Affichage des articles dont le libellé est Yannis Kotakis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Yannis Kotakis. Afficher tous les articles

vendredi 20 septembre 2019

Comment j’ai mémorisé les 97 techniques de l’UV2 : la carte heuristique


Yannis ceinture noire au judo self-défense Marly-Le-Roi et créateur de la société SoPerform ! présente son astuce pour mémoriser sereinement les 97 techniques de l'uv2 : la carte heuristique ou autrement appelé mind mapping. 
Bonne lecture !


Déjà 22 ans que je suis ceinture noire, 22 ans régulièrement interrompus par des blessures et trois paternités. J’ai repris sans interruption depuis 5 ans et il est temps de songer au deuxième dan. Les unités de valeur (U.V.) ne sont plus les mêmes. Si les 100 points en combat et les katas restent inamovibles, la nouveauté en 2019 concerne cette U.V. 2 qui agite les discussions dans les vestiaires depuis plus d’un an. 


Problématique



Je me penche sur les textes et je me dis qu’il va falloir trouver des réserves de mémoire ! La liste du référentiel technique comporte 82 noms répartis en 7 colonnes (52 debout et 30 au sol), auxquels viennent se rajouter les 15 attaques imposées. Nous en sommes donc à 97 prises à retenir en tant que Tori, mais aussi pour mon Uke. L’objectif est dans six mois, un travail conséquent !

Je me rends compte aussi après discussion avec mon professeur que j’avais sous-estimé l’autre partie de l’U.V.2, la démonstration technique. Cette démonstration consiste en une présentation d’une technique debout, une autre au sol, puis une technique de défense Ju-Jitsu. Je vais devoir préparer une prestation complète en montrant les fondamentaux, mais aussi différents enchainements, opportunités, contres, points de contrôle… avec aussi en tête cette remarque sur mon travail de défense : « on voit bien que tu ne fais pas de Ju-Jitsu ! ».

Je commence à travailler mon geste. Je note, raye, teste des enchainements, des réactions en essayant d’apporter quelque chose liée à ma pratique du judo. Au fur et à mesure la liste s’allonge, se complexifie et mon Uke et moi répétons inlassablement. Et les premières difficultés apparaissent. Les plus fréquentes sont liées à la mémoire, avec les 97 techniques à retenir dans leurs noms japonais mais aussi l’ordre des séquences des prestations de la partie technique. Cafouillages, inversions, synchronisation aléatoire entre Uke et Tori s’éparpillent le long de la prestation. Le temps devrait répondre à cette problématique, mais il est déjà consacré en grande partie à une famille de 3 enfants et des journées de travail bien remplies.

A cela s’ajoutent des aspects de logique qu’un juge expérimenté aperçoit immédiatement, des redondances (trois utilisations de Ko Soto Gari c’est deux fois de trop) ou des oublis flagrants (pourquoi n’utiliser que deux types contres?).


La Carte Heuristique à mon secours



Et là le déclic s’opère. J’utilise au quotidien un outil formidable, non seulement pour mon travail, mais aussi pour ma vie personnelle : la carte heuristique, ou mind-mapping. Pourquoi ne pas utiliser la carte heuristique pour l’U.V.2 avec tous les apports en réflexion, en efficacité, en créativité et en productivité que m’apportent ces cartes au quotidien ? La formalisation de la méthode date des années 1970 et s’est développée depuis. La carte heuristique permet de synthétiser sous la forme d’une carte, de mots clés selon les informations et idées de notre cerveau. La carte heuristique se présente sous forme de graphique avec ou sans couleur, des dessins ou symboles avec des branches et ramifications en fonction de votre façon de retenir les prises. Pour plus d’informations, vous pouvez vous renseigner sur le site de Stéphane Perchant, un ami judoka, que je considère comme le spécialiste de la formation à la carte heuristique : www.sp-mind.com.

Voici un exemple de ramifications que j’ai utilisé pour mémoriser les immobilisations. Cette façon de présenter les prises correspond à ma façon de penser*.

J’ai regroupé les immobilisations en deux groupes : contrôle costal (Kesa Gatame) et sternal (Shiho Gatame). Premier avantage de cet embranchement, je reprends les mots japonais racines et je facilite ainsi la mémorisation des cinq prises, puisque je n’ai plus les deux derniers termes à retenir. Ensuite, j’ai décidé de raccrocher les variations (Kuzure) à la technique de base. 



Après avoir mis sous forme de cartes heuristiques les sept catégories de prises à retenir (les 82 prises!), je me lance dans la transformation de mes notes en carte. Ci-dessous, je vous présente la première version. Trois défauts sautent aux yeux : 
  1. Les enchainements et les contres sont un peu « maigres » par rapport aux opportunités. Elles comportent deux prises alors que je présente quatre opportunités pour faire tomber mon Uke. 
  2. A deux reprises je fais chuter sur Ko Soto Gari, dans les enchainements, puis dans les contres. 
  3. Démontrer le blocage puis le refaire avec le contre à chaque fois est peut-être un peu complexe.


Je ne dois pas oublier non plus que l’ensemble de la prestation, Debout, Sol et Défense doit rester dans les 5 minutes réglementaires.

Deux choix s’offrent à moi. Soit, je réduis le nombre de techniques présentées en opportunités, soit je rajoute des enchainements et des contres. Il s’agit là d’une prestation technique pour le deuxième dan, la première option ne doit pas en être une ! je vais donc rajouter une technique supplémentaire pour les deux groupes, remplacer un des deux Ko Soto Gari. Pour rester dans les cinq minutes j’enlève mon Haraï goshi des opportunités et je maintiens la démonstration des blocages avec les contres.

Finalement, ma carte me permet d’avoir une prestation équilibrée entre les différentes parties et d’éviter les redondances. Par ailleurs, elle m’a permis d’échanger facilement avec mon Uke, non seulement sur la mémorisation des séquences, mais aussi sur la logique des placements et des réactions du tandem.



Une U.V. validée avec succès



Le samedi fatidique arrive et je me présente à l’U.V.2. Tout se passe comme prévu, pas d’erreur ou d’hésitation, le dynamisme de la prestation est là et l’UV est validée ! Le juge nous félicite sur la qualité du travail mais je retiens surtout le rendu, satisfaisant mon côté perfectionniste.

L’utilisation de la carte heuristique m’a permis de mémoriser plus facilement toutes les prises et les séquences. Elle a aussi facilité la présentation d’un travail technique équilibré et m’a permis de travailler O Soto Gari sous toutes ses facettes.


A vous de jouer



Vous pourrez utiliser cette carte pour passer votre propre examen, mais essayez de la personnaliser, chacun a ses forces, faiblesses et formes de corps qui imposent des réactions et techniques différentes. Une fois votre U.V. validée, « likez » la page Facebook de mon club (Judo Self défense Marly-Le-Roi) et laissez-moi un message. Bonne chance !

Je remercie mes professeurs, Franck et Patrick, qui m’ont aidé à préparer cet exercice. Je tiens particulièrement à dire merci à Séverine qui a sacrifié un nombre incalculable d’heures de judo pour me servir d’Uke. L’ensemble des graphiques a été mis en forme par Stéphane, formateur en cartes heuristiques.

*Dans mes fiches finales, j’ai inséré des images récupérées sur internet et que je n’ai pas reproduit ici pour respecter le droit d’auteur des dessinateurs. Logiciels utilisés : X Mind, Ithoughts

samedi 9 mars 2019

L’esprit du judo : Le judo au-delà du judo

L'esprit du judo - Cestquoitonkim


Cet article sur le livre l'esprit du judo de Jean-Lucien Jazarin aux éditions Budo est rédigé en toute indépendance par Yannis Kotakis - judoka du club de Judo Self défense de Marly-Le-Roi. Il bénéficie d'un partenariat entre les éditions Budo et le blog www.cestquoitonkim.com. Le livre est disponible en cliquant sur les liens dans l'article.




En recevant ce livre, ce n’était pas un paquet que j’ouvrais, mais une formidable madeleine de Proust. Je me suis revu à Lille, au Furet du Nord en 1996, où au détour d’un rayon j’achetais « Le Judo, école de vie ». A sa lecture je découvrais tout un pan du la philosophie autour du judo que je n’avais jamais perçue. Un an plus tard je passais ma ceinture noire.

Me voici maintenant à l’heure d’ouvrir un nouveau livre de Jean-Lucien Jazarin avec une impatience certaine.

Je suis entré dans le livre comme on entre dans le Dojo, le sourire aux lèvres. Dans les premiers paragraphes l’auteur nous relate les échanges avec son maître initiateur du judo et la vie du Dojo jusqu’à l’obtention de sa ceinture noire. Il aborde l’importance du respect, des katas, de l’importance de la répétition et de la recherche personnelle en fonction de sa morphologie ou de son tempérament.

Mais je n’étais qu’au seuil du temple et j’ai découvert que « L’esprit du Judo » renferme des échanges à la hauteur de ceux entre Socrate et Platon. Car c’est bien une dimension philosophique que prend ce livre. Dans ses échanges avec son Maître, l’auteur nous amène à nous poser des questions sur notre pratique du judo et notre motivation. C’est une porte ouverte vers le judo global en lieu et place du judo sport.

Que signifie le symbole DO ? Le zen et le Judo sont-ils liés ? Que signifie l’humilité réelle ?

Ce livre va au-delà du Judo et il conviendra à tous les pratiquant d’arts martiaux. Ce livre ne peut être synthétisé, tant il est riche d’enseignements. Pour ma part, je garderai deux points saillants, l’envie de reprendre une tradition oubliée, l’enseignement du Kuatsu aux nouvelles ceintures noires et un proverbe : « Si le poisson ne franchit pas la cascade, il retombera dans le lac ».

Si cette phrase vous intrigue, vous savez que ce livre vous attend. 

vendredi 2 juin 2017

En immersion dans "Tokyo kimono"


Cet article est rédigé en toute indépendance par Yannis Kotakis - lecteur du blog - du club de Judo Self défense de Marly-Le-Roi. Il bénéficie d'un partenariat entre les éditions Budo et le blog www.cestquoitonkim.com.

Claude Thibault, 2017, Tokyo Kimono, Editions Budo disponible sur www.budo.fr


1957, le Judo a 75 ans. C’était il y a 60 ans.

1957, le Japon règne en maître sur le Judo.

1957, c’est avant que le monde ne vienne le défier aux JO de Tokyo de 1964.

1957, c’est 4 ans avant que le Judo ne bascule dans les années soixante et qu’un hollandais ne gagne les mondiaux de 1961 à Paris puis les Jeux de 1964.

1957 un jeune français arrive au Japon pour améliorer sa technique.

Judoka, lisant un livre de judoka, je m’attendais à le suivre entre entrainements et compétitions, lui qui a été sélectionné dans l’équipe des étrangers à 4 reprises. Mais du judo il n’en sera question que quelques lignes éparses. Loin d’être déçu, je découvre un ethnologue dans l’âme, qui me montre les facettes intimes de Tokyo, hors des clichés touristiques, plus abrupte, mais tellement plus vivante.

D’un style rapide et concis, comme autant de « kuzushi », Claude Thibault nous projette dans le quotidien des japonais. Pendant trois ans, Claude Thibault devient professeur de français particulier et pigiste pour les quotidiens français. Observateur privilégié, il noirci des milliers de pages sur Tokyo et ses habitants. Grands Magasins, jeux, Sumo, étiquette omniprésente et même sexualité, ce livre est une fenêtre ouverte sur la plus connue et la plus inconnue des villes.

A recommander à tous ceux qui veulent découvrir un Tokyo intime.

Yannis Kotakis