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samedi 14 janvier 2017

Mon kim & moi : Emmeric LE PERSON

Crédit photo Paco LOZANO
Catégorie: -90kg
Taille: 178 cm
Ceinture marron
Technique favorite: judo en cercle
Club : Judo Villefranche (12)
Date de Naissance: 14/09/67



Contact :
Twitter : @judoheartblog
Facebook : emmeric le person
Instagram : emmeric_le_person
Site web : www.emmericleperson.com


Si tu devais résumer Emmeric LE PERSON en quelques mots que dirais tu ?

J'ai toujours été un défricheur. Je pourrais me qualifier comme un photographe artistique et humaniste. Et au fil du temps une évidence je me considère comme un citoyen du Monde avant tout.

Que peut nous apprendre de plus le judoka qui sommeil en toi ?

J'ai commencé le judo à 40 ans, en regardant mes enfants pratiquer j'ai eu l'envie d'essayer. Dès que j'ai posé les mains sur le judogi d'Uke j'ai su que plus rien ne serait pareil. Plus tard, une fois assimilé JITA KYOE comme un fil conducteur, ma vie a changé.

Pourquoi cette envie d'essayer à 40 ans finalement et en quoi le judo a changé ta vie ?

Au départ c'est juste l'envie d'essayer et de partager une activité avec mes enfants...mais dès que j'ai posé les mains sur le judogi j'ai su que quelque chose de spécial venait de se passer. Ça n'est pas toujours facile de mettre des mots sur le ressenti et l'intuition.

A plusieurs reprises j'ai donné corps à des projets autour du judo. Par exemple en essayant de créer un pont au judo entre le Québec et les pays francophones en 2011. Ou encore la mise en place d'un jumelage des 5 continents en 2010. Pour cette dernière j'ai été au Japon pour pérenniser leur participation. A l'époque je n'était que ceinture jaune. En tant que responsable de la mission exploratoire j'ai eu l'honneur d'avoir un entretien de validation par Maître ABE au KODOKAN. Vous imaginez quand on est ressorti avec son accord ? Alors oui je peux le dire que le judo a changé ma vie.

Et que peut nous apprendre le photographe ?

Comme tout parent de petits judokas j'ai commencé par les prendre en action. Devant les retours et de nombreuses discussions, j'ai osé demandé une accréditation pour le Tournoi de Paris en 2012 spécifiquement en salle d'échauffement. Et c'était parti.

J'ai commencé avec seulement le 105 mm macro de Nikon. Cette focale fixe m'a forgé le regard et permis de travailler énormément la composition . La focale fixe c'est la meilleure école. Ensuite je suis passé au 70-200 f:2,8. Un autre monde.

Si je comprend bien tu as un seul objectif à la fois. Question boîtier en as-tu un seul aussi et si oui lequel ?

Un D610 NIKON.

Dans le combat Nikon vs Canon tu es plutôt Nikon pourquoi ?

Pour moi çà n'a aucune importance. A partir du moment où tu investis dans un boiter pro plein format de plus de 2000 euros, tu peux lui faire un minimum confiance non ? L'important c'est ton regard...la course à la technologie est une chimère qui te détourne de l'essentiel . Mais il est vrai que les JO de 2020 apporteront, par contre, une révolution numérique des boîtiers qui permettront d'atteindre un niveau de qualité inimaginable aujourd'hui en photo et en vidéo. On peut faire confiance aux constructeurs nippons.

Tu as démarré la photo avec le judo ou tu étais déjà photographe en fait ?

J'ai démarré la photo avec les photos de paysage, spécialement sur l'Aubrac. Pour les curieux allez voir mon tout premier album photos sur facebook : l'Aubrac à l'état brut. Cette expo qui m'a pris 3 hivers . Une seule contrainte : sortir en hiver quand les autres rentraient. Exposé à plusieurs reprises dont la FNAC de Toulouse et jusqu'à Paris couvert par un reportage sur Pariscope.

Mais l'humain est venu une évidence et depuis rien ne m'a inspiré plus.

Tu évoques sur ton blog - judoheart - ta passion pour l'asie centrale d'où cela te vient et comment cela influe sur tes photos ?


C'est un carrefour du monde depuis la nuit des temps. Là où une civilisation gréco-bouddhique a perduré quelques siècles par exemple. Allez voir le musée Grimet à Paris. Le tracé de la route de la soie en est le dernier chapitre migratoire. C'est aussi la région des superlatifs géographiques. Depuis la chute de l'URSS c'est un laboratoire du monde. Émancipés, ces pays se sont livrés à un rattrapage pour essayer de trouver leur voie dans la mondialisation en essayant de ne pas perdre leurs racines. Un des derniers endroits où le nomadisme perdure.

Enfin en tant que portraitiste, quel choc ! En occident la couleur de l'iris nous a dotés d'une gamme infinie de variétés. Là ce sont les variantes autour de la forme des yeux qui prédominent. Quelle intensité !

Judo et photo des points de convergences ? de divergences ?

Pour moi c'est la même chose. Quand je suis en reportage je fais du judo. Ma voie est une forme de prolongement. Le judo m'imprègne dans les gestes de tous les jours. C'est avant tout un état d'esprit.

Alors lors de mes prises de vues un concept m'anime : une photo c'est comme un IPPON : soit elle est réussie...soit elle est ratée. C'est aussi dans la journée l'utilisation du minimum d'énergie pour un maximum d'efficacité : SEIRYOKU ZENYO Mais le plus important ne pas avoir peur de prendre des risques et de partager . JITA KYOE : entraide et prospérité mutuelle.

Etre judoka pour faire de la photo judo est ce un cliché ?

Non c'est fondamental, surtout pour les photos de combats. Ça va trop vite pour un non initié. De plus il faut être pratiquant pour bien avoir conscience de tous les sacrifices au quotidien que les judokas de haut-niveau doivent accomplir. C'est malheureusement pourquoi dans les grandes agences avec les photographes sportifs généralistes, les photos de podiums ont tant de succès !

Que photographies tu ?


La réponse en images : https://www.instagram.com/emmeric_le_person/




Une photo réussi c'est quoi pour toi ?

C'est une photo qui raconte une histoire et déclenche une émotion. Dans ce monde on est noyé d'images et d'information. Une image est aussi vite oubliée qu'elle a été diffusée. Une image oui...mais pas une photo. Que retient on dans la mémoire collective, sinon une ou deux images qui résument l'histoire. Voilà le défi, la quête que chaque photographe devrait se fixer.

Crédit Photo Marcelo RUA

Tu as fais le choix de photographier directement en noir et blanc. Pourquoi ce choix ? Pourquoi ne pas tout simplement mettre les photos couleurs en noir et blanc en post prod ?

D'abord c'est par honnêteté. Ensuite je peux immédiatement si nécessaire partager mes photos. A la coupure il m'arrive de faire circuler ma tablette sur le tapis de la salle d'échauffement. C'est aussi un retour pour moi indispensable qui entretient la confiance avec les judokas. Je ne suis pas un paparazzi...mais je crois que là c'est depuis longtemps compris. Je ne perd pas mon temps en post production car de toute façon je ne recadre ni ne retouche jamais mes photos. Pour évoluer dans le sport il faut être réactif. C'est ce qui vous rend crédible auprès des diffuseurs.

Il faut savoir que le noir et blanc est déroutant de prime abord pour notre perception. C'est inconscient bien-sûr mais l’œil dérouté recherche toujours un repère. Notre premier signe de reconnaissance demeure le regard. Ainsi pour les portraits on va directement à l'essentiel. Ensuite le noir et blanc est le symbole même de l'intemporalité. Je me dégage ainsi dans le temps, d'un événement précis. Travaillant essentiellement dans des conditions d'éclairages extrêmes je n'utilise jamais de flash ! Pour cela le noir et blanc est juste fabuleux et permet de bien exploiter chaque trait de lumière. Il m'arrive à très peu d'occasion de faire des photos directement en couleur. Mais là aussi dans un but précis artistique où la couleur est au cœur même du sujet. Dans ces cas là j'utilise la couleur comme avec une palette de peintures.

Enfin il y a de très grands photographes de combats en couleur je ne vois pas l'intérêt de m'y ajouter. De ce fait ensemble on est complémentaire, et non supplémentaire. On est là pour la même chose : valoriser les judokas.

On dit parfois que les photographes sont des chasseurs d'images, es-tu d'accord avec cette expression ?

Les grands photographe de combats sont plutôt des chasseurs d'ippons ! Pour ma part, c'est différent. Pour employer une métaphore de chasse, je ne suis jamais à l’affût. Aucun stress ne m'anime pour plusieurs raisons. D'une part parce que j'ai le temps. Et qu'ensuite personne ne sait quelles photos je vais faire. J'ai carte blanche. Ensuite pour moi la photo parfaite n'existe pas. Je ne me perd pas en post production. Entendons-nous bien, la qualité est mon premier critère mais dans la mesure où l'appareil photo fait corps avec moi, je suis donc totalement libéré de l'aspect technique par les pré-réglages que j'ai fait avant de commencer. L'appareil n'est juste que le prolongement de mon regard. Donc j'ai l'esprit totalement ouvert sur la compétition que je couvre. Pour résumer par mon état d'esprit et cette communion avec les judokas, je me suis aperçu en fait que ce sont les photos qui viennent à moi et non l'inverse.

Des pré-réglages on peut savoir lesquels ou ça fait partie des secrets ?

Juste un conseil. J'enregistre toujours la balance des blancs in situ. Par expérience la balance auto n'est jamais fiable sur la durée. Et je vérifie toujours, en prenant ensuite une photo couleur (C'est d'ailleurs la seule que je fais de la journée...lol). Ensuite je bascule définitivement en noir et blanc.

Comment se passe une journée de shooting d'Emmeric Le Person lors d'un tournoi de judo ?

J'arrive bien avant les athlètes et je repars après eux bien-sûr. Mais c'est le minimum, et c'est ce que font tous les photographes du circuit. Un judoka qui va en finale fera 5 combats on passera 30 min maxi sous les projecteurs. Mais il aura en fait passé 10 heures sur place. Que se passe-t-il pendant ce temps ? C'est çà que je raconte. De part le grand nombre de nationalités, le monde peut se résumer en une salle d'échauffement. Et pourtant c'est une grande famille. Quelle leçon de vie !

Quels seraient le ou les petits truc d' Emmeric Le Person qui font toutes la différences en photo ?

Être là où on ne l'attend pas. Certains m'appellent le shadow-man (l'homme de l'ombre). C'est exactement çà. Une fois accepté, faire en sorte de se fondre dans le décor. L'authenticité est à ce prix.

Sur le blog on essaie de donner des info. sur les kim. Du coup, deux questions : quelles marques as tu portées ? quel conseil donnerais tu au moment de choisir son prochain judogi ?

NIHON. Le confort. La sensation de porter une deuxième peau...mais en bourlinguant tu te rends compte qu'en fait c'est juste un luxe de pays développés et qu'une simple veste peut faire l'affaire tant que la compétition n'est pas en jeu.

D'ailleurs le judogi est-ce photogénique ?

Absolument ! Mais surtout pour les femmes car pour moi rien n'est plus photogénique qu'une femme en judogi. J'appelle cela le judogi paradoxe . Le judogi quand on y pense pour une femme c'est une gageure. Démaquillée, elle porte une veste trop ample, cintrée par une ceinture, avec en prime un pantalon bouffant. On est à priori loin des défilés de modes et du côté glamour...et pourtant. Une fois porté, ne sont visibles que le visage, les mains et les pieds...bref l' essentiel ! L'importance du regard est sublimé.

A ce propos Marc Berthier - un de tes amis photographes - a remarqué qu’au fil du temps tu "shootais" de plus en plus de Judokates. Voilà sa question, photographier une athlète tout en soulignant/préservant son image de femme c’est un double défi très difficile à relever. Est-ce la difficulté qui te fait suivre cette voie ?

Merci à toi Marc, le photographe de judo qui me connaît le mieux et qui m'a soutenu dans mes débuts. Effectivement la clef est là : ne jamais franchir la ligne. Au fur et à mesure de mes reportages, surtout en exclu pendant les stages féminins, je me suis rendu compte qu'il existe une culture de l'ouverture de la veste. On ne valorise pas une japonaise comme on peut le faire avec une brésilienne. Avec le temps les judokates m'ont fait prendre conscience que les photos que je ne fais pas, sont aussi importantes que celles que je fais.

Proposes-tu tes photos à la vente aux particuliers et si oui comment peut-on se les procurer ?

Oui sur mon site www.emmericleperson.com

As-tu une actu en ce moment ?

La promotion de mon calendrier 2017 qui existe en 2 versions : WOMEN IN JUDO ou en version française JUDOKATES DU MONDE. http://www.emmericleperson.com/categorie-produit/calendriers/


Quelle est la question qu'on ne t'a jamais posé et que tu aimerais qu'on te pose ?

La photo de judo peux-elle changer une vie ?

Quelle serait ta réponse ?


Un dernier mot pour les lecteurs du blog ?

Osez !

jeudi 25 août 2016

Quelles marques de kimono de judo (judogi) portent les médaillés Olympiques de Rio 2016 ?



Pour le fun, je me suis amusé à regarder les marques de kimono de judo (judogi) portées par les judokas et judokates médaillés aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Au tout début du blog en 2014, j'avais fais un peu le même travail sur le Grand Prix de Judo de Cuba. Le travail étant assez long, j'avoue ne pas le faire pour tous les tournois. Là, il s'agit des Jeux Olympiques alors j'ai fais un effort pour vous (d'autant que certains lecteurs du blog m'ont dit que ça pouvait être intéressant). Donc si cela vous plaît n'hésitez pas à réagir en commentaire. Un petit mot ne serait-ce que pour passer un coucou ça fait toujours plaisir (vérifier bien que vous avez eu un message indiquant que le commentaire va être soumis à validation).

Si je reviens sur le sujet principal c'est à dire les kimonos de judo (judogi) portés par les judokas et judokates médaillés aux Jeux Olympiques de Rio 2016, je vous ai déjà donné une statistique dans l'article "8 chiffres ou pourcentages sur les Jeux Olympiques Judo" (voir le dernier chiffre). Dans ce nouvel article vous allez avoir tous les détails : les médailles par marques de judogi, homme, femme et les marques par nations.

Tableau des médailles par marque de Kim


Mizuno, KuSakura et adidas sont sur le podium de ces Jeux Olympiques de Rio 2016. Mizuno que vous avez élu marque de l'année 2015 est en tête avec 23 médailles dont 5 en or. Viennent ensuite KuSakura avec 11 médailles dont 3 en or et adidas avec 11 médailles dont 2 en or. adidas étant la deuxième marque du classement de 2015 et en passe de devenir votre marque préférée en 2016 (vu en août 2016 selon le sondage en cours, il est toujours possible de voter). KuSakura était classé 4ème selon vous en 2015 et se trouve en bonne position dans le sondage de 2016.

A noter, toutes les marques de kimono de judo ne sont pas représentées aux JO et plus largement dans tous les tournois de Judo de haut niveau. En effet, il y a un ticket d'entrée pour pouvoir être porté lors de ces grands évènements et obtenir le label IJF. Je n'ai pas plus d'information à ce sujet (si vous avez des données complémentaires n'hésitez pas à poster un commentaire). Je crois juste comprendre que toutes les marques ne souhaitent pas (ou ne peuvent pas) investir pour être représentée. Ceci étant dit je trouve que ça reste tout de même intéressant de voir les résultats des Jeux Olympiques de Judo sous le prisme des Judogi.

Autre point, si vous avez été voir mon article sur le Grand Prix de Cuba en 2014, plusieurs marques ne sont pas présentes sur les podiums des JO Judo 2016. On notera l'absence des marques Essimo, Hiku, Noris Sfjam. A l'inverse deux marques font leurs entrées par rapport à Cuba 2014 Danrho et Kappa.

Tableau des médailles par marque de Kim "Homme"


Chez les hommes, les deux marques Japonaise Mizuno et KuSakura comptabilisent plus de la moitié des médailles. Mizuno doit notamment ce bon résultat aux Judokas Japonais : TAKATO Naohisa (3ème en -60 kg), EBINUMA Masashi (3ème en -66 kg), ONO Shohei (1er en -73kg), NAGASE Takanori (3ème en -81 kg), BAKER Mashu (1er en -90 kg), HAGA, Ryunosuke (3ème en -100 kg) et HARASAWA Hisayoshi (2ème en +100 kg). La Russie et l'Ouzbékistan ont apporté la majeure partie des médailles pour KuSakura avec respectivement MUDRANOV Beslan (1er en -60 kg) et KHALMURZAEV Khasan (1er en -81 kg) d'un côté et UROZBOEV Diyorbek (3ème en -60 kg) et SOBIROV Rishod (3ème en -66 kg).


Tableau des médailles par marque de Kim "Femme"


Chez les femmes, se distinguent Mizuno et adidas. Encore une fois, le Japon permet à Mizuno d'engranger la majeure partie de ses médailles avec KONDO Ami (3ème en -48 kg), NAKAMURA Misato (3ème en -52 kg), MATSUMOTO Kaori (3ème en -57kg), TACHIMOTO Haruka (1ère en -70 kg) et YAMABE Kanae (3ème en +78 kg). Concernant adidas, les résultats français ont largement pesés dans la balance avec AGBEGNENOU Clarisse (2ème en -63kg), TCHEUMEO Audrey (2ème en -78kg) et ANDEOL Emilie (1ère en +78kg).


Tableau des médailles par marque de kim et pays


Le tableau montre nettement le lien entre Mizuno et l'équipe du Japon. Cette dernière ayant bien réussi ces Jeux Olympiques de Judo la marque Mizuno est très bien classée. D'après ce que j'ai compris les résultats du Japon étaient plus mitigés aux JO de 2012 à Londres. Le classement devait alors être bien différent. C'est certainement aussi vrai pour la relation équipe de France / adidas.

Autre point, pour certaines nations je m'interroge. Je pensais qu'un seul équipementier était en charge d'une nation. Pourtant pour les nations Azerbaijan (AZE), Georgia (GEO) et Russia (RUS) j'ai comptabilisé plusieurs marques de kim. Là je n'ai pas d'explication.






dimanche 17 juillet 2016

Mon kim & moi : Joachim BOTTIEAU

cestquoitonkim
Crédit Photo JC Verdebout
Classement mondial : 8ème
Catégorie: -81kg
Taille: 180 cm
Ceinture noire : 1er Dan
Technique favorite: ko-uchi-gari
Club : Judo Club Grand Hornu
Pays : Belgique
Date de Naissance: 20 mars 1989
Facebook : Judoclubgrandhornu.be 

Palmarès :
- Champion de Belgique (2009,2012,2014,2015)
- Bronze aux CE Sénior (2012 et 2013) U23 (2009, 2010) et U20 (2007,2008)
- Bronze Universiades de Belgrade (2009)
- Vainqueur GP Düsseldorf (2015,2016)
- Finaliste Masters 2016 au Mexique

Plus de détails : fiche Judobase

Bonjour Joachim, peux-tu nous parler de toi ?

Je suis né au Grand-Hornu dans le Hainaut pas très loin de la frontière française (Valenciennes). J'ai commencé le judo vers 5 ans avec mon père et professeur Yves Bottieau dans notre village au JC Grand-Hornu et avec mes frères Jean-Yves et Jérémie. Mon père a toujours été passionné de judo et nous a rapidement mis tous les trois sur les tatamis ! Le judo représente une grande partie de ma vie. J'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes intéressantes et de beaucoup voyager. J'ai cependant pu combiner des études malgré les entraînements quotidiens que j'ai terminées en juin 2015 à l'université de Mons. J'ai également rencontré ma compagne qui est une judokate allemande lors d'un championnat, je peux donc dire que le judo m'a donné beaucoup.

cestquoitonkim - judo
Tournoi de Paris 2016 1er tour contre Kristjan TONISTE - Crédit photo Fabrice Bouvart - Ne pas reproduire

Avant d'aller plus loin, félicitation pour ta deuxième place au Masters de Guadalaraja qui a eu lieu le 28/05/2016. Alors ça fait quoi une seconde place dans un tournoi réservé au Top 16 ?

Un grand merci ! Je suis super content bien sûr mais bon je relativise l'évènement, pour moi il s'agissait surtout d'un dernier test avant l'évènement majeur de la saison: les JO de Rio. C'est sur cette compétition que tout le monde va nous juger, il faudra donc répondre présent.

Source Youtube - Judo Men - Finale Guadalajara face à Travis STEVENS 2016


Je reprends mes questions. Le judo en Belgique c'est comment ? C'est aussi populaire qu'en France ?

Le judo en Belgique a une assez bonne réputation car nous avons eu de nombreux champions et c'est toujours le cas actuellement. Mais je ne crois pas qu'il soit aussi populaire qu'en France qui a des a super-stars comme David Douillet et Teddy Riner.

Le parcours classique pour faire du haut niveau en Belgique c'est quoi ?

En général, les jeunes sont repérés par la fédération lors des championnats de Belgique pour jeunes. Après ils sont repris lors de stages et de tournois où ils ont plusieurs chances de faire leurs preuves. Vers 18 ans, si les résultats sont convaincants, il est possible d'obtenir un contrat professionnel soit à l'Adeps (l'organisme sportif en Fédération Wallonie-Bruxelles) soit à la Défense (l'armée). Il n'existe pas de "sport-étude" comme c'est le cas en France, chacun doit donc se débrouiller pour agencer ses entraînements et ses études. Cependant, un centre fédéral de haut niveau va bientôt être créé à Louvain-La-Neuve qui est une ville avec de nombreuses écoles et facultés. Si j'ai bien compris le projet, la fédération compte reprendre un peu l'exemple de l'INSEP à Paris afin de permettre aux athlètes d'avoir un suivi d'entraînements et d'étudier.

Source Youtube - Sport - Adeps.be - 2015

À quel moment as tu su que tu pouvais faire du haut-niveau et comment as tu réussi à y accéder ? As-tu suivi le parcours classique ?

J'ai eu un parcours assez classique en effet. En cadet (minime en France), j'ai terminé deuxième des championnats de Belgique. Dès ce moment, j'ai commencé à suivre les stages et tournois fédéraux. Mon frère aîné, Jean-Yves, était déjà en équipe nationale depuis quelques années, j'aspirais donc à la rejoindre car il me parlait souvent de tout ce qu'il faisait lors des entraînements et des déplacements. Je dois dire que cela me faisait rêver. Mes premières années en espoir (cadet en France) n'ont pas été incroyables mais en junior et -23 ans, j'ai pris plusieurs médailles en CE. Cela m'a permis d'obtenir un contrat avec l'Adeps tout en poursuivant mes études d'enseignant.

Tous mes lecteurs se posent certainement la question, comment prépares tu la compétition, le combat ?

Au fil des années j'ai développé une petite routine pour me concentrer et me mettre dans ma bulle. J'ai toujours plus ou moins le même équipement, j'écoute les mêmes musiques, un échauffement bien structuré. Tout cela pour me rassurer et me mettre en confiance avant le combat c'est super important ! Pour la qualification de Rio, mes frères Jean-Yves et Jérémie m'ont suivi sur tous les stages et tous les tournois afin de me donner un gros plus et se sera le cas aussi à Rio !

Suis tu une préparation spécifique pour les jeux olympique ? Et quel est ton objectif pour ces prochains JO ?

J'ai commencé par une grosse partie de préparation physique puis je continue la prépa au stage de Barcelone en juillet mais je peux pas non plus tout dire, c'est top secret ;) Sur les Jeux je compte bien me battre pour atteindre le podium c'est clair !
Crédit photo Philippe MINART - Ne pas reproduire

Question technique qui me taraude. En compétition existe-t-il un judo ou plusieurs judo ? Des écoles techniques ou des écoles en force ?

Je pense en effet qu'il y a différents styles, différentes écoles de judo.. Le style japonais plus classique, le style de l'est plus rapproché au corps à corps, des judo plus en souplesse d'autres plus en force. Il est sûr que maintenant il vaut mieux avoir un bon physique pour faire de la compétition de haut niveau. Mais bon on voit maintenant les japonais aussi à l'aise dans des techniques de corps à corps que sur des techniques plus classiques.. La boucle est bouclée ;)

Quel est ton meilleur souvenir judo et pourquoi ?

Je dirais mes premiers championnats d'Europe à Prague, c'était ma première grosse performance et il y avait une super ambiance dans l'équipe.

As-tu un conseil pour les judokas amateurs qui veulent progresser, le secret de Joachim Bottieau ?

Toujours se servir d'une défaite pour rebondir, se corriger, trouver des solutions, analyser ce qui n'a pas marché, ne jamais baisser les bras.

Et pour les compétiteurs ?

Toujours rester focus sur la progression sur le long terme en améliorant sans cesse des petits détails à son judo.

Source Youtube - Judo Men - Final Grand Prix Dusserdorf 2016

Récemment en France il y a eu un reportage sur le financement des sportif de haut niveau et leurs difficultés. Pour toi ça roule ou c'est une contrainte à gérer ?

J'ai la chance d'avoir un contrat professionnel avec l'Adeps donc je n'ai pas trop à me plaindre. Je suis entièrement détaché pour le sport. Par contre, au niveau du club on a très peu moyens alors qu'on a de bons résultats en individuels et en équipes. Les clubs français ou allemands semblent mieux subventionnés que chez nous. Niveau sponsoring, comme le judo n'est pas très médiatisé, c'est pas facile facile même au niveau local. Pourtant, je suis un des rares qualifiés pour les jeux dans ma province.

Lien vers le reportage.

Sur ces aspects un peu terre à terre tu vois ton avenir comment après le judo ? Tu es accompagné pour cela ?

Oui, à l'Adeps il y a une cellule qui aide les sportifs à se reconvertir mais bon pour l'instant je ne me pose pas trop questions.. Peut-être revenir à des choses plus simples.

On est quand même sur cestquoitonkim donc une question sur les kim. Depuis que tu fais du judo quelles marques de judogi as tu portées ? Lesquelles conseilles tu et pourquoi ?

J'ai porté beaucoup de marques différentes comme Sakura, Matsuru, Mitzuno et depuis quelques années je porte Adidas. Je trouve les judogis Adidas plus costaud et solides que les judogis japonais qui étaient un peu trop mous à mon goût. Depuis quelques mois, je suis sponsorisé par Adidas pour de l'équipement. Le site c'est Kim-Shop.be .

As-tu une actu en ce moment ?

Je suis actuellement au stage international de Barcelone là où la plupart des meilleurs athlètes internationaux sont présents.

Quelle est la question qu'on ne t'a jamais posé et que tu aimerais qu'on te pose ?

Ton judoka préféré ?

Quelle serait ta réponse ?

Ole Bischof


Source Youtube - Judo - 2012

Un dernier mot pour les lecteurs du blog ?

Always believe in your dreams ! 

cestquoitonkim
Crédit photo Carlos Ferreira - Ne pas reproduire

mercredi 11 novembre 2015

Mon kim & moi : Ludovic GOBERT

Ludovic GOBERT - Fabrice Bouvart - Cestquoitonkim
Classement mondial : 100ème
Catégorie: -90kg
Taille: 1,84m
Ceinture noire : 2ème Dan
Technique favorite: uchi-mata
Club : Sainte Geneviève Sport
Date de Naissance: 15 mai 1985


Palmarès :
- Champion de France 1D 2010/11 et 2014/15 (et 2015/2016 après l'interview)
- Vainqueur de la World Cup Madrid 2010
- Sélectionné aux championnats du monde Rio 2013

Plus de détails : fiche 1 - judobase ou fiche 2 - alljudo


Peux-tu nous parler de toi ?

Alors, Ludovic Gobert, 30 ans, papa depuis peu d'une petite merveille, je suis en convention avec la mairie de Sainte Geneviève (91) en tant qu'animateur. J'ai commencé le judo à l'âge de 7 ans car je bougeais dans tous les sens, il fallait me canaliser et comme j'avais des copains qui faisaient du judo, j'ai forcément suivi.

Ludovic GOBERT - Atelier Digital - Cestquoitonkim
Crédit photo avec l'autorisation de Marc BERTHIER ( Atelier Digital )
Je suis rentré en sport étude à Brétigny (un des meilleurs à l'époque) en juniors 1. J'y ai appris énormément, notamment avec Jean-Raymond Marquez et Christophe Brunet !! J'étais un des meilleurs français sur les tournois nationaux mais je n'ai commencé à performer en championnat qu'à ma dernière année juniors.

Niveau judo, je fais beaucoup uchi-mata mais j'adore les balayages !!


À quel moment as tu su que tu pouvais faire du haut-niveau et comment as tu réussi à y accéder ?

Depuis mes années juniors, j'ai obtenu des résultats en national, en battant souvent les plus fort de ma catégorie, maintenant encore j'ai un beau "tableau de chasse" international mais malheureusement ces victoires ne sont pas assez régulières.


Un beau tableau de chasse ... tu as accroché qui sur ce tableau ?

J'ai battu Hesham MESBAH (Egypte), Tiago CAMILO (Brésil) Amar BENIKHLEF (Algérie) tous les trois médaillés olympique. J'ai aussi battu des médaillés européens comme Karolis BAUZA (Lituanie) ou Aleksandar KUKOLJ (Serbie).

Source: youtube - Rene Grouls - 2010


Tu penses qu'il te manque quoi pour être plus régulier ?

Probablement un peu plus d'agressivité sur les tapis .. J'ai tendance à être un peu trop gentil .. lol

Ludovic GOBERT - Fabrice Bouvart - Cestquoitonkim
Crédit photo avec l'autorisation de Fabrice BOUVART
Pour toi, avant une compétition quelle est la meilleure préparation ?

Je n'ai pas encore trouvé la meilleure préparation sinon mon palmarès serait bien plus chargé qu'il ne l'est ...

Plus sérieusement, j'essaie de penser le moins possible à la compèt. la semaine avant, je me concentre sur mon poids, ma forme et j'évite un maximum de rester seul pour pas trop cogiter.


Comment abordes tu une compétition et comment restes tu concentré ?

Jusque l'année dernière, mes compétitions (surtout internationales) étaient source de grand stress, la peur de mal faire. Maintenant j'ai appris à relativiser, à aborder différemment chaque compèt, ce qui ne veut pas dire que je ne suis plus motivé loin de là !! Il me reste encore 2/3 choses à accomplir.

Mais il est vrai que certaines étapes de la vie font que tu continues à avancer mais différemment. Des joies comme l'arrivée de ma fille, et des peines comme la perte de certaines personnes qui te font te dire que la vie ne se résume pas qu'à une défaite ou une victoire sur un tapis.


En compétition existe-t-il un judo ou des judo ? Avec qui aimerais tu combattre ?

Il y a plusieurs types de judo. Le type asiatique et le type occidentale, mais maintenant les 2 se mélangent de plus en plus. Le premier est très "garde classique" (manche et revers). Il n'y a quasiment que des mouvements d'épaule ou de jambe. Le second est plus corps à corps, comme les lutteurs. Mais l'évolution c'est aussi savoir s'adapter au changement et donc les deux styles se mélangent d'un côté comme de l'autre.

J'ai déjà combattu avec pas mal de champion, mais rencontrer un japonais, pour moi est un régal !


Quel est ton meilleur souvenir judo ?

Mon meilleur souvenir (pour l'instant) c'est mon dernier titre aux France 1D. C'était a Villebon en novembre 2014 face à Axel CLERGET J'étais à domicile et je venais d'apprendre que j'allais être papa.




As-tu un conseil à donner aux judokates et judokas qui rencontrent des difficultés (blessure, manque de résultat …) ou qui veulent progresser ?

Ne lâchez rien !! Le travail finit toujours pas payer !!


Comment vois-tu l'avenir du judo ?

A vrai dire, avec tous ces changements de règles bonnes ou pas, les interprétations différentes en fonction des arbitres; J'ai peur qu'il n'y ait plus beaucoup de Ippon en championnats et que les athlètes jouent la sécurité avec des pénalités.


Comment vois-tu ton avenir après le judo ?

Je ne m'y suis pas encore penché même si il serait temps ...

Depuis que tu fais du judo quelles marques de judogi as tu portées ? Lesquelles conseilles tu ?

Mes marques de judogi actuelles sont Mizuno (club) et adidas (équipe de France).


Je te met à l'aise. Quelles différences fais tu entre les modèles d'Adidas et de Mizuno ? Lequel préfères tu et pourquoi ?

Je suis vraiment bien dans les Mizuno, même si les nouvelles coupes adidas (approved rouge) en slim sont pas mal non plus .;-)


As-tu un conseil à donner au lecteur du blog lors du choix d'un judogi ?

L'essentiel est que vous vous y sentiez a l'aise, certains l'aiment cintré d'autre non .. Testez les avant.


Question de David LAROSE : Ludo que se passe-t-il dans ta tête et ton corps, si tu manges un aliment 1 minute après sa date de péremption?

Ah ah ah quel enfoiré celui là !! J'ai horreur des aliments qui ont passés leur date de péremption alors soit je calcule bien pour les manger avant, soit ça part a la poubelle .. Je ne sais pas d'où me vient ce blocage mais beaucoup s'en amusent.. La preuve !


Question bac philo : si le judo c'est utiliser la force de l'autre alors pourquoi faire de la muscu ?

Pour pouvoir supporter toutes les médailles et coupes qu'on gagne au fil de nos carrières voyons !!

Plus sérieusement, comme je disais les styles de judo sont différents d'un athlète a l'autre alors il faut être prêt en toutes circonstances.

Un dernier mot pour les lecteurs du blog ?


Continuez à vivre vos rêves comme vous l'avez décidé !!



Au passage, bravo à Ludovic qui a gagné le championnat de France 1ère division à Rouen ce 08/11/2015 en -90kg !!!