades, c’étaient des instants extraordinaires. A pékin en 2001, j’ai vécu mes Jeux à moi. La cérémonie d’ouverture était grandiose. Et là encore j’ai partagé l'événement avec des amis qui me sont encore chers, même si je ne les vois pas beaucoup. Je pense à Guillaume Fort notamment. Je pourrais continuer encore longtemps. Les championnats par équipe avec Thiais, ma victoire à Visé en -73 après 2 ans sans compétition, le premier titre par équipe en tant qu’entraîneur en 2011, la finale au tournoi de Paris de ma femme en 2014, etc… c’est pour ça que malgré les obstacles et les difficultés que je peux rencontrer dans le judo pour contribuer à un monde meilleur, je suis attaché à mon sport. C’est bien parce que j’y ai beaucoup de souvenirs extraordinaires.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Peux tu nous en dire un peu plus sur toi en tant qu’homme ?

Franck Bellard : En tant qu’homme, je crois que ma passion tient dans ma volonté de comprendre les rapports humains et ce qui se passe dans la tête du sportif. C'est ce qui guide mon combat pour un monde meilleur. C’est peut-être utopique, mégalo, ou tout ce qu’on veut, mais ça coule dans mes veines. Du coup, j’adore lire (psychologie, philosophie, développement personnelle, communication interpersonnelle), et je lis utile ! J’adore écrire aussi. Je peux passer des heures sur un texte, à reprendre une phrase, déplacer une virgule… J’aime modéliser, analyser mon message et le partager. C’est ce que j’aime dans mes deux métiers. En fait je réfléchis tout le temps et j’aime ça. Et puis j’ai toujours besoin d’aller de projets en projets. Du coup, il n’y a pas beaucoup de place pour la musique ou autre passe temps qui ne soit pas connecté avec un projet professionnel ou personnel. Je commence à prendre du temps pour moi, et pour les miens. Je me suis mis au marathon, j’ai repris le sport, et j’essaye quand je peux de prendre le temps de voir les gens que j’aime profondément. Le problème, c’est que je m’attache rapidement aux gens !!! 

David du blog www.cestquoitonkim.com : Quel est ton rôle à l’INSEP et cela représente quoi pour toi ?

Franck Bellard : A l’INSEP, je suis entré en tant que formateur sur le BPJEPS APT. Rapidement j’ai été nommé responsable du dispositif de préparation au concours de professeur de sport. J’adore cette mission qui ressemble énormément à mon métier d’entraîneur. En fait, j’aide des gens à avoir un concours de plus en plus contraint en nombre de places. C’est un défi pour lequel je prends plaisir à accompagner les candidats. Il y a beaucoup d’enjeu. Ils jouent un métier à vie… Du coup quand ça marche, c’est une joie immense que j’adore partager avec eux. Depuis quelques mois, je suis passé responsable de l’unité formation des entraîneurs. Mon travail consiste donc à coordonner les actions de formation initiale et continue au service des actuels et futurs cadres du sport de haut niveau français directement impliqués dans la performance. C’est passionnant. Indirectement, la performance de demain se joue aussi dans les problématiques de formation des cadres. Dans cette mission, j’ai le sentiment d’agir directement au service du sport olympique français. Et puis je continue à intervenir en cours auprès des étudiants en master, des candidats du professorat, des stagiaires du DESJEPS. Je partage mon expérience, je véhicule une vision éthique, scientifique et humaniste de l’excellence sportive. Celle que je défends dans mon livre au final.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Quel est ton rôle à Pontault-Combault et cela représente quoi pour toi ? 

Crédit photo Fabrice BOUVART (voir Interview de Fabrice Bouvart)
Franck Bellard : A Pontault, j’ai commencé par entraîner…; Tout simplement. Et puis avec le temps, j’ai compris que la performance dépendait d’éléments plus larges et plus complexes que mes simples conseils technico-tactiques. Je me suis impliqué dans la recherche de financements, la construction d’un staff, les décisions du club, etc… J’ai été directeur technique, mais je n’ai plus vraiment le temps. Depuis quelques années c’est Franck Party qui a repris le flambeau. C’est un ancien élève que j’ai eu au CFA omnisports lorsque je formais les BEES judo. Et puis il est devenu mon ami, mon témoin de mariage, mon petit frère. Du coup, je me suis recentré sur mon rôle d’entraîneur, et je reste très impliqué dans les décisions du club.Le JCPC, c’est comme une deuxième famille. C’est aussi mon bébé. Je m’y suis construit en tant qu’entraîneur, mais sans fausse modestie (je n’aime pas ça) j’ai aussi contribué à en faire un grand club. Mon défi aujourd'hui, c’est de pérenniser le projet et de continuer à voir les choses en grand !

David du blog www.cestquoitonkim.com : Est-ce facile de faire financer un club de judo de haut-niveau ?

Franck Bellard : Justement non… Et c’est le défi de demain. Je crois que le judo français vit sous perfusion des finances publiques. Or ces dernières se contractent et se réduisent comme peau de chagrin. Le défi de demain, c’est bien de concevoir de nouveaux modèles économiques. Je n’ai pas de solution miraculeuse sous la main mais c’est ma plus grande préoccupation. A défaut, les meilleurs clubs de demain seront ceux qui seront passés entre les gouttes de la faillite !

David du blog www.cestquoitonkim.com : Question de Jean-Pierre Cianfarani lecteur du blog, penses-tu qu'il faille développer notre réseau de détection à travers le territoire, et si oui, doit-il être fait à partir de quel âge ?

Franck Bellard : Je suis très perplexe quand on aborde la question de la détection. Détecter c’est faire un pari sur certains. C’est souvent nécessaire. Il n’y a pas de place pour tout le monde sur le podium, dans les structures, ou même dans les clubs qui sont prêts à investir sur le potentiel d’un athlète. Mais en matière de potentiel, force est de constater qu’il est difficile de prédire la performance à 4 ou 8 ans. Ce que je crois pour répondre concrètement à cette question c’est qu’il est important de poser des critères, d’expliquer en amont les éléments sur lesquels seront fondée la détection et surtout expliquer a posteriori à ceux qui restent sur le bord pourquoi ils n’ont pas été pris, avant de leur assurer qu’il existe des itinéraires bis. Je connais trop d’exemples d’athlètes sur lesquels on a misé très tôt et qui ont arrêté le judo quelques mois plus tard. A l’inverse, même s’il en existe de moins en moins, j’ai connu des athlètes sur lesquels on ne misait pas, et qui finalement ont réussi à faire des résultats intéressants. Au final, je pense surtout qu’en matière de détection, il faut pouvoir reconnaître qu’on peut se tromper, … et donc, éviter d’être trop catégorique, en fermant des portes définitivement à ceux qui ne sont pas élus à l’instant t.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Au vu de ton expérience, aurais-tu un conseil judo pour mes lecteurs qui sont autant des judokas compétiteurs que des judokas loisirs comme moi ?

Franck Bellard : Pour moi, le judo et la compétition sont des outils extraordinaires pour entrer dans la quête de soi. Se confronter à l’autre, c’est une façon formidable de découvrir qui on est soi ! Donc mon seul conseil, c’est de considérer le judo comme une aventure, une exploration sans fin dont la finalité est peut - être uniquement de mieux se connaître pour agir dans le respect des 3 fondements du judo que sont l’entraide et la prospérité mutuelle, l’utilisation habile de l’énergie et le principe de souplesse. Bon, je sais… C’est encore un peu perché comme réponse, mais c’est ce que je ressens aujourd”hui.

David du blog www.cestquoitonkim.com : En parlant de conseil tu as écrit deux livres dont un vient de sortir récemment tu peux nous parler de ton cheminement pour aboutir à ces deux ouvrages et ton objectif en les publiant ?

Franck Bellard : Je pense avoir répondu à ces questions plus haut. Mais dans les deux cas, ces livres sont nés d’un constat qu’on pouvait faire mieux. L’un en matière de perte de poids l’autre en matière de prise en compte du mental et de l’humain dans la performance. Contribuer à la modernisation des pratiques au service de l’excellence sportive, c’est finalement le sens de mon action professionnelle et de ces deux livres.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Si on revient sur ton derniers livre à qui s’adresse-t-il ? Au judokas compétiteurs uniquement ou aux judokas dit loisir aussi ?

Franck Bellard : Mon livre entraîner autrement s’adresse à tous ceux qui veulent devenir entraîneur, ou qui le sont déjà, quel que soit le niveau et la discipline. Mon livre traite de la relation entraîneur - entraîné et de la question du mental dans la performance. A ce titre, il s’adresse à tous ceux qui veulent s’y intéresser.

David du blog www.cestquoitonkim.com : J’ai vu que la couverture avait été réalisée par Julia Ruiz (lien vers l'Interview de Julia RUIZ :) comment est née cette collaboration ?

Franck Bellard : Julia était athlète à Pontault. Elle est un exemple pour moi de réussite. Quand je l’entraînais, j’ai pu constater qu’elle ne s’épanouissait pas. Ce que je crois, même si elle était compétente voir excellente en judo, c’est que ce n’était pas sa voie, ou en tout cas pas SA zone de génie. Je l’ai aidée à en prendre conscience… enfin je crois. Aujourd’hui elle a arrêté le judo pour faire du dessin artistique et / ou commercial, et j’ai vraiment le sentiment qu’elle est dans sa zone de génie. Le fait de lui avoir demandé de faire la couverture, c’était important pour moi… Ca avait du sens. Parce que c’est bien ça qui me passionne dans mon métier. Aider les gens à se réaliser dans leur zone de génie. Quand c’est le judo, ça crée de la performance, car je suis convaincu que le développement personnel est un facteur de performance. Et quand ce n’est pas le judo, c’est tout aussi génial d’aider les gens à se consacrer réellement à leur zone de génie.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Dans ton interview pour l’esprit du judo, j’ai eu le sentiment que le bonheur était centrale dans ta démarche. Qu’est ce que le bonheur selon toi et le bonheur fait-il la performance ?





Franck Bellard : Je n’ai pas la prétention de pouvoir apporter une définition du bonheur. D’autres auteurs, chanteurs ou philosophes feront ça mieux que moi. Je crois surtout qu’en la matière, chacun a toute une vie pour s’y essayer. D’ailleurs, je pense qu’il faut beaucoup cheminer pour comprendre son fonctionnement. Je pense aussi que le bonheur, c’est d’être aligné. Autrement dit, c’est quand le lieu, l’action, les compétences, sont connectées à nos valeurs, notre identité et le sens que l’on donne à notre vie. Quand on fait ce qu’on est et quand on est ce qu’on fait. Quoi qu’il arrive, c’est sans doute un mélange de simplicité et de complexité aussi accessible que difficile à palper. A savoir si le bonheur est source de performance, je ne crois pas. Mais mon livre ne s’appelle pas “le bonheur au service de l’excellence sportive”. Il s’appelle le développement personnel au service de l’excellence sportive. Autrement dit, je ne promets le bonheur à personne dans ce livre. Je suis convaincu en revanche que le cheminement vers une meilleure compréhension de soi est un facteur de performance. Jusqu’au moment où ce cheminement nous amène à renoncer au besoin de prouver sa valeur au monde entier. Car c’est selon moi l’un des moteurs de la performance. Peut-être que dans ce cas là, quand ce besoin est moins viscéral, on peut être plus heureux (c’est mon cas aujourd'hui) mais moins performant en judo… en tout cas en tant que combattant. Je fais le pari, et ce n’est qu’un pari, qu’on est peut être plus efficace, en tant qu’entraîneur.

David du blog www.cestquoitonkim.com : J’ai aussi noté dans cette interview une forme d’opposition entre les pratiques actuelles qui seraient anciennes et d’autres pratiques dîtes modernes. Peux tu développer pour nous ton point de vu ?

Franck Bellard : Je pense avoir développé cette réponse plus haut. Mais pour y répondre plus concrètement, je citerai une étude menée en 1996 à l’INSEP auprès des entraîneurs de judo. Cette étude de Fabienne D’Arrippe explique que la pédagogie des entraîneurs experts de judo consiste à créer des situations inconfortables desquels seuls les plus résistants émergent. Pour moi le modèle pédagogique actuel du judo et de beaucoup d’entraîneurs d’autres disciplines consiste à user et abuser de la carotte et du bâton, à corriger ce qui ne va pas, à viser une perfection qui n’existe pas par nature, à être sévère, à imposer, diriger, téléguider, … bref une main de fer dans un gant de fer ! Pour moi, ces méthodes sont dépassées. En tout cas je pense qu’on en a assez abusé, et qu’il est temps de s’appuyer sur quelques études scientifiques pour faire un peu mieux en matière de préparation mentale. Parce que le risque de tout ça et je l’observe souvent, c’est que les athlètes sont davantages connectés à leur peur du bâton, la crainte de la remontrance, leur terreur de l’imperfection, plutôt qu’à leur envie de gagner, d’avancer, d’essayer, d’explorer, etc… Au final, je ne détiens pas la solution miraculeuse. Je cherche autre chose, avec la conviction qu’on peut faire mieux. Aujourd’hui je suis capable de dire que les coups de bâtons peuvent fonctionner avec des ânes… mais que tous les athlètes ne sont pas des ânes. Pour moi la bonne méthode n’existe pas. Par contre l’idée c’est d’agir en conscience, avec le doute comme moteur de la réflexion et la conviction comme moteur de l’action.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Ton approche humaniste de l’entraînement se rapproche finalement des courants de pensée actuels en entreprise avec l’émergence d’happy manager, de la responsabilisation de chacun pour libérer le potentiel de créativité source d’innovation pour notamment prendre le virage de la transformation numérique qui bousculent la société. Tentes tu finalement de passer le judo de haut niveau en mode collaboratif pour innover et le passer en 2.0 ?

Franck Bellard : J’ai découvert le coaching dans le livre de John Withmore en 2005. Ce livre montre bien que ces théories du management partent de l’entreprise, où elles existent depuis longtemps. Elles m’ont inspiré. Je me les suis appropriées pour construire ma méthode, ma vision des choses. Mais oui, en quelque sorte, c’est un peu cela.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Je ne connais pas grand chose du haut niveau je dois bien l’admettre. J’ai lu le livre “Sois champion et tais toi” d’Amélie GROSSMAN-ETOH qui dépeint une ambiance assez particulière dans les coulisses de haut-niveau. Je pense notamment aux pratiques de gestion du poids qui vont à l’encontre de la bonne santé des judokas et une forme d’instrumentalisation des judokas de haut-niveau par les entraîneurs. Le haut-niveau est il sain ?

Franck Bellard : Le haut niveau est à l’image de la société dans laquelle il se développe. Par définition, il n’y a qu’une personne sur la première marche. Il est donc source de frustrations, de jalousies, de coups bas, d’abandon, de trahisons. C’est un environnement peuplé par les meilleurs loups… Donc il est difficile à supporter pour les petits agneaux fragiles. En revanche, quelle belle aventure pour celui qui a tout donné pour essayer de réaliser son rêve ! C’est un lieu d’émotion et de passion où l'intensité est permanente ! En fait le haut niveau, n’est ni plus sain ni moins sain que la vie… Il est peut-être plus intense.

David du blog www.cestquoitonkim.com : Un dernier mot pour les lecteurs du blog ?


Crédit photo Fabrice BOUVART (voir Interview de Fabrice Bouvart)

Franck Bellard : Si le seul objectif d’une carrière est d’obtenir une médaille, alors les sportifs risquent d’être très déçus au bout du chemin. Mon pari, c’est de faire de la compétition un lieu de compréhension de soi, dans un cheminement qui ne s’arrête pas à la fin d’une carrière sportive. Cheminer vers l’excellence, pour moi, c’est mieux se connaître pour mieux trouver sa voie, sa zone de génie, son mode d’emploi pour être efficace,... c’est passionnant et c’est sans fin !

dimanche 15 octobre 2017

Votre avis sur l'organisation du Paris Grand Slam ?



A la fin de mon article "Qui est assez fou pour coordonner un tournoi de judo à plusieurs milliers de spectateurs ?" j'avais mis en place une petite enquête sur l'organisation du Paris Grand Slam (le lien ici : https://goo.gl/forms/UymkUqMh8ntHsG9F2) . L'objectif transmettre le résultat aux organisateurs pour qu'ils puissent en avoir connaissance pour la mise en place de la prochaine édition. Vous êtes plusieurs dizaines à avoir répondu (merci les amis !!!). Alors je vais faire bref et concis (si si c'est possible) pour vous faire un retour selon deux axes : l'organisation et le spectacle, ambiance et animation. 

Organisation

Les points positifs :

Plusieurs retours positifs concernant l'accueil et l'investissement des bénévoles au profit du tournoi.

Les axes d'amélioration :

Un axe important de progression semble l'organisation de l'entrée dans l'Accor Hotel Arena le matin de la compétition. Certains indiquent avoir ratés le début des rencontres. Ils proposent d'ouvrir plus d'entrée en même temps et/ou d'ouvrir plus tôt les portes pour fluidifier le contrôle sécurité. Un autre axe soumis à la réflexion est l'horaire de fin des compétitions pour les personnes venant de province. Certains des répondants à l'enquête souhaiteraient un horaire plus en adéquation avec les horaires des transports sans pour autant avoir de pistes de solution à ce stade si ce n'est réduire les temps de pause ou commencer la compétition plus tôt.

Spectacle, ambiance et animation

Les points positifs :

" L'excellent niveau de judo" en fait le "plus beau tournoi du monde" selon certains participant de l'enquête. Autre point très positif remonté à plusieurs reprise est la disponibilité des judokas de haut niveau notamment dans les couloirs de l'Accor Hotel Arena (Bercy). L'animation du dimanche est aussi apprécié notamment quand Teddy Riner est présent. 

Les axes d'amélioration :

Certains judokas venus aux anciennes éditions du tournoi regrettent l'absence du village " où nous pouvions acheter des kim dans des grands stands" et souhaiteraient "un village dans le hall d'entrée". D'autres évoquent la questions des boutiques dans les coursives. Elles " sont peu nombreuses et celles présentes on généralement peu de choix" d'après les retours. D'autres estiment qu'ils manquent d'animation pour les enfants.

Concernant la disponibilité des judokas certains aimeraient la mise en place de stand " Peut être ouvrir des "stands" avec nos judokas pour des autographes comme on peut le voir en fin de journée des "mercredi de l'équipe de France". D'autres proposent d'offrir éventuellement contre paiement la possibilité d'aller en salle d'échauffement.

Certains indiquent des difficulté de visibilité dans les premiers rang. "au premier rang on ne vois pas grand chose surtout au ne waza obligé de regarder l écran du haut", "on aimerait voir le combat et éviter un mur fait avec 2 coach, un arbitre vidéo, un cameraman, un aide cameraman."

dimanche 24 septembre 2017

57 façons de marquer un ippon !

cestquoitonkim - 57 façons de marquer un ippon

Par Jean-Pierre CIANFARANI
ceinture noire 1er dan, ancien président du Judo Club Nord Isère (Facebook : JCNI) et ami notamment du Judo club des Barbarians  (Facebook : JCB)

Mention du blog : cet article fait l'objet d'un partenariat avec les éditions @mphora. La précédente édition du livre est ressortie de l'enquête sur les livres judo de référence. Jean-Pierre a eu carte blanche pour écrire son avis et la maison d'édition a eu connaissance de son opinion avant publication pour pouvoir, le cas échéant, faire valoir un droit de réponse. Bonne lecture !



Je vais, aujourd’hui, vous présenter « Techniques de Judo ». Cet ouvrage, fraichement rééditer aux éditions @mphora, a été réalisé par Frédéric DEMONTFAUCON (7ème dan) et Stéphane WEISS (journaliste et écrivain). Je dois également préciser que l’avis qui est donné dans cet article n’engage que moi, et exprime la perception que j’en ai eu après sa lecture.

Présentation :
Cet ouvrage est normalement destiné à un public novice ou initié, de la ceinture blanche à la noire, et traite 57 techniques du Gokyo, en passant par les projections, les immobilisation et les armlock. Les illustrations sont représentées par des compétiteurs Français connus et pour certains encore dans le circuit international. Nous retrouvons Pénélope BONNA, Automne PAVIA, Elena BENARD, Ugo LEGRAND, Benjamin DARBELET et David LAROSE. Les techniques sont expliquées en détail en passant par les phases de préparations, de mise en déséquilibre et d’exécution (Tsukuri Kuzushi et Kake pour les puristes). Un complément intitulé « les conseils du maitre », expliqué par Frédéric Demonfaucon, est donné pour éviter les pièges ou pour rendre les techniques plus efficaces. Il faut cependant, une connaissance de la pratique du combat pour assimiler ces analyses. Un lexique en fin d’ouvrage vient compléter les termes nippons précédemment traités.

Mon Avis :
Je trouve cet ouvrage bien réalisé et assez clair, avec de bonnes illustrations, mais cependant, un peu veillissant à mon goût. Par exemple, pour certaines techniques, comme « Sukui-nage » ou « Te guruma », les indications relatives à l’exécution de ces projections en compétitions, ne sont plus d’actualité. En effet, il faut savoir que selon le règlement d’aujourd’hui (2017-2018), la saisie du pantalon sur contre, n’est plus autorisée en compétition, et qu’elle est sanctionnée systématiquement par un « Shido » puis « hansoku make » sur récidive. Il aurait été préférable, par exemple, de présenter à la place « Uki Otoshi » (non démontré dans ce fascicule), afin d’avoir la panoplie complète pour la réalisation du nage no kata. Il manque également, selon moi, un petit résumé sur l’histoire du Judo et de ses fondateurs, puisque ce livre peut être consulté par des non initiés.

En conclusion :
Cette œuvre demanderai à être réactualisée sur certains points, comme les explications de techniques abordées dans un contexte compétition. Un complément sur la culture Judo viendrait étoffer le contenu afin d’apporter une vue d’ensemble de la discipline pour le lecteur. Je recommanderai ce livre mais juste pour venir compléter et renforcer la bibliothèque et le perfectionnement du judoka, mais pas pour un débutant, car les explications demandent quand même une connaissance de la pratique Judo.

samedi 2 septembre 2017

La trousse de soin indispensable du judoka

cestquoitonkim - judo - judogi

par Eric GUILLOUSSOU, cadre infirmier de santé.
Judoka au 54 R.A. dojo des palmiers - www.54-ra-dojodespalmiers.fr - Page Facebook 54 R.A. dojo des palmiers


Un sport de combat comme le judo peut être générateur de blessure. Ainsi tout judoka devrait avoir avec lui une trousse de soin afin de parer à une éventuelle blessure. Voici la tout ce que vous avez voulu savoir sans jamais avoir osé le demander !

Il semble inévitable que le judoka compétiteur ou le pratiquant « loisir » se blesse à un moment ou à un autre (entrainements, shiaï, compétitions, stages ...). C'est d'ailleurs arrivé à David le créateur de ce blog. Il en parle en introduction de son article sur la ceinture noire (voir son article La ceinture noire est proche ... Vive la ceinture noire !).

Très souvent peu grave, la blessure doit quand même être prise au sérieux pour éviter une aggravation ou plus simplement pour éviter de nous tenir éloigné des tatamis.

Effectivement si un hématome ou une épistaxis (« saignement de nez ») ne devrait pas nous empêcher de revenir au prochain entrainement, une foulure, une entorse ou une déchirure musculaire pourront freiner ou même stopper notre saison.

Il est donc indispensable que les clubs et les judokas puissent avoir une trousse de soins adaptée à la pratique de notre art. Je vais me concentrer aujourd’hui sur la trousse du judoka et vous proposerai un nouvel article sur celle du club un peu plus tard.

La meilleure trousse de soins sera celle qui est la plus adaptée au judoka. Elle sera donc personnelle (traitement personnel pour l’asthme par exemple) !

Toutefois des « indispensables » sont nécessaires pour la constituer.

Pour la réaliser un faut se demander : de quels types de blessures je risque d’être victime sur un tatami ?
  • Coup/hématome
  • Epistasie
  • « doigts dans l’œil »
  • Coupure/saignement
  • Frottement/brulure
  • Ongle retourné/cassé
  • Crampes « Petit malaise vagal»/hypoglycémie
  • Foulure/entorse/luxation/fracture
Voici les principaux problèmes que nous pouvons rencontrer. Maintenant il faut réaliser sa trousse en fonction des risques potentiels.


Risque de blessure Matériel et médicament sans prescription Médicament sans ou sur prescription
Coup/hématome Bombe de froid, ou vessie de glace, ou poche de froid instantané. Pommade anti hématome, Granule homéopathique d’Arnica.
Epistasie Mèche hémostatique, ou coton. Coalgan.
« doigts dans l’œil » Sérum physiologique (unidose de préférence. Collyre spécifique uniquement après une consultation ophtalmologique.
Coupure/saignement Sérum physiologique (unidose de préférence, Désinfectant (unidose de préférence), Compresses stériles, Pansement à couper, Ciseaux bout rond, Pansement de suture (Type trip).
Frottement/brulure Corps gras + compresses stériles + pansement ou bande. Tulle gras
Ongle retourné/cassé Ciseaux bout rond, Coupe ongle
Crampes
Granule homéopathique de Cuprum metallicum
« Petit malaise vagal »/hypoglycémie Sucre en morceau ou en poudre (en emballage individuel de préférence), ou pâte de fruit, ou compote liquide en gourde.
Foulure/entorse/luxation/fracture Bande adhésive, Echarpe triangulaire, Couverture de survie. Tensoplast, Anti douleurs (pas aspirine) prescrit par votre médecin traitant.


Les mots soulignés sont mes préférences mais rien ne vous empêche de choisir autre chose !!! Pour compléter ce tableau il est nécessaire d’ajouter : 

  • Des gants à usage unique (de préférence non poudré)
  • Un gel hydro-alcoolique
  • Des petits sacs qui peuvent servir de poubelle (nous ne sommes pas toujours dans notre dojo, il faut donc penser à évacuer les déchets).
  • Du sparadrap (cela sert toujours, et à plein d’autre chose qu’à soigner !!!)
  • Et bien sûr un contenant pour mettre tout le matériel. Le mieux étant une trousse de soins « repérable » (souvent rouge avec une croix blanche) mais cela n’est absolument pas nécessaire car je vous rappelle que c’est votre trousse de soins. Ainsi une trousse de toilette ou une boite plastique par exemple peut très bien faire l’affaire.
  • Dans la panique l’on peut avoir des « trous de mémoire », ainsi je vous conseille d’imprimer, de compléter et de mettre dans votre trousse ce petit tableau.


Urgence vitale = SAMU 15
Urgences (non vitale, feu etc) = pompier 18 ne pas raccrocher avant que l’opérateur vous invite à le faire.
Appel d’urgence international 112
Médecin proche du dojo
Responsable du club (président)
Sensei
Responsable du local (gardien, mairie...)




Rappeler vous que la meilleure trousse de soins est celle que l’on connait et dont l’on connait l’utilisation du matériel qui la compose. Il vous convient donc de compléter si besoin cette première liste en fonction de vous et de vos besoins.

Il est aussi à noter que certains matériels peuvent servir en prévention. Comme le sparadrap (s’attacher ou se renforcer les doigts), les bandes adhésives (pour les straps) ou les granules homéopathiques pour une séance qui va être « physique ».

Un dernier conseil pour votre trousse de soins vérifiez régulièrement les dates de péremption, car elles ont tendance à vite arriver ! Ce qui est bon signe car cela signifie que nous n’utilisons pas ou très peu notre trousse !

samedi 22 juillet 2017

Les Livres judo de référence




Le judo, comment progresser sur la voie de la souplesse ? Comment faire siennes les forces extérieures en profitant de cette éducation du corps, de cet enseignement des techniques et but suprême de l'élévation de l'esprit. Là vous vous dites, il a fumé quoi pour nous parler d'élévation de l'esprit ? Promis je n'ai pas fumé les livres dont je vais vous parler (façon d'écrire ;-). C'est juste le fruit d'un travail et d'une réflexion menée avec certains d'entre vous à propos des livres de références judo - merci infiniment pour votre contribution. Cet article s'appuie en effet sur une enquête en-cours auprès de vous pour lister les ouvrages judo de références. L'article pourra donc s'enrichir et évoluer en fonction de vos différents retour. D'ailleurs voilà le lien de l'enquête : enquête ouvrages de référence judo. Et pour revenir au point sur l'élévation de l'esprit je fais référence ici au triptyque Shin Gi Tai que je vais utiliser par la suite pour éclairer sur le contenu des ouvrages. Pour l'anecdote je cherchais une typologie pour classer les moyens de progresser en judo. J'avais presque défini une typologie quand ... Lors d'une discussion dans le groupe Facebook ceintures noire de judo une personne m'a parler du triptyque Shin Gi Taï.

Shin représente l'esprit, selon mon interprétation de non expert ce terme recouvre différentes facettes de la pleine conscience à l'amélioration du mental en passant par l'apprentissage des valeurs qui encadre la pratique martiale. Le code moral illustre bien ce dernier volet. Les livres sont alors des guides menant à une réflexion plus évoluée, à une remise en question, à une progression.

Gi relève de la maîtrise des techniques. Certains d'entre vous diront rien ne vaut le travail dans un dojo : uchi komi, nage komi, randori ... Bien d'accord ! Les livres sont cependant un bon complément pour prendre du recul et étudier de petit détails que l'on a pas vu dans le feu de l'action ou avoir le déclic sur un geste. La richesse du cerveau humain permet, je pense, de faire un travail de visualisation mentale en fonction d'écrits. Ensuite, c'est l'affaire de chacun. Nous avons tous des sensibilités différentes.

Dernier point du triptyque : Taï. C'est le corps. Comme le dit l'adage : un esprit sain dans un corps sain. Ça me parle bien. J'ai beau travailler le Gi avec mon prof (le senseï) je suis assez vite essouffler. Le cardio il faut bosser le cardio... ;-) Connaître ses techniques, ses enchaînement n'est pas suffisant. Il faut avoir la caisse. Il faut aussi pouvoir prévenir les blessures. Bref notre corps véhicule de notre vie est à entretenir. Et le Taï évoque justement cet axe de travail alliant préparation physique et nutrition. Entre nous je suis loin de maîtriser cet axe. Vous me direz c'est guère mieux pour les autres axes. Là je parle pour moi.

J'ai du boulot ... Et quelque part tant mieux, le chemin à parcourir est plus intéressant que le but. La perfection n'existe probablement pas. Alors, pour nous aider à progresser voilà une liste de livres qui évoluera en fonction de nos lectures par le biais du questionnaire en ligne : enquête ouvrages de référence judo. Merci à tous ceux qui ont participé. 

N'hésitez pas à remplir le questionnaire si vous ne retrouvez pas la référence d'un livre important. Pour vous éviter de passer des heures à chercher les livres - je parle en connaissance de cause -  j'ai mis des liens vers amazon. En toute transparence, ce sont des liens affiliés. Pour plus d'information sur l'affiliation j'en parle dans mon article 28 idées de cadeaux pour un judoka qui a déjà tout.. Pour vous ça ne change rien, pour moi ça peut peut-être financer la blog (oui je sais je rêve un peu :-) Après aucune obligation de passer par les liens mis à disposition. Vous êtes libre.

Dernier point, si vous avez des informations en plus (liens pour les livres difficiles à trouver, avis ...) ça me fera plaisir de lire vos commentaires.

Voilà j'espère que ce petit travail sera utile à tous. Il ne me reste plus qu'à vous souhaitez une bonne lecture !

Note : sur certains navigateurs il faut enlever la protection contre le pistage pour que les images des livres s'affichent (là c'est technique, j'ai pas trop de solution ...)

LivresTypeCe que vous en pensez (verbatim issue de l'enquête)
GiJudo pratique : Du débutant à la ceinture noire
Livre le plus cité dans l'enquête à ce jour

Techniques détaillées / C'est une bible / Une bonne introduction au judo dans son ensemble / Un visuel sur les techniques et principes du judo. Un historique du Judo complet / Aide mémoire / Super ouvrage qui donne un point sur l'histoire, assez complet. Précise comment faire les Ukemi, les différentes progressions et réalisation de chaque technique (Tsukuri, Kuzuchi, Kake) ainsi que différents enchainement selon la direction des forces de l'adversaire.
Shin
L'esprit du Judo : Entretiens avec mon maître
Deuxième livre le plus cité

Entre Philo et histoire du judo en France / Si l'on veut comprendre la spiritualité, l'esprit des budos / Pour comprendre le judo authentique et pas celui pratiqué en compétition.
ShinLe judo école de la vie
Troisième livre le plus cité

Excellent livre sur le Judo et l'attitude du Judoka au Dojo et dans la Vie. / Pour ceux qui recherche ce que le judo peut apporter au quotidien / Entre Philo et histoire du judo en France
Shin
Gi
Taï
Judo Kodokan : la bible du judo
Quatrième livre le plus cité

La bible / Il est peut-être un peu chère mais c'est le livre le plus complet que j'ai pu lire jusqu'à présent. / Ce livre est essentiel,il nous apprend les formes pures des techniques de judo. C'est une référence absolue, l'ouvrage à posséder absolument dans sa judothèque. Il va "puiser aux origines de l’art la pureté pour réunir le tout en une véritable encyclopédie de cet art". Il nous apporte tout le savoir technique nécessaire,et nous rappelle que le judo est avant tout un art martial,la voie de la souplesse,un juste rappel pour ceux qui comme moi ont tendance à s'éloigner de l'esprit initial du judo en pratiquant une forme de lutte habillée,avec un mauvais usage de la force.Par cet ouvrage,en travaillant nos techniques avec la forme de corps la plus parfaite,on se rend compte qu'un poids léger peut très bien faire tomber un poids lourd.
TaïLa prépa physique judo
Cinquième livre le plus cité - Une nouvelle édition va prochainement sortir

Ce livre m'a permis de m’interroger sur la finalité des entrainement musculations / Une autre approche de la musculation et du conditionnement physique spécifique au judo
GiLe judo vivant
Sixième livre le plus cité - Un livre a priori difficile à trouver

Très bonne explication / Beaucoup de formes techniques et principes
ShinL'essence du judo
Septième livre le plus cité

Il m'a permis de comprendre que le Judo était une méthode complète d'éducation; physique et morale. toutes les valeurs véhiculées dans le JUDO trouvent des applications dans la vie quotidienne.
ShinMiyamoto Musashi : Maître de sabre japonais du XVIIe siècle
Cité une fois
GiJudo Kata : Les formes classiques du Kodokan 
Cité une fois - Livre difficile à trouver
GiLe Grand livre des techniques de judo
Cité une fois - Livre difficile à trouver
ShinShin : Ethique et tradition dans l'enseignement du judo
Cité une fois

Une meilleure compréhension du monde du Judo, du Judo traditionnel et de la Culture Judo
GiLe judo du Kodokan
Cité une fois - Livre difficile à trouver

ShinLe judo, son histoire, ses succès
Cité une fois - Livre diffcile à trouver

Le livre résume parfaitement l'histoire du judo, il a amélioré mes connaissances.
GiLe guide Marabout du judo
Cité une fois - Livre difficile à trouver
Shin
Gi
Taï
What is judo ?
Cité une fois - Livre difficile à trouver
ShinLes racines du judo français : Histoire d'une culture sportive
Cité une fois - Livre difficile à trouver
GiPassion Judo : 80 techniques en images pour perfectionner son judo 
Cité une fois - Livre difficile à trouver
GiJUDO CHAMPION. Les techniques du succès au sol
Cité une fois - Livre difficile à trouver
Gi Judo pour nous, ceinture noire
Cité une fois

Livre de base de tous les débutants et qui continue d'être unique
GiJudo pour nous, ceinture bleue, ceinture marron
Cité une fois

Livre de base de tous les débutants et qui continue d'être unique
GiJudo pour nous, ceinture orange, ceinture verte
Cité une fois

Livre de base de tous les débutants et qui continue d'être unique
GiJudo pour nous, ceinture orange, ceinture verte
Cité une fois

Livre de base de tous les débutants et qui continue d'être unique
ShinLe livre du thé
Cité une fois

Pas de lien direct avec le Judo, mais avec l'esprit des samouraï
Gi
Judo
Cité une fois

Chouette livre car souvent des techniques de judo qu'on ne trouve pas dans les livres classiques et Emmanuel Charlot écrit le magazine l'esprit du judo Jane Bridge est également une grande judokate . Je les apprécie tout les 2 car ils représentent énormément l'esprit du judo.
ShinJudo, Budo et Tradition / la Voie et Ses Degres
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Énormément d'informations sur les traditions du Judo, la signification des différents aspects du Judo (pourquoi le Judogi est blanc, pourquoi salue-t-on ainsi) ainsi que sur la philosophie du judo. Sans oubliez plusieurs anecdotes très intéressantes
ShinLa pierre et le sabre
Cité une fois

Du plaisir, de la culture et une bonne réflexion sur le DO
ShinLa fabuleuse histoire des arts martiaux
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Culture générale sur les arts martiaux et leurs racines
GiMa méthode de judo
Cité une fois - Livre difficile à trouver 

Pour l'implanter en France, M. Kawaishi a adapté le judo aux Français, notamment par le nommage et la classification des techniques, la graduation des kyus, etc. Ce livre décrit cette approche nouvelle de cette période.
Shin
Gi
Judo
Cité une fois - Livre difficile à trouver 

Excellent livre technique, Maitre Abe y livre également son point de vue sur le judo a plusieur moment.
GiLe judo par ceinture, tome 1 blanche jaune
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo par ceinture, tome 2 orange verte
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo par ceinture, tome 3 bleue marron
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo par ceinture, tome 4 Judo féminin
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo supérieur, tome 1
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo supérieur, tome 2
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo supérieur, tome3
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo supérieur, tome 4
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiLe judo supérieur, tome 5
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
Gi
Ne waza fondamental et dynamique, tome 6 
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
Gi
Ne waza : Tome 7, Shime waza (les étranglements) Kwansetsu waza (les clés) 
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiNage No Kata - Kime shiki (Judo) 
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiKATAME NO KATA - KODOKAN GOSHIN JITSU
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiKime No Kata (Judo) 
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.
GiKoshiki no kata : forme antique 
Cité une fois - Livre difficile à trouver

Absolument passionnant et intense autant pour la technique que pour l'état d'esprit.