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samedi 26 septembre 2020

Obligations et trousse de soins du club

 



par Eric GUILLOUSSOU, cadre infirmier de santé.
Judoka au 54 R.A. dojo des palmiers - www.54-ra-dojodespalmiers.fr - Page Facebook 54 R.A. dojo des palmiers
 

La sécurité des judokas est une idée presque obsessionnelle des clubs. Afin de limiter les risques sur les tatamis : la formation et la prévention sont de rigueur. Ainsi les clubs, à l’instar du judoka doivent posséder une trousse de soins adaptée.

Les clubs de judo ont des obligations réglementaires en matière de sécurité et de détention d’une trousse de soin.

Code du sport Art. R322-4 :

« Les établissements d’activités physiques et sportives doivent disposer :
- d’une trousse de secours destinée à apporter les premiers soins en cas d’accident ;
- d'un moyen de communication permettant d’alerter rapidement les services de secours ;
- d'un tableau d’organisation des secours (comportant les adresses et n° de téléphone des personnes et organismes susceptibles d’intervenir en cas d’urgence). »


Ainsi il convient pour le club de réaliser un tableau récapitulatif des adresses et numéros de téléphone des secours. Le meilleur affichage reste à proximité immédiat du téléphone. 
 
 
Urgence vitale = SAMU 15
Urgences (non vitale, feu etc) = pompier 18 ne pas raccrocher avant que l’opérateur vous invite à le faire.
Appel d’urgence international 112
Médecin proche du dojo
Responsable du club (président)
Sensei
Responsable du local (gardien, mairie...)


 


Il sera bon de mettre un aide-mémoire, une main courante et un crayon à côté du téléphone.

Voici un exemple d’aide-mémoire :

« Bonjour, je m’appelle....... (vous pouvez ici indiquer si vous êtes secouriste ou soignant par exemple) Je vous appelle du dojo .... à l’adresse suivante ........ pour ..... (nombre) victime(s). Mon numéro de téléphone où vous pouvez m’appeler est le : .............. (inscrire ici le numéro avec le poste que vous appelez) »


Puis décrivez les circonstances de l’accident et si la victime prend un traitement médicamenteux (si vous le savez).

Donner un bilan vital :
- la personne est consciente ou non ?
- respire-t-elle ou non ? A quelle rythme (rapide ou lentement).
- fait-elle un bruit particulier en respirant ?
- avez-vous ou non un pouls ? Si oui à quel endroit (poignet, gorge ou creux de l’aine) ? Quel est sa fréquence par minutes (ex : 84 battements par minutes).
- etc.

Donner un bilan lésionnel :
- le rachis est-il, ou semble-t-il, touché ?
- présence ou suspicion de fracture ? Où ? Voyez-vous l’os ?
- la victime présente-t-elle une hémorragie ?
- se plaint-elle de douleurs ? si oui où ?
- etc

Indiquer les premiers gestes effectués (couverture de survie, déplacement, immobilisation, compression...)
Indiquer quel matériel vous avez à votre disposition : trousse de secours, défibrillateur, brancard, etc.

Et surtout deux grands principes :
- RESTER CALME,
- DEMANDER TOUJOURS LA PERMISSION AVANT DE RACCROCHER (si les secours ont besoin de renseignements complémentaires ils vous poseront des questions, c’est pour cela qu’il ne faut pas raccrocher avant leur autorisation).

Si vous avez un peu d’expérience ou si vous y pensez il est bien de noter sur la main courante les actions que vous avez menées (heure de l’accident, gestes effectués, heure d’appel des secours, consignes particulières des secours, etc).

De plus en plus de structures sportives possèdent un défibrillateur externe automatique (D.E.A). Mais qui peut l’utiliser ?

Voici la réponse réglementaire :

Arrêté du 6 novembre 2009 relatif à l’initiation des personnes non médecins à l’utilisation des défibrillateurs automatisés externes.
Art. 1er − L’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe par des personnes non médecins en cas d’arrêt cardiaque repose sur des gestes simples pour lesquels une initiation courte et pratique est de nature à augmenter le taux de survie des victimes. 
Art. 2. − Cette initiation, non obligatoire, a pour objet l’acquisition par la population des connaissances nécessaires à :
- identifier les signes permettant de reconnaître un arrêt cardiaque ;
- réaliser, auprès d’une victime d’un arrêt cardiaque, les gestes permettant d’augmenter les chances de survie.
 
Pour résumer toute personne, même non médecin ou non secouriste, peut utiliser un défibrillateur externe automatique (D.E.A), mais une formation non obligatoire augmente considérablement le taux de survie d’une victime en arrêt cardio-respiratoire. Je ne peux que vous conseiller de faire cette initiation !!!!

Après cette partie concernant les obligations des clubs de judo intéressons-nous à la trousse de soins.
 
Pour les clubs nous allons trouver sensiblement la même composition que pour la trousse personnelle du judoka, mais en volume plus important.
Toutefois cette trousse de devra pas comporter de médicament (car la réglementation pour les établissements accueillant des mineurs est formelle : seul une prescription médicale permet la délivrance d’un médicament à un mineur).

Nous retrouverons donc :

Protection et hygiène
  • des gants à usage unique (de plusieurs tailles de préférence)
  • des sacs permettant de récupérer les déchets
  • un gel hydro alcoolique et/ou un savon (si un point d’eau se trouve à proximité du tatami)
Pansement
  • sérum physiologique en unidose
  • désinfection en unidose et de préférence non coloré
  • compresses stériles (par paquet de 2 à 5)
  • pansement de différentes tailles (ou en bande à couper)
  • bande adhésive (de différentes largeurs car il faudra penser aux straps des doigts, genoux, cheville ou poignet par exemple)
  • sparadrap
  • bande en crêpe de type velpeau (r)
  • un corps gras pour les brulures (type tulle gras (r))
Saignement
  • mèches hémostatiques
  • compresses
Coup et hématome
  • vessie pour la glace (attention à ne jamais appliquer directement la vessie de glace sur la peau)
  • bombe de froid (respecter une distance de 15 à 20 cm avec la zone à traiter
  • poche de froid instantané (même recommandation que pour les vessies de glace)
Matériel
  • couverture de survie
  • écharpe triangulaire
  • une paire de ciseaux à bout rond
  • pince à écharde
  • attelle de cheville et de genou si possible
  • brancard si possible
Divers
  • sucre en poudre ou en emballage individuel
  • mouchoirs en papier
  • tableau des numéros d’urgence et utiles


Bien évidemment il faudra mettre l’ensemble dans un sac ou une boite assez grande et réservé uniquement à cet usage et rapidement identifiable.

Je conseille le sac ou une valise qui peut être emmené en compétition par les responsables du club par exemple.

A votre guise de compléter cette trousse pour la rendre plus efficace encore.

Il convient de vérifier régulièrement les péremptions et donc de s’astreindre à inspecter de manière périodique l’ensemble des matériels.

Pour rendre la tâche plus facile et plus rapide vous pouvez faire un tableau avec une colonne produit et en face une colonne avec la date de péremption inscrite au crayon à papier. Cela vous permets donc de voir rapidement quel matériel ou produit est périmé. Une fois remplacé dans la trousse il vous reste à changer la date dans le tableau.

En espérant que maintenant que vous avez une belle trousse de secours, elle restera dans un placard du dojo !

vendredi 4 septembre 2020

3 étapes pour retrouver la motivation après un échec !



3 étapes pour retrouver la motivation après un échec ! Dans les paragraphes qui suivent, je te propose une stratégie pour retrouver ton envie et ta motivation après un échec.

Après une compétition pénible, un passage de grade raté, une évaluation d’arbitrage laborieuse, tu as peut-être perdu l’envie et la motivation nécessaire pour te relancer de nouveau dans ce challenge.

Et c’est normal !

Grâce à l’article que je te propose, tu vas pouvoir réfléchir sur les causes de cet échec. Puis je vais t’aider à trouver les raisons qui t’ont poussé à te lancer ce défi et tu vas raviver la flamme qui sommeille encore au fond de toi en construisant une stratégie à toute épreuve.

Cet article est proposé par Anthony Satizelle du Blog Fort dans la Tête, qui traite le sujet de la préparation mentale dans le sport. Anthony est un judoka du nord de la France, il est ceinture noire 3ème dan, professeur de Judo, titulaire d’un DESJEPS Judo, Jujitsu. Il est également préparateur mental pour des judokas de différents niveaux, mais aussi dans des d’autres disciplines. Il est titulaire d’un Master en Entrainement et Optimisation de la Performance Sportive.

1ère étape: A quoi attribues-tu cet échec?

Selon ta personnalité, tu as besoin de plus ou moins de temps pour accepter un échec et être prêt à te remettre en question. Cela dépend aussi des causes auxquelles tu l’attribues.

En 1958, le psychologue autrichien Fritz Heider met en place un modèle permettant d’attribuer un résultat à 4 causes. Selon lui, deux de ces causes font partis des forces personnelles ou internes d’un individu. On y retrouve la propre compétence du sportif et son effort. Tandis que les deux autres causes font partis des forces de l’environnement (soit des causes externes). Pour plus d’informations sur le modèle de l’attribution causale, tu peux lire cet article.

Alors, dans ton cas, de quoi s’agit-il ?

Dans un premier temps, pose-toi la question suivante :

Avais-tu évalué(e) de manière juste la difficulté de la tâche qui t’attendait ?

Crédit photo Fabrice BOUVART (lire l'interview du judoka photographe)
 
Les réponses aux questions suivantes sont soit OUI ou soit NON.

Si la réponse est NON, et bien désormais tu sais ce qu’il t’attend. Alors, je t’invite à réfléchir à une nouvelle stratégie en prenant en compte les différents facteurs à développer. Tu peux aussi réajuster ton objectif, peut-être était-il trop élevé… Peut-être n’as tu pas pris suffisamment de temps pour développer les compétences nécessaire pour atteindre l’objectif.

Si la réponse est OUI, alors cherchons des indices dans la question qui suit:

Avais-tu les compétences pour atteindre ton objectif ?

Si la réponse est NON, et bien voilà tu n’étais tout simplement pas prêt. Maintenant que tu connais la difficulté de la tâche, tu as besoin de t’entraîner de nouveau afin d’améliorer tes compétences. Lorsque tu seras au niveau, tu auras augmenté tes possibilités d’atteindre ton objectif.

Si la réponse est OUI, alors tu aurais pu atteindre ton objectif car tes compétences et la difficulté de tâches sont des causes stables. Alors, voyons du coté des causes instables de l’attribution d’un résultat sportif. C’est-à-dire l’Effort et la Chance.

As-tu fait les efforts nécessaires afin de donner ton maximum le jour J ? Aussi durant ta phase de préparation?


Si la réponse est NON, voilà un autre élément de réponse, tu ne t’es pas donné tous les moyens d’atteindre le résultat que tu espérais.

Si tu as fait le maximum en termes d’effort à l’entrainement puis le jour de l’événement. Et que tu penses avoir les compétences pour réaliser la tâche malgré sa difficulté, il ne reste plus que la Chance.

Ce dernier élément à jouer un rôle important sur le résultat de ta performance. La chance n’a pas été de ton coté.

Du coup, qu’est-ce qui se passe…. ?!

Et bien, il y a encore de l’Espoir, si tu as les compétences et que tu sais à quoi t’attendre pour la prochaine fois. La chance va tourner un jour où l’autre. En sachant que si tu améliores tes compétences et tu réalises des efforts pour atteindre ton but, tu auras plus de chance d’y arriver.

De plus, tu ne repars pas totalement du zéro, même si tu as laissé passer du temps depuis ta tentative précédente.

Alors, Tente le coup une fois de plus!

Puis dans le fond, je suis sûr que la petite flamme est encore présente…

2ème étape: Identifier quelle était ta motivation avant l’échec ?

Pour tenter de donner un peu de force à cette flamme qui s’est atténuée, je t’invite à revenir aux premiers instants où tu t’étais proposé ton défi. Qu’il soit celui de passer l'examen pour la ceinture noire, de remporter le championnat régional voir jouer la médaille au niveau national, ou encore de valider ton diplôme d’Animateur Club. 
 
Crédit photo Fabrice BOUVART (lire l'interview du judoka photographe)
 

Qu’est-ce qui t’a poussé à passer le cap et dire, “Je veux atteindre ce graal” ?

Prends le temps d’arrêter un moment ta lecture ici, et de réfléchir quelques minutes aux raisons pour lesquelles tu voulais te rapprocher de ce but.

Il est possible que tu penses que ton but soit la suite logique des étapes par lesquelles tu es passé auparavant. Par exemple, tu étais à une marche du podium l’année précédente aux championnats de France, et cette fois tu voulais ta médaille. Il est possible aussi que tu es ceinture marron depuis 2 ans et que tu veuilles accéder la ceinture noire.

Cette motivation venait-elle de toi, de tes pensées, de l’intérieur ?


En psychologie du Sport, on associe la motivation intrinsèque à 3 nécessités :

- Le besoin d’avoir des connaissances sur un sujet. C’est la situation que l’on rencontre lorsque tu as envie d’apprendre un kata ou une technique pour ce qu’elle est. Tu vas alors améliorer tes connaissances grâce à l’apprentissage.

- Le besoin de maîtriser une compétence. C’est lorsque tu vas travailler tellement sur un sujet que tu vas en devenir un expert. C’est le cas lorsque tu te spécialises sur ton Tokui-Waza, sur un kata en particulier ou encore pour les arbitres, sur une catégorie d’âge en particulier.

- Le besoin d’affiliation sociale. C’est lorsque tu es motivé par le fait d’appartenir à un groupe. Par exemple, c’est le cas des jeunes judokas qui veulent entrer dans le groupe de compétiteurs de leur club, ou qui veulent rejoindre le cercle des ceintures noires.

Si tu as été principalement motivé par l’une des 3 nécessités précédentes, tu devrais déjà être en train de retrouver la motivation et sentir que cet échec est derrière toi. Tout simplement car ce défi constitue seulement une étape à franchir pour ta progression générale. Alors, si ce n’est qu’une étape, il te devient plus facile de remettre le bleu de chauffe et repartir au travail.

En revanche, si cette motivation ne vient pas essentiellement de toi, ça se corse…

Ce but t’a-t-il été suggéré par ton entourage ? A quel point l’as-tu internalisé ?

En complément à la motivation intrinsèque, on retrouve la extrinsèque. Il s’agit du versant externalisé de la motivation et tu peux y retrouver jusqu’à 4 degrés.

Celle qui est la plus internalisée, c’est la motivation intégrée. C’est lorsque ton objectif t’est suggéré par ton entraineur, ta famille ou un partenaire d’entrainement et que celui-ci fait sens pour toi. Tu commences à y croire, tu te l’appropries et comme son nom l’indique tu l’intègres.

Avec un degré un peu externalisé, tu retrouves la motivation identifiée. Lorsque tu pratiques une activité complémentaire à ton objectif principal, comme la préparation physique ou mentale, des exercices d’assouplissement ou de l’analyse vidéo, tu ne le fais peut-être pas avec beaucoup de plaisir, ni d’entrain. Et il est aussi possible que sans objectif, tu ne pratiquerais pas ces activités. Seulement, si tu identifies celles qui sont bénéfiques pour passer ton grade, prendre une médaille, ou devenir arbitre F1, tu y trouves ta motivation.

Encore moins internalisé, il y a la motivation introjectée. C’est un degré de motivation où tu réalises des tâches parce que ton entourage te le demande et ça va leur plaire mais pour lequel tu n’y trouves pas d’intérêt. Comme lorsque tu ne comprends pas l’intérêt de gérer ton poids sur un temps relativement long alors que tu n’as pas l’impression de souffrir de diminution de tes qualités sportives. Et cependant, tu penses que comme c’est ton entraîneur qui te le recommande, il doit avoir raison !!

Le degré le plus important d’externalisation, et le moins bénéfique sur le plan sportif, c’est la régulation externe. C’est simplement lorsque tu es motivé par la récompense (la médaille, le titre d’arbitre ou la ceinture noire). On parle aussi de ce degré de motivation lorsqu’il s’agit d’éviter une sanction. Par exemple, tu peux imaginer qu’un judoka est motivé parce que son professeur lui a fait savoir qu’il ne ferait pas partie de l’équipe s’il ne s’entrainer pas correctement. Ou encore qu’il ne l’engagerait pas le passage de grade, s’il ne se préparait pas suffisamment.

Jusqu’ici, je t’ai parlé des éléments qui ont fait naître en toi, cette envie d’atteindre le but que tu t’es fixé.

Maintenant, comme second temps, réfléchis à ceci:

Pourquoi et surtout Comment as-tu maintenu ce challenge durant toute ta préparation ?

Je t’invite à repenser les hauts et les bas rencontrés lors de ta précédente tentative. Et à les justifier en t’inspirant des régulations de la motivation extrinsèque et ta motivation intrinsèque. Qu’est-ce qui t’a aidé à maintenir la flamme durant tout le temps de préparation?

En répondant à la question, prends le soin de noter les émotions et les envies toujours actives en toi !

C’est au fond, ce qui t’encourage à reprendre cet objectif pour enfin l’atteindre.

De plus, tu n’es pas le seul à connaître tes besoins et ce qui te motive. Tu peux aussi demander ce qu’en pense ton entourage, ton coach, tes camarades de classe, tes collègues de travail, tes amis, ta famille, peut-être tes parents, ta petite amie, ta femme ou tes enfants.

Ravive la flamme, remobilise-toi et transforme cet échec en apprentissage afin de devenir PLUS FORT DANS LA TÊTE.

3ème étape: Repenser la stratégie d’atteinte de l’objectif

Ton objectif était peut-être précis et clair à tes yeux lorsque tu t’y es engagé pour la première fois. Tu voulais devenir champion de France, ceinture noire, arbitre régional, … ou tout à la fois.

Cependant, si tu ne l’as pas atteint, tu peux facilement imaginer qu’il t’a manqué quelque chose. Pour cela, je t’invite à suivre cette stratégie qui te permettra d’éclaircir ton projet, de constater tes progrès et conserver suffisamment de motivation pour poursuivre tes objectifs à tout moment.
 
 


Cette stratégie pour mettre en place des objectifs est une version adaptée de la méthode SMART à la sauce FORT DANS LA TÊTE. Moi, je l’appelle …

La méthode SMART DANS LA TÊTE.

Pour la mettre en place, je t’invite à compléter les 4 points qui suivent :

1° Où en es-tu par rapport à cet objectif?


Voici des pistes pour répondre à cette question.

Si tu as vécu un échec auparavant, tu pourrais le mettre en avant. Car voilà, c’est un atout de taille ! Comme tu as pu le lire plus haut, tu as déjà l'expérience de l’épreuve. Tu connais la difficulté de la tâche et les compétences nécessaires pour y arriver.

Puis tu y ajoutes tes propres compétences, ou encore certains requis que tu as déjà. Dans le cas de la future ceinture noire, peut-être que tu es déjà ceinture marron et que tu as validé un ou plusieurs UV. Pour l’arbitre, peut-être que tu aimes arbitrer des combats dans ton club et que tu veux passer à l’échelon supérieur sachant que tu as déjà effectué un stage de jeune arbitre… Et pour le futur professeur de Judo, peut-être as-tu déjà encadré un groupe de judoka et que tu aimes ça. Et ça tombe bien car tu es déjà ceinture noire ce qui répond à un pré-requis pour enseigner le Judo. Et je suis sûr que tu sauras mettre en avant des qualités qui te caractérisent et qui sont en relation avec ton objectif.

2° Un objectif SMART

La stratégie de l’objectif SMART nous vient du monde de l’entreprise. Il s’agit de regrouper un certain nombre de critères autour de ton objectif, afin de t’orienter totalement dans cette direction. Chaque lettre du mot SMART représente une directive, chez Fort dans la tête, on lui donne cette explication :

S – Spécifique

Ton objectif doit être spécifique, précis et clair, pour être sûr de t’engager pleinement dans cette direction.

Exemple:

Je veux être ceinture noire de Judo avant la fin de cette saison sportive.

Je veux faire parti des qualifiées pour le championnat de France de Judo en 2021.

Je veux être arbitre F1 en 2021.

M – Mesurable

Ton objectif doit être mesurable, pour faire le constat de tes progrès.

Exemple:

Je veux valider les 4 UV pour être ceinture noire de Judo

Je veux faire parti des 30 qualifiées pour le championnat de France de Judo.

Je veux être arbitre F1 avec la note de 8/10

A – orienté vers mes Actions

En reprenant l’étape 3, je t’invite à orienter plusieurs petits objectifs vers des tâches à accomplir (Voir Quelle est Ma Stratégie?)

R – Réaliste

Evidemment, tu dois fixer un objectif non seulement réaliste mais aussi accessible. Sois juste dans ton choix et garde les pieds sur terre. Tu atteindras un résultat à la hauteur de ton engagement et de tes possibilités.

Contre exemple:

Tu ne pourras pas être ceinture noire 5ème dan cette année, si tu n’es pas encore 4ème dan.

Tu ne pourras pas devenir Arbitre, si tu n’as pas le temps de t’engager dans une formation d’arbitrage.

Tu vas difficilement être champion du monde, si tu ne parviens pas à avoir le niveau national.

T – Temps limite

Pour t’engager pleinement, il est nécessaire de définir un moment qui clôt le projet. Cela te permet de donner le meilleur de toi pour celui-ci durant la période défini, sachant qu’après il sera trop tard. Mais aussi, tu sis qu’après cette date, tu pourras enfin passer à autre chose. Ce qu’il y a de génial, c’est que dans le cas d’une discipline sportive, c’est rarement toi qui va fixer la date, que ce soit pour des examens, ou pour des compétitions. Donc, à toi de t’ajuster selon les dates qui te sont proposées.

Exemple:

Je veux valider les 4 UV pour être ceinture noire de Judo avant la fin de cette saison sportive.

Je veux faire parti des 30 qualifiées pour le championnat de France de Judo en 2021.

Je veux être arbitre F1 avec la note de 8/10 en 2021.

3° Quelle est ta Stratégie?

Dans un premier temps, prends le soin de définir ABSOLUMENT TOUS les champs dans lesquels tu dois t’améliorer. Reprends chaque facteur de la performance (tes qualités physiques, tes compétences technico-tactiques, ta force mentale, ta gestion du poids, ton alimentation, mais aussi ton organisation et si besoin de l’analyse vidéo…).

Ensuite, imagine quelles sont les actions que tu pourrais réaliser pour progresser dans ces domaines. Et là tu vas me dire: “Hey Coco, ça va être difficile de faire tout ça en même temps”. Et tu as raison!

C’est pourquoi, tu vas définir des priorités en termes d’importance, simplement en les numérotant. Si cela te paraît difficile demande de l’aide à ton professeur.

Et enfin, je t’invite à structurer ta stratégie en définissant des objectifs intermédiaires. Selon la durée de ton projet, tu peux établir des objectifs à très court terme (1 mois), court terme (3 mois), à moyen terme (6 mois à 1 an) et à long terme (1 à 5 ans). Pour plus d’informations sur la fixation d’objectifs, je t’invite à lire la série d’articles sur le blog Fort dans la Tête, en commençant par celui-ci.

Par exemple:

Tu t’es rendu compte que tu avais besoin de plus de force. Tu as alors besoin de suivre un programme de renforcement musculaire et tu te proposes de le réaliser 3 fois par semaine. Tu te laisses 3 mois en suivant ce programme pour constater des progrès avant de dédier du temps à un autre domaine.

4° Enfin, Quels obstacles pourrais-tu rencontrer? Comment les affronter?

Dans le monde sportif, les obstacles sont souvent les mêmes. Il s’agit en priorité du manque de temps disponible. Cependant, c’est souvent une meilleure organisation et une manière de limiter les petits temps morts pendant les entrainements qui te feront gagner un temps considérable. Profite des 10, 15 minutes où le tatami est libre pour travailler un élément en particulier, et tu verras très vite qu’au bout d’un mois tu auras travaillé quelques heures en plus.

Une blessure pourrait également retarder ta progression. A toi d’envisager une manière différente d’apprendre, de t’entrainer ou de mémoriser pour continuer à progresser même si ta forme physique ne te le permet pas.

Et les 2 autres éléments importants sont le manque de motivation et la perte de confiance. Souviens-toi que c’est normal d’avoir des variations de motivation et de confiance. Pour mieux gérer ces 2 habiletés mentales, je t’invite à garder dans ton sac de sport, un petit carnet pour noter tes réponses de l’étape 2 pour la motivation. Tu peux aussi te créer une page “Confiance” en notant tes points forts et tes succès du quotidien, comme je le montre dans le bonus de mon blog.

En associant ces différents points, tu te construis une stratégie qui te maintient motivé pour poursuivre ton graal et tu fais régulièrement le constat de tes progrès.

Et au final, te voilà avec la motivation retrouvée !

En faisant de ton échec un apprentissage, donc un avantage, te voici maintenant grandi !

Grandi car tu sais désormais à quelle difficulté tu t’opposes. Tu as une idée plus claire sur les compétences nécessaires et les efforts à fournir pour atteindre ton graal.

Tu as également retrouvé tes sources de motivation et tu sais pourquoi, pour quoi et/ou pour qui, tu veux y arriver. .

De plus, avec la méthode SMART DANS LA TÊTE, tu as les moyens d’établir une stratégie efficace pour non seulement ÊTRE AU NIVEAU DE TON OBJECTIF mais aussi GARDER LA MOTIVATION AU TOP.

Alors, en route pour cette aventure qui se poursuit et dans laquelle tu vas pouvoir vivre de nombreux succès.

Pour plus d’informations sur la préparation mentale, je t’invite à écouter les podcasts et lire les différents articles sur le Blog Fort dans la tête.

samedi 23 mars 2019

Le judo c'est quoi pour vous ?

cestquoitonkim - judo

J'ai demandé aux lecteurs du blog présent dans le groupe Facebook Cestquoitonkim - Blog judo et kimono de judo / judogi de m'indiquer ce que représente le judo pour eux. J'ai reçu beaucoup de témoignages très sympa. Si vous avez envie d'ajouter le vôtre contacter moi sur cestquoitonkim@gmail.com. Bonne lecture.



Une formidable école de vie. 
Stéphane - SCPO judo ju jitsu traditionnels.

Une école de vie et de ressourcement. 
Stéphane - TuS Töging Allemagne

Pour moi le judo c est avant tout une passion mais aussi un art martial qui nous donnes de la confiance et qui nous donnes de nouvelles rencontres . 
Iraci - Judo Club Grand Hornu

Le judo c’est ma vie. C’est ce qui m’a appris tant de choses... et avant tout sur moi-même ! C’est inépuisable d’apprentissages, c’est pour moi plus puissant qu’une thérapie pour se (dé)construire ... et surtout c’est un ART avec des émotions, des sensations, de la création, de l’expression et cette capacité à nous faire vivre l’instant t.... Bon je pourrais écrire un livre. 
Line - Buddha Club, dans un pays lointain 😉

46 années de judo dont 40 en ceinture noire. Une vie de passion , de transmission et de plaisir que je partage au quotidien. Surtout une bande de potes, les seuls avec qui je passe de bons et moins bons moments de ma vie. Ils ont remplacé ma propre famille avec qui j'ai coupé les ponts mais je sais que je peux compter sur un soutien en continu et indéfectible de mes amis et élèves judokas. J'ai beaucoup vadrouillé du judo club Kano à Huningue , au judo club de la Souffel , celui de Herllisheim et à présent celui des Vosges du Nord. 
Alain - Judo Club Vosges du Nord

35 années d’enseignement à l’Esperance 1893 Mulhouse j’ai eu le plaisir d’avoir plusieurs champions de France issus du club. J’ai eu le grand privilège de côtoyer de nombreuses personnes aussi accroc que moi pour ce sport. Me concernant : une passion 
Hugues - Club Esperance 1893 Mulhouse

Une bouffé d'oxygène dans ma vie de maman. ☺ Un moment qui n'appartient qu'à moi. 
Caro - Judo Club Alésien.

Du plaisir avant tout, un sport que je découvre a chaque entrainement. Et ca sera mon exutoire pour oculté tout ce qui vas mal dans ma journée . J'essaie d'etre là a tous mes entrainements . J'avais besoin d'assurance je l'ai trouvé grace a ce sport. J'ai rencontré des personnes supers ca faut le dire les autres(ceux qui ne sont pas en conformité avec ce sport et ca existe :( ) je les oublient......un bonne école quand on veut avancer dans cette vie.. 
Samantha - Judo Club Béarnais

Une bulle d’oxygène , une famille avec de profondes et sincères amitiés nouées, une formidable école de la vie avec un travail sur soi qui m’a beaucoup appris et enfin une passion 😁mais il y a tellement à dire ... 
Christine -  Judo Club Béarnais 

jeudi 8 février 2018

Tout quitter ! Voyager ! Visiter le monde !

Morgan Girardeau - Eric Guilloussou - Cestquoitonkim


Vous êtes peut être un des chanceux à l’avoir fait, peut être l’avez-vous plus simplement imaginé …

Et si en plus vous pouvez pratiquer votre passion cela commence à ressembler au bonheur, non ?

Morgan Girardeau, lui est passé du rêve à la réalité. Pendant presque 2 années il a sillonné la planète judo, passé dans des dizaines et des dizaines de dojo, chuté sur des centaines de tatamis.

Morgan a eu la gentillesse de partager avec nous une partie de son aventure. Pour en savoir plus sur lui et son incroyable aventure vous pouvez jeter un œil (et même deux) sur sa page facebook : JUDOWORLDTOUR Et son blog : http://jitayuwakyoeiwolrdtour.over-blog.com/

Voici un entretien, très particulier, qui retrace en quelques lignes un échange à deux puis à trois sur la thématique Judo. Je vous laisse lire, apprécier, découvrir et vous laisser surprendre par cet échange.

Eric pour cestquoitonkim - "Bonjour Morgan ! Et merci de répondre à mes questions. Avant de commencer, je te propose de te présenter. Peux-tu nous dire en quelques mots qui tu es pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?"

Morgan Girardeau - "Bonsoir Eric ! Tout d'abord, un grand MERCI de ton invitation. Pour me présenter, je dirais que je suis un jeune homme de 20 ans. 20 ans car c'est l'âge que j’avais quand j'ai reçu ma ceinture noire, après 20 premières années que je considère aujourd’hui comme initiatiques. 20 ans, c'est aussi l’âge que j’avais quand j'ai imaginé un projet. Le projet de faire un tour du monde des dojos. Du temps a passé avant que cette vision puisse se concrétiser mais aujourd’hui je peux dire que je l’ai menée à bien grâce à cette passion du judo qui m’anime depuis toutes ces années et encore aujourd’hui. Donc c'est ça ! J'ai 20 ans mais avec quelques semestres d'expérience. Malheureusement, le matin notamment, mon corps me rappelle que mes jeunes années sont belles et bien derrière moi et révolues... "

Eric pour cestquoitonkim - "Je te propose de rentrer directement dans le vif du sujet et que tu nous parles de ta "vision" comme tu dis. Une vision qui est quand même un rêve pour de nombreux judokas sur terre. Un rêve qui en ce qui te concerne a duré presque 2 ans à travers le monde quand même !"

Morgan Girardeau - "Oui et non! Je rêve depuis plus de 40 ans et ce rêve se poursuit toujours. Mon TOUR DU MONDE DU JUDO, le JUDO WORLD TOUR, cette vision fait partie intégrante de ce rêve."

Eric pour cestquoitonkim - "Comment cela ? Je ne comprend pas ?"

Morgan Girardeau - "Je t'explique... Le judo est un sport individuel mais qui nécessite la présence de partenaires pour progresser, apprendre, se remettre en question, faire chuter, chuter. En 1996, lorsque j'ai reçu ma ceinture noire, j'avais déjà goûté au plaisir de faire du judo avec de nombreux partenaires, de clubs différents, de villes différentes, de part mes études secondaires sur Châtellerault notamment. Le 6 janvier 1996, j'ai eu ce flash, cette vision. J'ai imaginé, pensé faire ce tour du monde des dojos. L'objectif était de renforcer, d'étendre cet aspect de rencontre, de partage. En allant à la rencontre de judokas, d'horizons lointains et différents, je souhaitais tester le principe énoncé par JIGORO KANO; JITA YUWA KYOEI, entraide et prospérité mutuelle. Ce principe est pour moi universel et plus que jamais d'actualité à mes yeux. En effet, les sociétés tendent de plus en plus à favoriser l'individualisme au détriment de la solidarité. Cette aventure, ce périple, on peut l'appeler comme on le veut, est donc pour moi une manière de vivre, une manière de pratiquer mon JUDO. Je n'ai jamais été et ne serai jamais champion olympique. Moi ce que j'aime, c'est l'autre et par le judo, m'amuser avec lui, selon les principes et le code moral du judo. De plus, comme j'ai toujours été tenté par l'inconnu, les vastes paysages, l'aventure, la nature, les merveilles du monde, les cultures différentes, j'ai pensé que c'était un bon moyen de concilier tout cet ensemble. Ainsi est né et s'est déroulé ce projet personnel du JUDO WORLD TOUR. Au final après 22 mois d’un bout à l’autre de la Terre, de rencontres, de partages, de connaissances, d'émotions, d’une distance parcourue équivalente à 3,5 fois le tour de la terre, avec 120 clubs visités dans 41 pays, et plus de 10000 judokas rencontrés, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé. Pratiquer le judo dans tous les pays traversés. »

Eric pour cestquoitonkim - "22 mois et 41 pays et je ... (Son d’un téléphone portable). Désolé Morgan je pensais l’avoir éteint. Je disais donc 22 mois et 41 pays et je suppose que tu as posé ... (le portable sonne à nouveau). Je suis vraiment confus Morgan en plus c’est un numéro masqué ! Je suis vraiment désolé. Bon reprenons, je vais quand même finir de poser ma question !!!! Je disais donc 22 mois et 41 pays et je suppose que tu as posé ton sac au Japon. »

De nouveau le téléphone sonne... Eric pour cestquoitonkim - « Désolé Morgan, la personne insiste. Cela doit être important. Tu es d’accord pour que je prenne l'appel deux secondes?"

Morgan Girardeau - "Oui, bien sûr! Je t'en prie."

Eric pour cestquoitonkim - "Allo ! Oui ! Euh .... Oui. D’accord... Oui, oui il est à côté de moi. Ok, bien, je vous le passe..., au revoir monsieur."

- "Morgan c'est pour toi !?!..."

Morgan Girardeau - "Pour moi ??"

Eric pour cestquoitonkim - "Oui !!!"

Morgan Girardeau - "Allo ? "

La voix mystérieuse - "Allo, bonjour Morgan."

Morgan Girardeau - "Bonjour monsieur."

La voix mystérieuse - "Morgan, je suis content. J'arrive enfin à t'avoir. Dieu merci. Cela n'a pas été facile tu sais ? Avant toute chose, permet moi de te féliciter pour ce que tu as réalisé, et de le faire au nom de tous les judokas que je représente."

Morgan Girardeau - "Merci beaucoup. C’est gentil."

La voix mystérieuse - "Ce que tu as fait m'a passionné. Bravo ! J'ai adoré regarder tous les jours les photos et publications que tu mettais sur ta page Facebook. Ton blog était vraiment bien aussi. Dommage que tu n'aies pas écrit davantage dessus. Tes articles étaient emprunts de profondeur. Jamais bien lire entre les lignes »

Morgan Girardeau - "Merci beaucoup. Effectivement, vous avez raison. Facebook était ma vitrine, la photographie factuelle de mon quotidien. Le blog était plus destiné à être le support d'articles de fond, de réflexion. Malheureusement écrire ce type d’articles prend du temps. J'ai préféré consacrer ce temps à vivre pleinement chaque instant de mon périple. Je suis désolé pour toutes les personnes qui comme vous auraient peut-être espéré plus de ce support internet. Mais en parlant de cela, puis je me permettre de vous poser une question ?"

La voix mystérieuse - "Oui bien sûr !"

Morgan Girardeau - "Excusez-moi mais je n'arrive pas à reconnaître votre voix. Puis je vous demander de vous présenter ?"

La voix mystérieuse - "Plus tard, plus tard ! Parlons d'abord de toi, si tu veux bien. Quelle idée tu as eue ! Pourquoi un tel projet ? Et pourquoi le Judo ?"

Morgan Girardeau - "Le projet, comme je le disais à Eric est la réalisation d’une vision d'adolescent.

Parcourir le monde, aller à la rencontre de l'autre en pratiquant le Judo dans tous les pays traversés. Et pourquoi le judo ? Tout simplement parce que cette discipline diligente ma vie depuis ma plus tendre enfance. J’en fais depuis l’âge de 10 ans. Aujourd'hui, j’aurais tendance à dire que le Judo coule dans mes veines. Il me semble inconcevable de faire sans !"

La voix mystérieuse - "Vraiment ??? Tu penses que tu ne pourrais pas vivre sans judo ? »

Morgan Girardeau - « Je le pense en effet. Cette discipline m’a accompagné dans les bons et moins bons moments de ma vie. J’ai vécu avec elle tant d’émotions, positives et négatives. Je me suis fais tant d’amis et plus que tout, il y a tant à apprendre… Tous les jours, j’ai matière à progresser, m’améliorer, découvrir de nouvelles techniques, de nouvelles opportunités dans le sport mais aussi dans mon savoir-être, mon quotidien. »

La voix mystérieuse -« J’imagine que tu fais référence au système éducatif du Judo… »

Morgan Girardeau -« Oui, c’est çà ! Le Judo est bien plus qu’un sport. Par ses principes, les valeurs de son code moral, il métamorphose complètement un pratiquant si tant est qu’il veille en prendre conscience. J’ai assez tôt compris cela et c’est d’ailleurs pour çà que je continue encore et encore. Malheureusement tant de personnes arrêtent une fois la ceinture noire autour de la taille, voire même juste avant de l’obtenir. Ces personnes loupent le plus important. »

La voix mystérieuse -« Quoi ? »

Morgan Girardeau -« Une part du mystère. La raison de notre présence sur terre »

La voix mystérieuse -« Explique m’en plus ! Tu m’intéresses. »

Morgan Girardeau -« J’ai le sentiment que nous sommes ici pour contribuer à un monde meilleur dans la progression individuelle, le développement que l’on mène sur soi. Le JUDO permet de se remettre en question, de se relever de ses échecs, d’apprendre encore et toujours, d’être persévérant, de ne pas avoir peur de l’adversité, de la difficulté, d’y faire face avec courage. Autant de situations que l’on retrouve dans la vie de tous les jours. Nous avons la chance de mettre en pratique, par le jeu, par les valeurs du code moral, des outils qui nous aident à progresser, tout en contribuant à l’atteinte de cet idéal. Je trouve cela extraordinaire. Je suis reconnaissant envers toutes les personnes que j’ai rencontrées dans mon périple car j’ai découvert cela à mon retour lorsque j’ai commencé à réfléchir sur la raison de ce périple, sur ce que cette aventure m’avait apportée ».

La voix mystérieuse - "Tu sais, je suis vraiment content que tu dises tout cela. Je pense que tu as effectivement découvert une clef, la clef d’un grand trésor et je suis heureux que tu me l’ais indiquée aussi simplement, comme çà, au téléphone. Tu sais ? J'ai eu l'occasion de t'apercevoir quand tu es venu au Japon mais toi, tu ne m'as pas vu..."

Morgan Girardeau - "Ah bon ?!..."

- "Oui, mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave"

Morgan Girardeau - "Ah bah si quand même ! Vous auriez dû venir à moi, vous présenter ! Nous aurions discuté."

La voix mystérieuse - "Ne t'inquiète pas, rien n'est jamais perdu. Comme tu le vois, nous le faisons aujourd'hui ! Et puis, ce n'est pas comme si nous ne nous étions jamais croisés. Rassures toi, nous aurons encore de nombreuses fois l'occasion de nous revoir!"

Eric pour cestquoitonkim -« Ça va Morgan ? Pas de souci ? »

Morgan Girardeau -« Oui çà va, merci mais je suis quand même intrigué. Je ne sais toujours pas qui est au bout du fil… ?! »

La voix mystérieuse -« Morgan, puis-je te poser une autre question ? »

Morgan Girardeau -« Oui d’accord mais après, pourriez vous me dire à qui j’ai affaire ? »

La voix mystérieuse -« Ne sois pas impatient. Ne t’inquiètes pas, je te le dirai »

Morgan Girardeau -« D’accord, je vous écoute. »

La voix mystérieuse -« Merci. Ma question est la suivante. De tous les types de judo que tu as pu côtoyer, y en a-t-il un qui t’a le plus marqué ? Surpris peut-être ? »

Morgan Girardeau -« C’est une question très difficile… J’ai rencontré des hommes et des femmes qui comme moi vivent le judo avec passion et je pense qu’ils font tous du mieux qu’ils peuvent. Arbitres, coachs, entraineurs, élus, présidents, professeurs, pratiquants… Le judo est globalement le même partout. Nous parlons le même langage en énonçant le nom des techniques en japonais, en pratiquant dans un lieu universel, le DOJO, en portant le même uniforme à savoir le JUDOGI avec la ceinture, en portant en nous les mêmes valeurs du code moral, en mettant en œuvre les mêmes principes, en partageant les mêmes étiquettes, avec les cérémonials du Salut notamment. Nous sommes dirigés par un SENSEI. Nous possédons la même base d’apprentissage à savoir le GOKYO, les KATAS, le RANDORI, les SHIAIS, et enfin nous avons le même grand-père, Jigoro Kano ! Nous sommes donc tous des frères et sœur du Judo. Malheureusement les moyens pour mettre en musique toutes ces notes ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. Cela n’enlève en rien le plaisir que tous ont à pratiquer. Les contraintes financières ou d’organisation ne sont pas perceptibles sur un TATAMI. »

La voix mystérieuse -« Je vois. T’es tu senti privilégié parfois ? »

Morgan Girardeau -« Oui, notamment lorsque je suis allé dans des DOJOS dans lesquels les équipements relevaient plus du bricolage que de réelles infrastructures sportives. Nous avons une chance inouïe en France d’avoir des équipements extraordinaires. Lorsque j’entends des personnes se plaindre de la chaleur, du froid, des tatamis trop durs, du manque de climatisation, d’un Judogi abimé…, cela me fait mal au cœur. A ce titre, je tiens à saluer la revue l’Esprit du Judo et la Fédération Internationale du Judo qui par leurs actions respectives, « Dojo du monde », « Judo for the world » ouvrent des fenêtres, mettent en lumière des personnes, des clubs, des pays, en leur offrant une visibilité aux yeux du monde entier. Il existe de nombreuses autres associations et acteurs qui œuvrent pour améliorer certaines choses, soutenir des situations spécifiques. Ce sont toujours de superbes initiatives »

La voix mystérieuse -« Bien, bien ! Merci. Tu parles des lieux, des habitudes communes, des principes qui font que le JUDO est JUDO, des conditions de pratique qui diffèrent mais finalement, de ce voyage, si tu devais retenir une seule chose, quelle serait-elle ? Et est ce que cela à changé ton judo, changé ta pratique, ta façon d’aborder le judo ou encore la façon de l’enseigner ? »

Morgan Girardeau - « Partout où je suis passé, j’ai bénéficié d’une extraordinaire bienveillance. J’ai été respecté de toutes les personnes que j’ai pu croiser. Par ailleurs, une formidable chaine de l’amitié s’est créée et elle perdure encore actuellement. Au départ de mon aventure, je devais solliciter les clubs. Je devais effectuer des recherches pour trouver le DOJO qui voudrait bien m’accueillir. Au bout de la première année, les choses ont changé. J’ai bien souvent été attendu, invité et une véritable connexion de clubs s’est faite pour que je puisse continuer facilement. Les uns appelant les autres, les informant de mon projet et leur demandant s’ils pouvaient m’accueillir. Aujourd’hui je reçois souvent des messages de personnes qui désirent aller dans tel ou tel endroit et qui me demandent mes contacts. Je les leur donne avec un immense plaisir. Comme le dit le code moral, l’amitié est le plus pur des sentiments humains ! Lorsque je suis parti réaliser ce projet, j’avais déjà perçu cette belle valeur en France. Aujourd’hui je peux dire qu’elle existe chez tous les judokas du monde. Quant à mon judo, je pense qu’il s’est techniquement étoffé, surtout dans mon kumikata. En rentrant en France j’ai pu le constater avec mes anciens partenaires de club. Mais il y a surtout un élément majeur sur lequel j’ai progressé. Ayant eu l’occasion de pratiquer avec des personnes de 30 à plus de 150 kilos, je n’éprouve désormais plus aucune appréhension psychologique quant au judoka qui se présente en face de moi. Durant toute la durée de mon JUDO WORLD TOUR, je n’ai jamais refusé un seul Randori, quelque soit le niveau et le partenaire. Je pense que le déclic s’est fait à cause de cela. Pour ce qui est de ma pédagogie, il est indéniable que j’ai pu collecter un certain nombre d’outils, exercices intéressants qui ont enrichi mes propres connaissances et que je peux désormais partager. »

La voix mystérieuse -« As-tu l’impression que ce périple t’a rapproché de la forme « originelle » du judo, celle de sa création, de sa philosophie ? »

Morgan Girardeau -« Oui indéniablement, même si j’ai toujours considéré le judo comme un système éducatif global qui ne se limite pas à la compétition et au passage des ceintures. En allant sur les lieux où a vécu Jigoro Kano, j’ai ressenti une forte émotion. Un sentiment de joie, de fierté, d’honneur, de tristesse aussi. Quand j’étais au Japon, j’avais déjà vécu 11 pays et déjà, j’avais pu constater certaines disparités. D’un côté cela crée la richesse de notre discipline, et de l’autre cela montre aussi que la ligne de départ dans l’apprentissage ou la recherche de l’excellence n’est pas située au même endroit d’un état à un autre. Mais d’un autre côté, ce qui fait la force du judo c’est l’adaptabilité. Tous les judokas du monde font preuve de cette valeur et au final, sur une compétition internationale, sur des règles d’arbitrages communes, il nous arrive de voir de très belles prestations individuelles et de collectifs. Certaines nations qui pourraient être considérées comme « petites » au regard des moyens dont elles disposent, jouent parfois jeu égal avec des superpuissances économiques. J’ai ainsi en tête la Mongolie qui est désormais toujours présente sur les podiums de la scène internationale. Majlinda Kelmendi qui est une énorme championne en représentant le Kosovo, sans parler de Cuba et de toutes ses médailles féminines remportées sous le règne du coach Ronaldo Veitia. »

La voix mystérieuse -« Je te remercie grandement de tout ce que tu viens de me dire. Je me dois désormais de te préciser qui je suis… Comme je te l’ai indiqué, nous nous sommes côtoyés de nombreuses fois sur ton parcours mais pas seulement. Nous nous sommes vus aussi avant, et j’imagine que nous aurons encore l’occasion de le faire pour de très nombreuses années si la vie te permet de te maintenir en santé. Comme je te l’ai dit, j’ai pris énormément plaisir à te voir progresser, évoluer, t’amuser, tout en respectant les codes du judo, les valeurs, les principes. Tu n’en as pas fait allusion mais j’aimerais te poser une dernière question. J’aimerais échanger avec toi sur quelque chose que j’ai remarqué. Cela tient de l’attitude, de ton positionnement. Jamais tu ne t’es présenté dans un club en mettant en avant ton statut d’enseignant ni même ton grade de 5ème DAN. Pourquoi ? Plus généralement, que représentent pour toi le grade, et la notion d’enseignant, la transmission ?

Morgan Girardeau -« J’adore cette question car elle pourrait résumer à elle seule toute ma démarche. Merci de l’avoir posée. Le grade pour moi est la marque d’une étape. Une étape dans sa progression technique, dans sa connaissance du judo, la culture Judo au sens large. Mais pas uniquement… Chaque étape représente aussi une validation dans la connaissance de soi et un laissez-passer pour aller encore plus loin dans cette démarche personnelle.

Comme je vous l’ai dit, de nombreuses personnes s’arrêtent lorsqu’elles obtiennent la ceinture noire. Ces judokas ne comprennent pas que ce symbole n’est en fait que la majuscule du premier mot de la première phrase du premier chapitre de leur propre histoire. Pour imager, avant, par les ceintures de couleur, nous apprenons les lettres de l’alphabet et nous initions à la lecture. Avec la ceinture noire, nous enrichissons notre vocabulaire mais surtout nous nous donnons la possibilité d’écrire. Ecrire les pages d’un travail d’introspection, de compréhension. Essayer de répondre à cette question que tôt ou tard nous nous posons tous « Quel est le sens de mon existence ? ». Avec un certain recul, je pense qu’il y a un vrai souci dans la transmission pédagogique de la valeur de ce symbole qu’est la ceinture noire. Je pense qu’on le verbalise trop tard. Bien souvent, cette verbalisation est effectuée lors de la remise officielle suite à un schéma global prioritairement axé sur l’aspect sportif compétition de notre discipline que du système éducatif global. Allez faire comprendre à un jeune qu’un randori dans un club n’est pas un shiai… C’est compliqué et pourtant les japonais l’ont très bien compris et le mettent en œuvre tous les jours sur les tapis nippons. Combien de judokas laissent de côté le grade tout en poursuivant une carrière de compétiteur pendant de très nombreuses années ?... La ceinture noire est le premier niveau. D’ailleurs il est identifié 1er DAN.

Même si pour beaucoup, les niveaux 7 et plus sont quasi inaccessibles, il ne faut pas oublier qu’après le chiffre un d’une liste, il y a le 2, puis le 3, 4 et ainsi de suite. Ces étapes techniques accompagnent le processus de compréhension personnel que j’évoquais précédemment. Compréhension du judo bien sûr mais surtout sur le sens que l’on donne à la vie, à sa propre existence sur terre. A sa quête de vérité, à l’accès au bonheur. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, il y a environ 3 semaines, j’ai découvert LA raison de ma présence sur terre, mon objectif de vie. Tout s’est ouvert à mon esprit comme par enchantement. Et plus j’y réfléchis, plus je me dis que je suis dans le vrai. « Contribuer à un monde meilleur dans la progression individuelle, le développement que l’on mène sur soi ». Cette notion, elle était là, sous mon nez, depuis plus de 30 ans. JITA YUWA KYOEI. Entraide et prospérité mutuelle. En plus, avec le code moral du judo, on a les clefs du succès dans la mise en œuvre de ce beau et bon principe. Aujourd’hui j’ai franchi un énorme pas psychologique. Je me suis approprié JITA YUWA KYOEI. A ma façon, ce principe coule désormais dans ma compréhension de ma vie et justifie toutes mes actions. Est-ce la seule clef du bonheur ? C’est la question que je me pose désormais mais je pense en avoir la réponse. Si je fais le parallèle, c’est aussi ce qui est indiqué dans toutes les religions. Lorsque je lis les citations de personnes célèbres qui ont réussi (John Lennon, Steve Jobs, Nelson Mandela…), il apparait aussi que toutes ont réalisé des choses extraordinaires mais ces actions ont été menées pour une cause plus grande. Leur succès n’est alors que conséquence et non but premier. Pour ce qui est de l’enseignement et de la transmission, hormis l’aspect purement technique JUDO, je pense qu’il est primordial de parler de l’importance du système éducatif et de l’expliquer. Un peu comme je viens de le faire ici. Cela peut être mené dans le cadre d’un mondo au moins une fois par semaine, par exemple. Le professeur, par sa posture, ses actes, ses propos, devient alors le référant, le guide, l’exemple, le leader. »

La voix mystérieuse -« Merci Morgan. J’ai énormément apprécié cet échange et je pense que je te dois maintenant la vérité sur qui je suis ou représente. Tu m’as aperçu dans pratiquement tous les DOJOS du monde. Tu m’as approché d’un peu plus près dans plusieurs villes du monde, Paris, Bruxelles, Berlin, Amsterdam, Varsovie, Moscou, Shanghai, Rome. Au Japon je t’ai vu à Kobé, à Tokyo, à Yokohama et surtout à Matsudo. Au revoir Morgan et bonne continuation à toi. Merci pour tout. A bientôt. »

La personne au bout du téléphone a raccroché.

Eric pour cestquoitonkim -« Alors Morgan, avec qui as-tu parlé pendant tout ce temps. Cela semblait vraiment intéressant. »

Morgan Girardeau -« C’est invraisemblable… Laisse-moi deux minutes s’il te plait afin que je puisse reprendre mes esprits… »

Eric pour cestquoitonkim -« Oui bien sûr ! »

Morgan Girardeau -« Tu ne le croiras pas… C’est au-delà de l’imagination… La personne avec qui je viens de parler ne s’est pas identifiée mais m’a donné un certain nombre d’indices pour que je puisse le deviner »

Eric pour cestquoitonkim - « Je t’écoute !!!!!! Vas-y !!! Je veux savoir !!! »

-« Attends, sois patient comme il avait tendance à le répéter… Je suis sous le choc mais je ne vois pas d’autre explication. La personne avec qui je viens de discuter n’est autre qu’un grand monsieur, le Maitre à tous, celui grâce à qui je réponds à tes questions aujourd’hui Eric… »

Eric pour cestquoitonkim -« Vas-y, c’est qui ? »

Morgan Girardeau -« Ce grand Monsieur n’est autre que le fondateur du Judo, Jigoro Kano Shihan ! ».

Ainsi se termine cet entretien « imaginaire », mais si riche avec Morgan Girardeau. Morgan nous a raconté une partie de son expérience extraordinaire qu’il a vécu au cours de ces 22 mois mais aussi comme il l’a dit son expérience de vie.

Encore une fois merci pour cet échange qui fût instructif pour moi et qui j’espère le sera aussi pour vous.

Eric Guilloussou, Morgan Girardeau.